SUR L'APPLICATION DE L'ENSEIGNEMENT BIBLIQUE
SUR L'APPLICATION DE L'ENSEIGNEMENT BIBLIQUE
3e Déclaration de Chicago, 1986
I. Introduction
Nouvelles perspectives le long de vieux sentiers
La tâche à laquelle le troisième "sommet" s'est
consacré a été d'appliquer l'enseignement de la Bible
digne de confiance à certains domaines parmi les plus confus de la vie
moderne. Dans son principe, la société séculière
occidentale est incapable d'accomplir cette tâche: elle persiste à
s'évaluer, non selon la révélation du Créateur
donnée dans la Bible, mais selon des critères de pensée
évolutionnistes.
Les conclusions du "sommet" montrent que l'idée fondamentale et le
système de valeurs sur lesquels un tel jugement est construit sont
tragiquement dans l'erreur; c'est pourquoi les conclusions dans leur ensemble
les remettent radicalement en cause. Il ne fait aucun doute, toutefois, que
dans le monde occidental les perspectives séculières ont partout
le vent en poupe, et il faudra bien plus que les critiques et les remises en
question d'un quelconque congrès pour les renverser.
La tâche que le troisième "sommet" s'était fixée ne
pouvait pas non plus être accomplie par une quelconque théologie
libérale ou moderniste. (...) Une telle théologie met en doute la
divinité, la pertinence et le caractère normatif d'une grande
partie de l'enseignement biblique. Elle est donc méthodologiquement
incapable d'opérer sous l'autorité de l'Ecriture. Les postulats
du libéralisme relativisent la Bible en élevant au rang d'absolus
des idées qui vont à l'encontre de l'enseignement biblique (par
exemple, la bonté fondamentale de l'homme ou l'unité essentielle
de toutes les religions) et en réorganisant les priorités
bibliques en fonction de préoccupations et de préjugés
modernes et séculiers (par exemple, la redéfinition du rôle
des missions afin de donner la priorité aux grandes causes politiques,
sociales et économiques aux dépens de
l'évangélisation et de l'implantation d'Eglises).
Le "sommet" se démarque expressément de telles méthodes
avec leur arbitraire et de telles thèses si mal aiguillées.
Les conclusions du "sommet" s'opposent à toute forme
d'athénianisme moderne qui ne s'intéresse qu'à la
dernière nouveauté. Plutôt que de courir après la
dernière mode, elles présentent des exemples d'applications
réactualisées d'un héritage de foi plus ancien, plus
stable, sans aucun doute plus sage et manifestement plus biblique. Ainsi, le
fait de ramer contre le courant de la pensée actuelle est un geste non
de timidité mais d'audace, non d'extravagance mais de conscience.
Les participants au "sommet" s'accordent à penser que la seule bonne
voie pour l'Eglise et la collectivité d'aujourd'hui se situe dans le
prolongement des sentiers plus anciens. Ainsi en est-il pour les questions
traditionnelles du caractère sacré de la vie, de la
sexualité, de la famille et du rôle de l'Etat institué par
Dieu, en tant que régulateur des aspects politiques, judiciaires et
économiques de la vie collective, comme pour les questions qui
surgissent à la fin du XXe siècle sous de nouveaux
angles, telles la légitimité de la guerre nucléaire ou la
protection de l'ordre naturel.
Le "sommet" réaffirme la validité permanente des points de vue
défendus au cours de l'histoire chrétienne. De même,
qu'elle soit fasciste, marxiste, libérale ou autre, l'étatisation
moderne - son culte de la centralisation, sa mentalité largement
paternaliste et son approbation facile d'opinions inacceptables sur tous les
sujets mentionnés - est considérée comme une
évolution qu'il faut déplorer.
Quant à savoir s'il s'agit d'un préjugé politique ou d'une
vision prophétique, les avis resteront sans doute partagés, mais
sur ce point les membres du "sommet" se trouvent très proches les uns
des autres. Les deux cent cinquante d'entre nous qui nous sommes réunis
au "sommet" le croient: quiconque laisse l'Ecriture se prononcer sur ces sujets
arrive à une position peu éloignée de la nôtre.
II. XVI articles
Art. I - Le Dieu vivant
Nous affirmons que le Dieu unique, vivant et vrai est le Créateur et
celui qui soutient toutes choses.
Nous affirmons que ce Dieu peut être connu par la
révélation qu'il donne de lui-même dans son infaillible
Parole.
Nous affirmons que ce Dieu existe de toute éternité en trois
personnes, Père, Fils et Saint-Esprit, chacune étant pleinement
Dieu.
Nous affirmons que ce Dieu qui vit, agit et parle est entré dans
l'histoire par le Fils, Jésus-Christ, pour apporter le salut au genre
humain.
Nous affirmons que la personnalité et la volonté
révélées de Dieu sont le fondement de toute
moralité.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle le langage humain de l'Ecriture est
inadéquat pour nous dire qui est Dieu et quels sont ses attributs.
Nous rejetons l'idée selon laquelle la doctrine de la Trinité est
incohérente ou fondée sur des notions métaphysiques
inacceptables.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle il faudrait adapter la notion de Dieu
aux formes de pensée moderne qui évacuent les idées de
péché et de salut.
Art. II - Le Sauveur et son oeuvre
Nous affirmons que Jésus-Christ est vrai Dieu, engendré de toute
éternité du Père, et vrai homme, conçu du
Saint-Esprit et né de la vierge Marie.
Nous affirmons que l'union indivisible de la pleine divinité avec la
pleine humanité en l'unique personne de Jésus-Christ est
essentielle à son oeuvre de salut.
Nous affirmons que, par sa souffrance à notre place, sa mort et sa
résurrection, Jésus-Christ est le seul Sauveur et
Rédempteur du monde.
Nous affirmons que le salut est par la foi seule en Jésus-Christ
seul.
Nous affirmons que Jésus-Christ, tel que le révèlent les
Ecritures, est le parfait modèle de la vie selon Dieu et que nous
recevons cette sainteté en lui et par lui.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Ecriture cautionnerait quelque
proclamation ou offre de salut ne reposant pas sur l'oeuvre expiatoire du
Christ crucifié et ressuscité.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle ceux qui meurent sans le Christ peuvent
être sauvés dans l'au-delà.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle des personnes capables d'un choix
rationnel pourraient être sauvées sans foi personnelle au Christ
biblique.
Nous rejetons l'idée selon laquelle la présentation du Christ
comme modèle moral sans référence à sa
divinité et à son sacrifice substitutif serait conforme à
l'enseignement de l'Ecriture.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle une juste compréhension de
l'amour et de la justice de Dieu autoriserait l'espoir d'un salut universel.
Art. III - Le Saint-Esprit et son oeuvre
Nous affirmons que le Saint-Esprit est la troisième personne du Dieu
trinitaire et que son oeuvre est essentielle au salut des pécheurs.
Nous affirmons que l'Esprit de Dieu accorde une connaissance vraie et à
salut de Dieu en attestant et en illuminant la Parole de l'Ecriture canonique,
dont il est l'auteur principal.
Nous affirmons que le Saint-Esprit guide le peuple de Dieu, lui accordant la
sagesse nécessaire pour appliquer l'Ecriture aux questions modernes et
dans la vie quotidienne.
Nous affirmons que la vitalité de l'Eglise dans l'adoration et la
communion, sa fidélité dans ce qu'elle confesse, sa
fécondité dans le témoignage et sa puissance dans la
mission dépendent directement de la puissance du Saint-Esprit.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle remettre en question le Dieu unique en
trois personnes serait compatible avec l'Evangile.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle quelqu'un pourrait dire du fond de son
coeur que Jésus est Seigneur autrement que par le Saint-Esprit.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle, depuis l'âge apostolique,
l'Esprit saint aurait donné ou donnerait encore à l'Eglise de
nouvelles révélations normatives.
Nous rejetons la possibilité d'attribuer le titre de renouveau à
tout mouvement qui, au sein de l'Eglise, n'impliquerait pas une reconnaissance
profonde du jugement de Dieu et de la miséricorde en Christ.
Art. IV - L'Eglise et sa mission
Nous affirmons que la Bible reçoit son autorité canonique de son
inspiration par le Saint-Esprit et que le rôle de l'Eglise a
été et reste de reconnaître et d'affirmer cette
autorité.
Nous affirmons que Christ le Seigneur a établi son Eglise sur la terre
et la gouverne par sa Parole et son Esprit.
Nous affirmons que l'Eglise est apostolique si elle reçoit la doctrine
des apôtres rapportée par l'Ecriture, se fonde sur elle et
continue de proclamer l'Evangile apostolique.
Nous affirmons que les marques ou "notes" d'authenticité de l'Eglise
locale sont la confession et la proclamation fidèles de la Parole de
Dieu, et l'administration du baptême et de la cène selon la
discipline biblique.
Nous affirmons que, dans leur organisation comme dans leur doctrine, les
Eglises sont soumises à la Parole du Christ.
Nous affirmons qu'en plus de leur engagement dans une Eglise locale, les
chrétiens peuvent légitimement s'engager dans des organisations
para-ecclésiales pour des ministères
spécialisés.
Nous affirmons que le Christ appelle l'Eglise, son peuple dans le monde,
à le servir par son adoration, l'enseignement qu'elle dispense et le
témoignage qu'elle lui rend.
Nous affirmons que le Christ envoie l'Eglise dans le monde entier pour appeler
l'humanité pécheresse à la foi, au repentir et à
une vie selon la justice.
Nous affirmons que l'unité et la clarté de l'Ecriture nous
encouragent à rechercher comment résoudre les différends
doctrinaux entre chrétiens et ainsi à manifester l'unité
de l'Eglise en Christ.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Eglise pourrait conférer son
autorité canonique à l'Ecriture.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Eglise a été
créée par la volonté et les traditions des hommes.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Eglise pourrait, indépendamment
de la Parole de Dieu, lier la conscience.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Eglise pourrait s'affranchir de
l'autorité de la Parole écrite de Dieu et exercer encore, au nom
du Christ, une vraie discipline.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Eglise pourrait s'accommoder des
exigences d'une culture particulière, si celles-ci s'opposent à
la révélation scripturaire ou si elles entravent la
liberté de conscience chrétienne.
Nous rejetons l'idée selon laquelle la différence des situations
culturelles invalide le principe biblique de l'égalité entre
l'homme et la femme ou les exigences bibliques quant à leurs rôles
respectifs dans l'Eglise.
Art. V - Le caractère sacré de la vie humaine
Nous affirmons que Dieu le Créateur est souverain sur toute vie humaine
et que l'humanité est responsable, devant lui, de sa préservation
et de sa protection.
Nous affirmons que le caractère sacré de la vie humaine tient au
fait que Dieu a créé le genre humain à son image et selon
sa ressemblance.
Nous affirmons que la vie de l'homme commence à la conception et dure
jusqu'à la mort biologique. En conséquence, l'avortement (sauf
lorsque la vie physique de la mère est menacée), l'infanticide,
le suicide et l'euthanasie sont des formes de meurtre.
Nous affirmons que la société peut infliger des sanctions
pénales sans attenter au caractère sacré de la vie
humaine.
Nous affirmons que la privation d'eau ou de nourriture dans le but
d'entraîner ou d'accélérer la mort est une violation du
caractère sacré de la vie.
Nous affirmons qu'il est essentiel, puisque les progrès technologiques
de la médecine estompent les frontières exactes entre la vie et
la mort, d'apprécier chaque "cas terminal" avec la plus grande prudence
afin de respecter le caractère sacré de la vie.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle la qualité de la vie humaine
prime son inviolabilité.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle le caractère sacré de la
vie prénatale interdirait toute intervention médicale
destinée à préserver la vie de la femme enceinte.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle ôter la vie en cas
d'autodéfense, d'exécution capitale ordonnée par l'Etat ou
de guerre justement menée constituerait nécessairement une
violation du caractère sacré de la vie humaine.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle ceux qui ne reconnaissent pas le
fondement divin d'une loi morale seraient exempts de l'obligation
éthique et sociale de préserver et de protéger ceux qui
sont sans défense.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle s'abstenir d'intervenir
médicalement pour prolonger la vie humaine violerait
nécessairement le caractère sacré de celle-ci.
Art. VI - Le mariage et la famille
Nous affirmons que la raison d'être du mariage est de glorifier Dieu et
d'étendre son Royaume sur terre par une institution qui encourage la
chasteté, le partage d'une vie commune, la procréation et
l'éducation chrétienne des enfants.
Nous affirmons que, puisque le mariage est une alliance sacrée devant
Dieu, unissant en une seule chair un homme et une femme, l'Eglise et l'Etat
devraient exiger que, selon l'intention divine, ce lien ne soit pas rompu.
Nous affirmons que, dans la structure du mariage institué par Dieu, le
mari en tant que tête est le serviteur-chef aimant de sa femme, et la
femme est sa partenaire à part entière, le secondant en tant
qu'aide et compagne.
Nous affirmons que Dieu prescrit aux parents d'élever et de corriger
leurs enfants avec amour et aux enfants d'obéir à leurs parents.
Tels sont leurs devoirs respectifs.
Nous affirmons qu'il est de la responsabilité de l'Eglise de prendre
soin de la famille.
Nous affirmons qu'honorer les parents est pour tous une responsabilité
qui dure toute la vie et qui inclut le soin des personnes
âgées.
Nous affirmons que la famille devrait rendre nombre des services que l'Etat
prend généralement en charge à l'heure actuelle.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle le plaisir et l'épanouissement
personnel seraient le fondement du mariage et que les difficultés
justifieraient la rupture de cette alliance.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'idéal biblique du mariage
pourrait être atteint soit par un couple vivant maritalement en dehors du
statut légal du mariage, soit dans le cadre d'une cohabitation
homosexuelle ou de groupe.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Etat aurait le droit de
légitimer des conceptions du mariage et de la cellule familiale qui
contreviendraient aux normes bibliques.
Nous rejetons l'idée selon laquelle le changement des conditions
sociales rendrait obsolètes ou caducs les rôles fixés par
Dieu dans le mariage et la famille.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Etat aurait le droit d'usurper la
responsabilité attribuée aux parents par la Bible.
Art. VII - Divorce et remariage
Nous affirmons que le mariage d'Adam et Eve, relation monogame pour toute la
vie, est le modèle de tous les mariages.
Nous affirmons que Dieu unit le mari et la femme dans tous les mariages
contractés et consommés, et qu'il tiendra pour responsables ceux
qui brisent cette alliance.
Nous affirmons que, l'essence du mariage étant un engagement pour toute
la vie, toute démarche en cas de difficultés conjugales doit au
moins, en premier lieu, rechercher la réconciliation des partenaires et
la restauration du mariage.
Nous affirmons que Dieu hait le divorce, même s'il se justifie.
Nous affirmons que, dans un monde pécheur et bien que Dieu haïsse
le divorce, la séparation est parfois à conseiller et le divorce
parfois inévitable.
Nous affirmons que Dieu pardonne aux pécheurs qui se repentent,
même à ceux qui ont péché en brisant le lien
conjugal.
Nous affirmons qu'il est de la responsabilité de l'Eglise locale
d'exercer la discipline envers ceux qui violent les normes bibliques du
mariage, de réintégrer en son sein et avec compassion ceux qui se
repentent, et d'être l'instrument fidèle de la grâce divine
envers ceux dont la vie porte les cicatrices d'une rupture conjugale.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Ecriture se contredirait sur les
sujets du divorce et du remariage.
Nous rejetons l'idée selon laquelle se séparer ou vivre
séparé d'un conjoint débauché ou violent serait un
péché.
Art. VIII - Déviations sexuelles
Nous affirmons que l'Ecriture révèle les normes divines pour les
relations sexuelles et que s'en écarter est pécher.
Nous affirmons que les relations sexuelles ne sont légitimes que dans le
cadre d'une relation conjugale hétérosexuelle.
Nous affirmons que la grâce de Dieu en Christ peut affranchir les hommes
et les femmes de l'esclavage d'un comportement sexuel déviant, qu'ils
soient hétéro- ou homosexuels, et que l'Eglise doit assumer la
responsabilité d'aider de telles personnes à vivre une vie qui
honore Dieu.
Nous affirmons que Dieu aime les homosexuels comme il aime les autres
pécheurs et que les tentations homosexuelles, comme toute tentation,
peuvent être surmontées par la puissance du Christ à la
gloire de sa grâce.
Nous affirmons que les chrétiens doivent exercer la compassion, la
bonté et le pardon pour manifester la grâce de Dieu à ceux
dont la vie a été déchirée par un comportement
sexuel déviant.
Nous affirmons que l'épanouissement humain ne dépend pas de la
satisfaction des appétits sexuels; l'hédonisme et les
philosophies semblables qui encouragent la promiscuité sexuelle sont
dans l'erreur et conduisent à la destruction.
Nous affirmons que la pornographie menace l'intégrité des
individus, de la famille et de la société dans son ensemble, et
qu'il incombe aux chrétiens de chercher à en empêcher la
production et la distribution.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle le comportement homosexuel pourrait
être agréé par Dieu.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'hérédité, les
circonstances de l'enfance ou telle autre influence extérieure
pourraient excuser un comportement sexuel déviant.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle les violences sexuelles ou
l'exploitation des enfants, en général, et les relations
incestueuses, en particulier, pourraient être excusés.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle il serait impossible d'espérer la
délivrance d'un comportement homosexuel ou de toute autre forme de
déviation sexuelle.
Nous rejetons l'idée selon laquelle un réel espoir de
guérison d'une déviance sexuelle existerait si celle-ci est
condamnée sans compassion ou si elle suscite une compassion oublieuse de
la vérité biblique.
Art. IX - L'Etat sous la seigneurie de Dieu
Nous affirmons que Dieu a institué le gouvernement civil comme
instrument de sa grâce commune pour limiter les effets du
péché, maintenir l'ordre et promouvoir la justice civile et le
bien commun.
Nous affirmons que Dieu donne aux gouvernements civils le droit d'user de la
force coercitive pour défendre et encourager ceux qui font le bien et
pour punir justement ceux qui font le mal.
Nous affirmons qu'il est bon et désirable que des chrétiens
participent au gouvernement civil et recommandent, pour le bien de tous, la
promulgation de lois qui soient en accord avec la loi morale de Dieu.
Nous affirmons qu'il est du devoir des chrétiens de prier pour les
autorités civiles et de leur obéir si du moins cette
obéissance n'oblige pas à violer la loi morale de Dieu et
à négliger les responsabilités du témoignage
chrétien.
Nous affirmons que les gouvernements ont la responsabilité devant Dieu
de promulguer et de faire respecter des lois qui, en matière de
relations humaines, s'accordent avec la loi morale de Dieu.
Nous affirmons qu'il ne faut pas confondre l'autorité que Christ exerce
par sa Parole sur l'Eglise avec le pouvoir qu'il accorde aux gouvernements
civils; une telle confusion compromettrait la pureté de l'Evangile et
violerait la conscience des individus.
Nous affirmons que lorsque des familles ou des Eglises négligent les
devoirs que leur assigne l'Ecriture, mettant ainsi en péril
l'intégrité de leurs membres, l'Etat est en droit
d'intervenir.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Etat aurait le droit d'usurper
l'autorité instituée par Dieu dans d'autres sphères de la
vie, tout particulièrement dans l'Eglise et au sein de la famille.
Nous rejetons l'idée selon laquelle le Royaume de Dieu pourrait
être établi par la force coercitive des gouvernements civils.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Etat aurait le droit d'interdire dans
les écoles publiques la prière et d'autres exercices religieux
volontaires, dès lors qu'ils sont faits à un moment
approprié.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'établissement providentiel par
Dieu d'un gouvernement lui conférerait une bénédiction
spéciale autre que celle d'exercer de façon fidèle et
juste ses responsabilités.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle une foi religieuse serait requise pour
participer au gouvernement civil, son absence rendant illégitime
l'autorité de ceux qui gouvernent.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle la Loi de Dieu pourrait être
instaurée par le gouvernement civil.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle le gouvernement aurait le droit
d'imposer aux citoyens des prières spécifiques ou des formes
d'exercice religieux.
Art. X - La loi et la justice
Nous affirmons que les Ecritures sont le seul énoncé infaillible
dans lequel se trouvent les principes moraux immuables qui devraient fonder
une saine pratique et une juste philosophie des droits de l'homme.
Nous affirmons que Dieu a imprimé son image dans le coeur de tous les
êtres humains de telle sorte qu'ils sont tous moralement responsables
devant lui de ce qu'ils font aussi bien à titre individuel que comme
membres de la société.
Nous affirmons que la Loi révélée de Dieu, le sens moral
de l'espèce humaine et la législation des hommes empêchent,
depuis la Chute, l'ordre politique de sombrer dans le chaos et l'anarchie, et
rappellent à l'humanité son besoin de rédemption en
Jésus-Christ.
Nous affirmons que l'Evangile ne peut pas être imposé par voie
législative et que la Loi ne peut pas sauver les pécheurs.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle le positivisme légal ou toute
autre philosophie humaniste de la loi pourraient satisfaire le besoin de normes
absolues en matière de droit et de justice.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle une personne ou une collectivité
pourrait accomplir la volonté de Dieu au point de s'en trouver
justifiée devant le tribunal de la justice absolue de Dieu.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle un ordre politique, économique ou
social pourrait être libre des conséquences mortelles du
péché originel ou en mesure de proposer une solution utopique, ou
de rechange qui pourrait se substituer à la société
parfaite que le Christ seul établira lors de son retour.
Art. XI - La guerre
Nous affirmons que Dieu désire la paix et la justice entre les nations
et qu'il condamne toute guerre d'agression.
Nous affirmons que les Etats légitimes ont le droit et le devoir de
défendre leur territoire et leurs citoyens contre les agressions et
l'oppression d'autres puissances, ce qui implique de préparer une
défense adéquate de la population civile.
Nous affirmons que, dans la légitime défense de leur territoire
et de leurs citoyens, les gouvernements doivent seulement faire usage de moyens
justes.
Nous affirmons que des Etats belligérants doivent tout faire pour
limiter le nombre de victimes civiles.
Nous rejetons l'idée selon laquelle la cause du Christ peut être
défendue avec des armes terrestres.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle il serait interdit aux chrétiens
de faire usage d'armes dans la défense d'Etats légitimes.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle le massacre aveugle de civils serait une
forme légitime de guerre.
Nous rejetons l'idée selon laquelle les circonstances de la guerre
moderne annuleraient le droit et le devoir des gouvernements civils de
défendre leur territoire et leurs citoyens.
Art. XII - Discrimination et droits de l'homme
Nous affirmons que Dieu, qui a créé l'homme et la femme à
son image, a accordé à tout être humain des droits
fondamentaux aussi bien matériels que spirituels qui doivent être
sauvegardés, maintenus et cultivés.
Nous affirmons que tout être humain est, en dernière instance,
responsable devant Dieu de la façon dont il a fait usage de ses
droits.
Nous affirmons que les chrétiens doivent faire respecter et
défendre les droits des autres tout en étant prêts à
renoncer à certains des leurs pour le bien d'autrui.
Nous affirmons que les chrétiens ont à suivre l'exemple
compatissant de Jésus en aidant à porter les fardeaux de ceux
dont les droits sont lésés.
Nous rejetons la légitimité de tout prétendu droit de
l'homme qui violerait l'enseignement de l'Ecriture.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle un acte qui ferait du tort et porterait
atteinte à la vie matérielle ou spirituelle d'une personne en
violation de ses droits serait acceptable.
Nous rejetons l'idée selon laquelle l'âge, l'infirmité, la
faiblesse économique, la race, la religion ou le sexe,
considérés comme des critères de discrimination,
pourraient justifier la privation de l'exercice et de la jouissance des droits
de l'homme.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'élitisme ou la lutte pour le
pouvoir seraient compatibles avec l'appel du Christ à consacrer nos
droits à son service.
Art. XIII - L'économie
Nous affirmons que des principes économiques valables peuvent être
trouvés dans l'Ecriture et qu'ils devraient faire partie
intégrante d'une conception chrétienne du monde et de la vie.
Nous affirmons que les biens matériels sont une
bénédiction de Dieu, que nous devons en jouir avec reconnaissance
et aussi les acquérir, les gérer et les partager en
économes responsables devant Dieu.
Nous affirmons que les chrétiens doivent faire, sur leurs ressources,
des dons qui leur coûtent afin de soutenir le travail de l'Eglise de
Dieu.
Nous affirmons que l'utilisation de ressources en personnes et en biens
matériels pour la proclamation de l'Evangile est nécessaire
à la fois au salut de l'humanité perdue et à la victoire
sur la pauvreté là où elle sévit sous l'emprise
d'un système religieux non chrétien.
Nous affirmons qu'une compassion active envers le pauvre et l'opprimé
est une obligation que Dieu fait à tout être humain, tout
particulièrement à ceux qui ont des biens.
Nous affirmons que la possession de richesses crée des obligations
à ceux qui les détiennent.
Nous affirmons que l'amour de l'argent est une source de grand mal.
Nous affirmons que la corruption, la cupidité et la soif du pouvoir qui
existent dans le coeur humain engendrent l'injustice économique et
détournent du souci que l'on doit avoir du pauvre.
Nous affirmons que l'Ecriture reconnaît le droit de
propriété exercé sous le regard de Dieu.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Ecriture enseignerait explicitement
une science de l'économie même si des principes de nature
économique peuvent en être extraits.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Ecriture enseignerait que la
compassion envers le pauvre ne peut s'exprimer que dans un seul système
économique.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Ecriture enseignerait que l'argent ou
la richesse sont mauvais en eux-mêmes.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Ecriture prônerait, en
matière économique, soit le collectivisme, soit
l'individualisme.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'Ecriture interdirait de faire
fructifier le capital.
Nous rejetons l'idée selon laquelle la prospérité
matérielle serait au centre de l'espérance chrétienne.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle les chrétiens devraient utiliser
leurs biens d'abord pour leur propre satisfaction.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle la délivrance du
péché impliquerait nécessairement une libération
économique ou politique.
Art. XIV - Le travail et les loisirs
Nous affirmons que Dieu a créé l'humanité à son
image et, dans sa grâce, l'a formée à la fois pour le
travail et les loisirs.
Nous affirmons que, dans tout travail honorable, si humble soit-il, Dieu agit
avec le travailleur et par lui.
Nous affirmons que le travail est le moyen prescrit par Dieu par lequel nous le
glorifions et pourvoyons à la fois à nos besoins et à ceux
des autres.
Nous affirmons que les chrétiens doivent travailler de leur mieux afin
de plaire à Dieu.
Nous affirmons que chacun, dans sa sphère d'activité, doit
à la fois se soumettre humblement à toute autorité et
exercer lui-même celle qu'il détient.
Nous affirmons que, dans son travail, chacun doit chercher d'abord le Royaume
de Dieu et sa justice, comptant sur le Seigneur pour subvenir à ses
besoins matériels.
Nous affirmons qu'un juste salaire accordé sans aucune discrimination
doit rétribuer tout travail accompli.
Nous affirmons que les loisirs, convenablement proportionnés au travail,
sont prescrits par Dieu qui veut que nous en jouissions à sa gloire.
Nous affirmons que le travail et ses fruits ont une valeur, non seulement
temporelle, mais aussi éternelle, s'ils sont respectivement accomplis et
utilisés pour la gloire de Dieu.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle il conviendrait de travailler pour
s'épanouir et se faire plaisir plutôt que pour servir Dieu et lui
plaire.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle les riches auraient davantage droit aux
loisirs que les pauvres.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle certains types de travaux
confèreraient aux personnes qui les accomplissent plus de valeur aux
yeux de Dieu qu'aux autres.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle le chrétien devrait soit
déprécier les loisirs, soit en faire un but en soi.
Art. XV - La richesse et la pauvreté
Nous affirmons que Dieu, qui est juste et aimant, se soucie tout
particulièrement des pauvres dans leur détresse.
Nous affirmons que Dieu appelle ses enfants à une gestion responsable de
leur vie et de leurs ressources.
Nous affirmons que l'effort poussé jusqu'au sacrifice pour
remédier à la pauvreté, réduire l'oppression et
soulager la souffrance des autres est un trait distinctif des disciples de
Christ.
Nous affirmons que la convoitise du pauvre n'est pas plus saine que la
cupidité du riche.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle nous pourrions à juste titre nous
appeler disciples du Christ si nous ne nous mettons pas activement en peine des
pauvres, des opprimés, des souffrants, spécialement de ceux qui
partagent notre foi.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle nous pourrions considérer la
prospérité ou la pauvreté comme la mesure de notre
fidélité au Christ.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle il serait nécessairement mauvais
que des chrétiens soient riches ou que certaines personnes
possèdent plus que d'autres.
Art. XVI - Le soin de l'environnement
Nous affirmons que Dieu a créé l'environnement de la nature pour
sa gloire et pour le bien de ses créatures humaines.
Nous affirmons que Dieu a confié à l'humanité le soin de
gouverner la création.
Nous affirmons que l'humanité a plus de valeur que le reste de la
création.
Nous affirmons que l'homme, en tant que gérant de la terre, a la
responsabilité de la protéger et d'en sauvegarder la vie et les
ressources.
Nous affirmons que des chrétiens devraient s'adonner à une
recherche scientifique responsable et à son application
technologique.
Nous affirmons que la gestion de la terre qui appartient au Seigneur comprend
l'usage productif de ses ressources avec, toujours, le souci que leur
renouvellement soit aussi poussé que possible.
Nous affirmons que toute pollution évitable de la terre, de l'air, de
l'eau et de l'espace est irresponsable.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle le cosmos serait dépourvu de
valeur sans l'humanité.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle l'enseignement biblique autoriserait ou
encouragerait une exploitation de la nature qui favoriserait le gaspillage.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle les chrétiens devraient, ou
adopter la position anti culturelle de rejet de la science, ou embrasser la
croyance erronée que la science est l'espoir de l'humanité.
Nous rejetons l'idée selon laquelle des individus ou des
collectivités pourraient exploiter les ressources de l'univers à
leur seul avantage et au détriment des autres.
Nous rejetons l'opinion selon laquelle une vision matérialiste
du monde pourrait fonder une juste appréciation des valeurs de
l'environnement.
ÉLÉMENTS BIBLIOGRAPHIQUES
Un nombre impressionnant de livres ont été publiés, en
anglais, autour de la Déclaration de Chicago sur l'inerrance
biblique. La bibliographie ci-après présente quelques-uns des
plus importants, souvent des ouvrages collectifs.
G. Archer, Encyclopedia of Bible Difficulties (Grand Rapids: Zondervan,
1982).
J. M. Boice, ed., The Foundation of Biblical Authority (Grand Rapids:
Zondervan, 1978).
D. A. Carson et J. D. Woodbridge, ed., - Scripture and Truth (Grand
Rapids: Zondervan, 1983).
- Hermeneutics, Authority and Canon (Grand Rapids: Zondervan,
1986).
H. M. Conn, ed., Inerrancy and Hermeneutic (Grand Rapids: Baker,
1988).
N. L. Geisler, ed., - Inerrancy (Grand Rapids: Zondervan,
1980).
- Biblical Errancy. An Analysis of its Philosophical Roots
(Grand Rapids: Zondervan, 1981).
P. Helm, The Divine Revelation (Londres:Marshall, Morgan & Scott,
1982).
C. F. Henry, God, Revelation and Authority, 6 vol. (Waco: Word,
1976-1983).
C. F. Henry, ed., Revelation and the Bible (Grand Rapids: Baker,
1959).
S. Kistermaker, Interpreting Gods' Word Today (Grand Rapids: Baker,
1970).
M. J. Kline, The Structure of Biblical Authority (Grand Rapids:
Eerdmans, 1972).
H. Lindsell, -The Battle for the Bible (Grand Rapids: Zondervan,
1976).
- The Bible in the Balance (Grand Rapids: Zondervan, 1979).
D. McCartney et C. Clayton, Let the Reader Understand (Wheaton: Victor,
1994).
J. W. Montgomery, ed., God's Inerrant Word (Minneapolis: Bethany
Fellowship, 1973).
R. R. Nicole and J. R. Michaels, ed., Inerrancy and Common Sense (Grand
Rapids: Baker, 1980).
M. A. Noll, Between Faith and Criticism: Evangelicals, Scholarship and the
Bible in America (San Francisco: Harper and Row, 1986).
J. I. Packer, - Beyond the Battle for the Bible (Westchester:
Cornerstone, 1980).
- Fundamentalism and the Word of God (Londres: IVP, 1958).
E. D. Radmacher et R. D. Preus, ed., Hermeneutics, Inerrancy and the
Bible (Grand Rapids: Zondervan, 1984). Des études
présentées au deuxième "sommet" de Chicago.
F. A. Schaeffer, No Final Conflict: the Bible Without Error in All That It
Affirms (Downers Grove, Ill.: IVP, 1975).
N. Weeks, The Sufficiency of Scripture (Edimbourg: Banner of Truth,
1988).
P. Wells, - Dieu a parlé (Québec: Ed. La Clairière,
1997).
- James Barr and the Bible: Critique of New Liberalism (Phillipsburg,
N.J.: Presbyterian and Reformed, 1980).
E. J. Young, Thy Word is Truth (Grand Rapids: Eerdmans, 1957).