FAUT-IL AVOIR PEUR DE LA CRITIQUE TEXTUELLE? (2)
Jean-Marc BERTHOUD*
La critique textuelle est une question qui est bien trop souvent passée sous silence dans les milieux évangéliques et réformés confessants. Dune manière générale, la critique textuelle ce que le jargon exégétique allemand appelle la «basse critique» pour la distinguer de la prétendue «haute critique» qui uvre, depuis belle lurette, à la déconstruction du texte de la Bible est assez bien reçue dans les milieux qui restent attachés à linspiration, à linfaillibilité et à lautorité de la Bible.
En gros, la haute critique avec sa recherche de sources, ses hypothèses sur la datation des livres bibliques, sur les diverses théologies des évangélistes, de Paul, de Jean, de Pierre, ses spéculations sur la forme des textes, etc., est encore considérée avec une assez grande méfiance. Ce nest pas le cas pour la basse critique (ou la critique textuelle), dont les présupposés ont été adoptés pour létablissement du texte grec à la base de la plupart de nos traductions de la Bible. Ainsi, bien des passages de nos Bibles figurent entre crochets carrés, et les notes qui accompagnent ces crochets sont truffées dindications selon lesquelles tel ou tel passage ne se trouverait pas dans «les plus anciens manuscrits», ou encore quil ne figurerait pas dans «les meilleurs manuscrits»1. Le lecteur qui, frappé par de telles indications, voudrait en savoir davantage, reste sur sa faim. Pourquoi, peut-il se demander, un manuscrit «ancien» en majuscules grecques (IVe siècle) serait-il nécessairement «meilleur» quun manuscrit «nouveau» écrit en minuscules (IXe siècle). Une Bible des Témoins de Jéhovah du début de XXe siècle serait-elle nécessairement «meilleure» quune Bible à la Colombe de la fin de ce siècle? Le critère du temps serait-il absolu? Sur la base de quels critères de telles remarques sont-elles faites?
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La première méthode détablissement du texte du Nouveau Testament a, dans sa phase moderne, pris un essor à partir de la publication du Nouveau Testament grec par Erasme en 1516 à Bâle et, presque simultanément en Espagne, par une équipe de biblistes sous la direction du Cardinal Ximenes. Les deux textes, établis à partir de manuscrits grecs du Nouveau Testament, provenaient de ce que nous appelons aujourdhui la tradition «Byzantine». La seconde, quon appelle couramment «éclectique», a pris son envol principal à partir de la découverte par Tischendorf, en 1859, dun texte très ancien du Nouveau Testament dans un monastère orthodoxe au pied du Mont Sinaï. Cette découverte fut confortée par la mise en lumière, à la même époque, d'un manuscrit de type semblable le Vaticanus lui aussi issu de la tradition «alexandrine» des manuscrits du Nouveau Testament. Cette dernière tient depuis lors le haut du pavé dans les milieux académiques; tandis que la première y est aujourdhui presque totalement méconnue, même dans les milieux réformés et évangéliques qui se veulent fidèles à linspiration et à lautorité de la Bible:
«On peut même dire que la critique textuelle moderne du Nouveau Testament est fondée sur une conviction fondamentale que le vrai texte du Nouveau Testament ne se trouve en tout cas pas dans la majorité des manuscrits. [ ] Ce rejet du texte traditionnel, cest-à-dire du texte préservé et transmis par les Eglises, nest pas le sujet de discussions orales ni de débats écrits, cest un fait accompli. [ ] Une investigation critique des raisons pour un tel rejet du texte byzantin rencontre rapidement la difficulté que ce rejet est accepté au XXe siècle comme un fait mais nest aucunement défendu, nétant pas une proposition susceptible dêtre discutée.»2
Signalons dabord, très brièvement, quelques erreurs de fait dans la position soutenue par les partisans de la critique textuelle3.
Il est faux daffirmer que lon commence aujourdhui «depuis peu» à sintéresser aux citations bibliques chez les Pères ainsi quaux lectionnaires (recueils de textes liturgiques tirés du Nouveau Testament). Il nest que de constater les recherches impressionnantes dans ce domaine du plus grand adversaire au XIXe siècle de la nouvelle critique textuelle du Nouveau Testament, John William Burgon (1813-1888). Burgon à lencontre de ses collègues éclectiques, les Tischendorf, Westcott et Hort et leurs nombreux disciples qui se rabattaient essentiellement sur les textes de base de la tradition Alexandrine, (le Sinaïticus et le Vaticanus) faisait un usage systématique de tous les documents à sa disposition, ce qui incluait les citations bibliques des Pères ainsi que les lectionnaires. Cest sa connaissance exemplaire de ce dernier domaine qui lui a permis de donner une explication au fait que le texte de la femme prise en flagrant délit dadultère (Jean 7: 53-8:11) ne figure pas dans certains manuscrits anciens de lévangile de Jean. Comme Burgon la admirablement démontré dans son étude «Pericope de adultera»4, la raison essentielle de labsence de ce passage dans certains manuscrits se trouve dans le fait quil provenait de lectionnaires liturgiques (choix de textes bibliques destinés à êtres lus pendant le culte) et non du texte suivi de lévangile de Jean. Précisons-le, les problèmes auxquels nous nous adressons ici ne concernent en fait que certains manuscrits défectueux du Nouveau Testament qui, par contraste avec la Tanak juive (lAncien Testament des chrétiens) dont le texte fut remarquablement préservé par la tradition massorétique, connaissent un nombre impressionnant de variantes.
Ceci nous amène à un deuxième point. Il est erroné de faire une opposition dialectique entre le camp «scientifique» celui des partisans de la méthode éclectique au camp des «fondamentalistes», les adhérents dogmatiques du texte reçu, ecclésiastique ou traditionnel du Nouveau Testament. Mais la difficulté est que cette opposition scientifique-fondamentaliste est tout simplement fausse. En réalité, il a existé (et il existe toujours) deux écoles de critique textuelle du Nouveau Testament, toutes deux ayant des prétentions strictement «scientifiques», mais dont les principes méthodologiques sont fondamentalement différents.
La suite de nos remarques sera essentiellement consacrée à une brève tentative de combler ce silence sur la méthodologie.
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i) Ceux qui sont pour la «nouvelle critique textuelle» nous parlent, dabord, de la tradition scientifique de létude du Nouveau Testament, accusée de pratiquer une espèce de «terrorisme intellectuel» par sa prétention à aboutir à des conclusions intellectuellement contraignantes. Il sagit ici de la méthode dite éclectique. Car nous avons affaire à un assemblage de divers textes établis en théorie sans a priori doctrinal et provenant dune variété de manuscrits mis sur pied dégalité et dont la lecture correcte serait choisie par les critiques selon certaines règles dans le dessein de tenter de reconstituer le texte original (considéré comme perdu) du Nouveau Testament. Les grandes figures de cette tradition qui, sur le plan textuel met le Nouveau Testament sur le même plan que nimporte quel autre livre humain, sont Lachmann, Tischendorf, Tregelles, Wescott, Hort, Nestle, Aland, Metzger, etc.
Pour cette tradition, il ne saurait, en aucun cas, être question daffirmer que le Saint-Esprit aurait pu objectivement uvrer dans lhistoire en vue de la préservation du texte du Nouveau Testament et le protéger ainsi des défaillances humaines des copistes et de la malveillance des ennemis de la foi. Cette méthode, aujourdhui partout dominante, se rapporte manifestement à la tradition de lesprit des Lumières du XVIIIe siècle, celle dune modernité aux tendances résolument naturalistes, réductionnistes et scientistes.
ii) Lautre tradition, affublée du titre de «fondamentalisme rationaliste», a elle aussi des prétentions à être parfaitement scientifique. Seulement, elle affirme, sur la base des enseignements de la Bible, que le texte du Nouveau Testament, par son inspiration divine et son infaillibilité, possède un caractère qui lui est propre. Ce fait nécessite, pour son étude, lutilisation dune méthode appropriée au statut épistémologique exceptionnel de ce livre dont Dieu serait à la fois lAuteur et le Conservateur. Sur ce point, on ne saurait mieux faire que citer les remarques éclairantes dun des principaux protagonistes de cette méthode scientifique fondée sur des présupposés bibliques, Edward F. Hills. Cest un spécialiste de létude textuelle du Nouveau Testament formé au Wesminster Theological Seminary sous John Murray, Edward J. Young et Cornelius Van Til et, par la suite, aux Universités de Yale et de Harvard. Voici ce quil écrit:
«Ainsi il y a deux méthodes de critique textuelle du Nouveau Testament, une méthode chrétienne conséquente et une méthode naturaliste. Ces deux méthodes traitent des mêmes matériaux, des mêmes manuscrits grecs et des mêmes traductions de citations bibliques, mais ils interprètent ces matériaux différemment. Les méthodes chrétiennes conséquentes interprètent les matériaux de la critique textuelle du Nouveau Testament en fonction des doctrines de linspiration divine et de la préservation providentielle des Ecritures. La méthode naturaliste interprète ces mêmes matériaux en fonction de sa propre doctrine selon laquelle le Nouveau Testament nest rien dautre quun livre humain.»
Et Hills ajoute,
«Il est triste de constater que les savants modernes qui ont des convictions bibliques nont manifesté que peu dintérêt pour lidée dune critique textuelle du Nouveau Testament systématiquement chrétienne. Pour plus dun siècle, la plupart se sont contentés de suivre dans ce domaine les méthodes naturalistes de Tischendorf, Tregelles, et de Westcott et Hort [avec comme conséquence que] les principes et les méthodes de la critique textuelle naturaliste du Nouveau Testament se sont répandus dans tous les domaines de la pensée chrétienne produisant à la longue une véritable famine spirituelle.»5
Les travaux de Hills ne sont que laboutissement au XXe siècle dune tradition plus ancienne détude des textes manuscrits du Nouveau Testament à la fois rigoureusement scientifique et méthodologiquement fondée sur des présupposés chrétiens. Cette tradition était dite ecclésiastique, car elle avait comme base les textes reçus comme faisant autorité dans lEglise grecque dOrient. Ce fut la tradition utilisée par le Cardinal Ximenes de lécole espagnole, par Erasme de Rotterdam, par Robert Estienne, par Théodore de Bèze, par les Elzevirs hollandais (qui ont fixé le Textus receptus), de John Owen6 et de David Martin. Disons, en passant, que la Bible de David Martin7, récemment rééditée au Texas, est un des rares textes de la Bible française, aujourdhui disponible en librairie, qui nous donne une traduction en fonction du texte Ecclésiastique (ou Byzantin) du Nouveau Testament. Cette anomalie nexiste ni pour langlais (la version King James), ni pour lallemand (la Bible de Luther), ni même pour lespagnol (la Bible Reina-Valera), toutes couramment disponibles en versions modernisées.
Cette tradition textuelle «ecclésiastique» fut reprise au XIXe siècle, particulièrement en Angleterre, puis au XXe des savants américains en prirent la relève. Parmi les figures éminentes de cette école peu connue de critique textuelle du Nouveau Testament, citons les noms suivants: John William Burgon8, T. R. Birks9, E. Miller10, F. H. A. Scrivener11 au XIXe siècle; puis au XXe, nous trouvons Edward F. Hills12, Wilbur N. Pickering13 et Theodore P. Letis14, et enfin, Jakob van Bruggen, professeur de Nouveau Testament au Collège Théologique Réformé de Kampen aux Pays-Bas15. Le texte traditionnel grec du Nouveau Testament est aujourdhui à nouveau disponible en librairie dans lédition établie par les soins de Zane Hodges et de A. Forstad16.
La position textuelle traditionnelle ou ecclésiastique défendue par cette école peut se targuer davoir pour base de sa démarche, non seulement une analyse scrupuleusement scientifique des textes, mais également des positions confessionnelles réformées classiques. Cest ainsi que dans La confession de foi de Westminster, traitant de LEcriture Sainte, nous lisons:
«LAncien Testament en hébreu (langue maternelle de lancien peuple de Dieu) et le Nouveau Testament en grec (langue la plus répandue parmi les Nations à lépoque de sa rédaction), directement inspirés par Dieu et gardés purs, au long des siècles, par sa providence et ses soins particuliers, sont authentiques.»17 (I.8)
Et dans la dernière des Déclarations confessionnelles réformées, le Consensus helvétique de 1675 nous pouvons lire au Canon I:
«Dieu, dont la bonté et la grandeur sont infinis, a non seulement fait rédiger par écrit par Moïse, par les prophètes et par les apôtres, la Parole qui est la puissance à tout croyant, mais il a encore, jusquà cette heure, veillé continuellement avec une affection paternelle sur ce Livre pour empêcher quil ne fut pas corrompu par les ruses de Satan, ou par quelque artifice des hommes. LEglise reconnaît donc avec beaucoup de raison que cest à une grâce et une faveur de Dieu toute particulière, quelle est redevable de ce quelle a et de ce quelle aura jusquà la fin du monde. La parole des prophètes renferme les Saintes Lettres, dont un seul point et un seul iota ne passera point, non pas même quand les cieux et la terre passeront.»18
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i) Les problèmes textuels que nous posent un certain nombre (moins de 20%) des manuscrits ne concernent pas du tout le texte Massorétique de lAncien Testament, car les scribes de la Synagogue exerçaient une discipline sévère sur le travail de copie des manuscrits de la Tanak.
ii) Limmense majorité de 80 à 90% des manuscrits du Nouveau Testament actuellement disponibles, les minuscules de la tradition ecclésiastique de lEglise grecque dOrient sont pour lessentiel unanimes. Wilbur Pickering écrit:
«Largument tiré de la probabilité statistique revient ici avec une force irréfutable. Non seulement les manuscrits connus nous présentent un texte qui jouit dune majorité allant de 80-90%, mais les 10-20% des manuscrits restants ne représentent pas un texte concurrent unique. Les manuscrits minoritaires sont autant (sinon plus) en désaccord les uns avec les autres quils le sont avec le texte majoritaire. [ ] Pour prendre un cas spécifique, dans I Timothée 3:16 plus de 300 manuscrits grecs lisent «Dieu» tandis que seulement 11 ont une autre lecture. Sur ces 11, deux ont une lecture particulière, deux ont une troisième lecture et les sept autres sont daccord pour lire «qui». Ainsi nous devons juger entre 97% et 2%, entre «Dieu» et «qui». Il est difficile dimaginer une quelconque série de circonstances dans lhistoire de la transmission des manuscrits qui aurait pu produire un renversement aussi cataclysmique des probabilités nécessaire à limposition de «qui» comme lecture correcte.»19
iii) La méthode éclectique de recherche détablissement du texte du Nouveau Testament se trouve aujourdhui dans une impasse. Plus personne dans ces milieux ne considère que, par les méthodes à présent presque universellement admises dans les milieux académiques, il puisse encore être possible despérer découvrir un texte véritablement authentique du Nouveau Testament. Cest cet état dincertitude méthodologique que décrit le professeur Jakob van Bruggen en évoquant la situation impossible dans laquelle se trouvent les éditeurs du texte du Nouveau Testament20:
«Cela signifie à nouveau que laccord sest fait autour dun texte de type consensuel qui est fondé sur un principe dincertitude. Cette fois on na pas établi le texte du Nouveau Testament sur une moyenne tirée à partir de trois éditons différentes du texte, comme cela avait été le cas pour les plus anciennes versions du Nestle, mais on a maintenant établi une moyenne entre les opinions de cinq critiques du texte. Aland, Black, Martini, Metzger et Wikgren qui ont ensemble travaillé à fixer le texte du Nouveau Testament grec par voie majoritaire. Il ressort clairement du Commentaire Textuel écrit par Metzger pour ce texte que de nombreuses lectures ont été uniquement choisies par le comité à la majorité des voix. Quils ne soient pas parvenus à létablissement unanime dun texte déterminé nest en soi guère surprenant. Car à présent il nexiste aucune certitude quant à lhistoire de la tradition textuelle. [ ] Laccord ainsi publiquement fixé concernant lédition du texte à utiliser ne fait que masquer lincertitude qui a régné pendant tout le processus détablissement du texte .»21
iv) Lancienneté dun manuscrit ne garantit pas nécessairement sa qualité ni son authenticité. Comme nous lavons déjà indiqué les manuscrits majuscules, le Vaticanus et le Sinaiticus du IVe siècle ne sont pas, par le seul fait de leur ancienneté, nécessairement de bons textes du Nouveau Testament. Cest également le cas pour les nombreux papyrus découverts dans les sables dEgypte au cours du XXe siècle qui, pour la plupart, sont des copies très défectueuses de passages du Nouveau Testament. Il se peut fort bien que la préservation étonnante du Sinaiticus et du Vaticanus soit, en fait, due à ce quils nont jamais été utilisés dans la liturgie de lEglise à cause de leur caractère peu fiable. Cest, par exemple, ce qui pourrait se passer pour une Bible des Témoins de Jéhovah dans une famille chrétienne. Elle naurait pas subi lusure que connaîtrait une Bible plus orthodoxe du fait de son utilisation quotidienne pour le culte de famille.
v) Par contre, la nouvelle critique textuelle pose très explicitement (et très justement) la question suivante: Est-il possible dexclure la foi de la recherche scientifique? La tradition détude prétendument scientifique du texte du Nouveau Testament qui va de Lachmann et de Tischendorf, en passant par Westcott et Hort, jusquà Nestle et Aland (ici le nom prestigieux de Warfield doit être ajouté22) affirme, dans la perspective totalement immanente de la modernité, que létablissement du texte authentique du Nouveau Testament peut, en effet, se passer de la foi du savant, comme si ce texte ne provenait pas du fait de laction révélatrice de Dieu lui-même, action surnaturelle qui fait partie de la nature même de lobjet étudié. Cest ainsi que cette tradition méthodologiquement incrédule affirme que le texte des Ecritures na aucunement eu besoin, pour sa préservation contre les attaques du diable et des effets destructeurs de la malice des hommes, de laction du Saint-Esprit.
Tout au contraire, la tradition véritablement scientifique de létude des manuscrits du Nouveau Testament tient compte de la nature surnaturelle de lobjet de ses recherches. On a vu comment la tradition textuelle de lEglise ancienne, ressuscitée lors de la Réformation du XVIe siècle, et reprise par les Burgon, Scrivener, Hills, Pickering et Hodges des XIXe et XXe siècles, respecte, dans son étude scientifique du texte sacré, la manière surnaturelle merveilleuse par laquelle le Dieu Souverain a préservé, et préservera encore, contre les assauts dune fausse science qui ne sait mettre Dieu dans ses pensées.
Terminons par une question. A quoi pourrait donc servir la doctrine de linspiration, linfaillibilité et linerrance divines de la Bible si le texte qui se trouve entre nos mains ne se trouvait pas être entièrement digne de notre foi?
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Contrairement aux doutes que pourraient susciter en nous une science incrédule qui cherche à se passer de Dieu, même quand elle étudie son Saint Livre, on peut paisiblement affirmer que ce Livre est bel et bien pleinement digne de foi. Car Dieu a veillé avec tant de soin sur la transmission à travers les âges du texte de sa Parole écrite que, malgré les falsifications de ceux qui sétablissent eux-mêmes, à la place du Saint-Esprit, comme juges de ce qui est de Dieu et de ce qui ne lest pas, nous pouvons, encore aujourdhui, malgré le magma des éditions sans nombre de Bibles fondées sur des textes partiellement falsifiés, encore retrouver des traductions de la Sainte Ecriture en français qui ne trahissent pas le texte de la Parole de Dieu donnée aux hommes une fois pour toutes afin que, par son témoignage infaillible, ils puissent véritablement connaître avec exactitude la pensée de Dieu23, à savoir les Bibles Martin24, Ostervald25 et celle de la Trinitarian Bible Society26.
* J.-M. Berthoud habite à Lausanne. Il est écrivain et dirige la collection «Messages» aux éditions de lAge dHomme.
1C'est le cas, par exemple, pour la Bible à la Colombe.
2 J. van Bruggen dans son ouvrage, The Ancient Text of the New Testament (Premier Publishing: Winnipeg, 1988 [1978]), 11,13,14.
3 Cest la position proposée, dans larticle précédent, par Alain-Georges Martin. (N. D. L. R.)
4 J. W. Burgon, «Pericope de adultera» in: The Causes of the Corruption of the Traditional Text of the Holy Gospels (The Dean Burgon Society, P. O. Box 354, Collingswood, NJ 08108, 1998 [1896]), 232-265.
5 E. F. Hills, The King James Version Defended (The Christian Research Press, P. O. Box 2013, Des Moines, Iowa 50310, USA, 1984 [1956]), 3.
6 J. Owen, «Integrity and Puritiy of the Hebrew and Greek Text» in John Owen, Works, XVI, «The Church and the Bible», (Edimbourg: The Banner of Truth Trust, 1976 [1658]), 281-421.
7 La Sainte Bible qui contient le Vieux et le Nouveau Testament, expliqué avec des notes de Théologie et de Critique sur la Version ordinaire des Eglises Réformées, revue sur les Originaux, et retouchée dans le langage [ ] par David Martin (Deux Volumes, Folio, Amsterdam, 1707).
8 J. W. Burgon, The Last Twelve Verses of Mark (Grand Rapids: Associated Publishers and Authors, s.d. [1871]) avec une importante introduction de 50 pages de Edward F. Hills; The Revision Revised, A. G. Hobbs (P.O. Box 14218, Fort Worth, Texas 76117), 1983 [1883]; The Traditional Text of the Holy Gospel Vindicated and Established (Dean Burgon Society Press, Box 354, Collingswood, New Jersey 08108, U.S.A., 1998 [1896]); The Causes of the Corruption of the Traditional Text of the Holy Gospels (Dean Burgon Society Press, 1998 [1896]).
9 T. R. Birks, Essay on the Right Estimation of Manuscript Evidence in the Text of the New Testament (Londres: 1878).
10 E. Miller, A Guide to the Textual Criticism of the New Testament (London, 1886).
11 F. H. A. Scrivener, A plain Introduction to the Criticism of the New Testament (London: George Bell, 1894, 2 vols.).
12 E. F. Hills, The King James Version Defended, The Christian Research Press (P. O. Box 2013, Des Moines, Iowa 50310, USA, 1984 [1956]); Believing Bible Study (CRP, 1991 [1967]); «Introduction» dans J. W. Burgon, The Last Twelve Verses of Mark (Grand Rapids: Associated Publishers and Authors, s.d).
13 W. N. Pickering, The Identity of the New Testament Text (Nashville: Thomas Nelson,1980 [1977]). De cet ouvrage, D. A. Carson, dans son livre, The King James Version Debate, écrivait: «Il sagit de la plus impressionnante défense de la priorité du texte Byzantin publiée à ce jour.» De son coté John Wenham écrit dans lEvangelical Quarterly: «Ce nest pas souvent quon lise un livre qui à pour effet de réorienter entièrement notre approche dun sujet, mais cest ce que ce livre a fait pour moi.»
14 Th. P. Letis, éd., The Majority Text. Essays and Reviews in the Continuing Debate, (Institute for Biblical Textual Studies, (P. O. Box 5114, Fort Wayne, Indiana, 46895, U.S.A., 1987); The Ecclesiastical Text. Text Criticism, Biblical Authority and the Popular Mind (The Institute for Renaissance and Reformational Biblical Studies, 6417 N. Fairhill, Philadelphia, PA 19126, U.S.A., 2000).
15 J. van Bruggen, The Ancient Text of the New Testament (Winnipeg: Premier Publishing, 1988 [1978]).
16 Z. Hodges et A. Forstad, The Greek New Testament According to the Majority Text (Nashville, Ten.: Nelson).
17 Les Textes de Westminster (Aix-en-Provence: Kerygma, 1988), 5.
18 J. Gaberel, Histoire de lEglise de Genève depuis le commencement de la Réformation jusquà nos jours (Genève: Cherbuliez, 1862, Tome III), 496. Une traduction anglaise du Consensus Helveticus se trouve dans John H. Leith (Ed.) Creeds of the Churches (John Knox Press, Atlanta, 1977 [1963]), 308-323.
19 W. Pickering, op. cit., 118-119.
20 Il sagit ici de la troisième édition du Texte Grec du Nouveau Testament publiée par les Sociétés Bibliques Unies.
21 J. van Bruggen, The Ancient Text of the New Testament, op. cit.,10-11.
22 Voyez de B. B. Warfield, An Introduction to the Textual Criticism of the New Testament, (Londres: Hodder and Stoughton, 1893) et les deux premiers chapitres du livre de Th. P. Letis, The Ecclesiastical Text. Text Criticism, Biblical Authority and the Popular Mind, op. cit., 1-58.
23 Ceci ne veut pas dire que les versions courantes (Colombe, TOB, Darby, Segond, Synodale, Osty, Crampon, Jérusalem [1956], etc.) ne nous permettent pas, par laction dans notre cur du Saint-Esprit, de connaître Dieu et sa pensée. Il faut cependant répéter que ces versions ne peuvent tout simplement pas avoir la sûreté de celles qui sont fondées sur la tradition majoritaire du texte grec du Nouveau Testament tel quil a depuis toujours été reçu dans les Eglises dOrient.
24 La Sainte Bible, Version Martin (1855 [1707], Association Biblique Internationale, Box 225,646, Dallas, Texas 7526 5, USA, 1980).
25 Bible, Version Ostervald (Laon, 1996).
26 La Sainte Bible (Londres: Trinitarian Bible Society).