
Appendice : Bible et réincarnation
mini-sommaire L’enjeu À l’ombre de l’expérience Les souvenirs spontanés Une vie après la mort P. comme prudence L’hypnose, hier et aujourd’hui La régression et les vies antérieures La régression de l’hypnose Les techniques de l’occultisme Un monde spirituel avide P. comme proscrit Théorie et réalité La loi du karma Les leçons de l’histoire Les menus à la mode P. comme problème Un nouveau départ L’aube des temps Un si grand salut P. comme pari Appendice : Bible et réincarnation Index des citations Remerciements |
Les partisans de la réincarnation ont un point de vue qui diverge de la position de la Bible sur ce sujet. Les uns affirment que l'Ancien comme le Nouveau Testament soutiennent clairement cette hypothèse. Les autres évoquent plutôt une tradition orale plus ou moins secrète qui se serait transmise d'un cercle ésotérique à l'autre jusqu'à nos jours. Pour ces derniers, il ne fait aucun doute que Jésus-Christ en était partisan. Mais l'Église naissante se serait empressée de "corriger" la Bible pour occulter cet enseignement.
Nous allons dans un premier temps analyser les propos des Écritures et étudier les textes parfois avancés pour soutenir la réincarnation. Puis, nous examinerons l'hypothèse de cette fameuse tradition orale.
De plus, l'épître aux Hébreux (Nouveau Testament) est sans équivoque : " il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement " (Hébreux 9.27). Nous ne mourrons qu'une seule fois. Et un jugement nous placera soit dans la présence de Dieu, soit loin de Lui. Les textes sacrés sont unanimes pour décrire la mort comme un événement unique de l'existence. Il est même question d'un séjour des morts et d'une résurrection en vue du dernier jugement. On ne revient pas sur terre après la mort.
Pourtant, çà et là des textes sont avancés pour montrer que la Bible appuie l'hypothèse de la réincarnation. Examinons les trois références principales.
Argument : En demandant s'il était né aveugle à cause de ses fautes, les disciples ont montré qu'ils croyaient à la loi du karma, donc à la réincarnation.
Réponse : Le terme disciple veut dire "apprenti". C'est le rôle d'un disciple de poser des questions, même les plus bizarres. Même si les disciples avaient posé cette question avec une telle arrière pensée, la réponse de Jésus est très claire : ce n'est pas à cause de ses fautes que ce pauvre homme est né aveugle. Pas de karma, pas de réincarnation.
" Voici : moi-même je vous enverrai le prophète Élie avant la venue du jour de l'Éternel, jour grand et redoutable. Il ramènera le cœur des pères à leurs fils et le cœur des fils à leurs pères, de peur que je ne frappe le pays d'interdit " .(4)
" Il " [Jean-Baptiste] " marchera devant lui " [Dieu] " avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener le cœur des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, et pour préparer au Seigneur un peuple bien disposé " .(6)
" Et ils "[quelques prêtres] " lui "[Jean-Baptiste] " demandèrent : Es-tu Élie ? Et il dit : Je ne le suis pas " " . "(7)
" Les disciples lui posèrent cette question : Pourquoi donc les scribes disent-ils qu'Élie doit venir d'abord ? Il répondit : Il est vrai qu'Élie vient rétablir toutes choses. Mais je vous dis qu'Élie est déjà venu, et qu'ils ne l'ont pas reconnu et qu'ils l'ont traité comme il l'ont voulu. De même le Fils de l'homme va souffrir de leur part. Les disciples comprirent alors qu'il leur parlait de Jean-Baptiste " .(8)
Argument : N'est-il pas évident qu'Élie s'est réincarné en Jean-Baptiste ? Ces deux personnages ne sont-ils pas qu'une et même personne ?
Réponse : Plusieurs remarques montrent qu'il est impossible d'invoquer la réincarnation d'Élie en Jean-Baptiste.
Un texte de l'Ancien Testament relate un événement intéressant. Moïse, accablé par la responsabilité de diriger le peuple d'Israël, était prêt à donner sa démission ! Pour l'aider à assumer ses responsabilités, Dieu appelle à son service 70 chefs de la nation afin de partager la conduite du peuple. Dieu dit à Moïse : " Je prendrais de l'esprit qui est sur toi, et je le mettrai sur eux, afin qu'ils portent avec toi la charge du peuple et que tu ne la portes pas à toi seul "(Nombres 11.17).
Ainsi, il est d'abord question d'une charge et d'une responsabilité identiques entre Élie et Jean-Baptiste.
Ceci peut sembler contredire le point (b). Mais il ne faut pas confondre les deux venues de Jésus-Christ. La première pour s'offrir en sacrifice, la deuxième pour installer son règne de justice. Le royaume de Dieu, qui se manifestera pleinement lorsque Christ l'installera personnellement sur terre, était offert au peuple Juif, et la prophétie de Malachie fait état de la présence d'Élie avant la venue de ce règne. Lorsque Jésus dit si vous voulez l'admettre , il s'adresse au cœur de la nation, lui demandant si elle croit en son œuvre et celle de Jean-Baptiste. Il déclare qu'il y a suffisamment d'Élie représenté en Jean-Baptiste pour que, si Israël croyait et acceptait son Messie Jésus-Christ, les conditions soient suffisantes pour instaurer le règne terrestre du Christ, accomplissant ainsi la prophétie de Malachie. Le refus des responsables de la nation, ainsi qu'il avait été prophétisé, repousse la venue d'Élie et l'instauration de ce royaume à une date ultérieure.
Jean, comme précurseur du Messie, accomplissait certaines des prédictions de l'Ancien Testament (Es. 40.3 et Mal. 3.1), mais l'accomplissement complet de cette prophétie dépendait de l'accueil du peuple d'Israël. En rejetant le Messie, le peuple refusa l'accomplissement de Malachie 4.(12) Les Écritures annoncent la venue d'autres précurseurs avant le retour du Seigneur (Apoc. 11).(13)
Le raisonnement qui cherche à établir une identité de personne entre Jean-Baptiste et Élie ne peut donc être soutenu.
Réponse : Le terme "de nouveau" ( anothen en grec) est à double sens ; il veut à la fois dire "à nouveau" et "d'en haut". L'évangile de Jean l'utilise partout ailleurs dans le deuxième sens (cf. Jean 3.31 et 19.11). De plus, Jésus explique à Nicodème ce qu'il veut dire au verset 5 :" si un homme ne naît d'eau et d'Esprit il ne peut entrer dans le royaume de Dieu " . Il s'agit donc d'une naissance unique de nature spirituelle, et non d'un cycle de naissances.
Ainsi, non seulement la réincarnation est-elle contraire à la notion biblique du salut, mais les passages censés la soutenir n'ont rien à voir avec une telle idée. Pour en trouver trace à la périphérie du christianisme, il faut faire appel aux gnostiques. Mais demander l'avis des gnostiques, ce n'est certes pas demander l'avis de la Bible, ni celui des chrétiens, car ils forment un groupe tout à fait séparé de la foi chrétienne. Prendre leur avis, c'est un peu comme demander à un marxiste de se prononcer sur le capitalisme et vice-versa !
" Sur ces entrefaites, les gens s'étant rassemblés par milliers, au point de s'écraser les uns les autres, Jésus se mit à dire en premier lieu à ses disciples : Gardez-vous du levain des Pharisiens, qui est l'hypocrisie. Il n'y a rien de caché qui ne doive être révélé, ni de secret qui ne doive être connu ".(16)
Pour éviter la confrontation avec les Écritures, qui n'est pas à l'avantage des partisans de la réincarnation comme nous l'avons vu, on a avancé que la Bible actuelle n'était pas une copie conforme à l'original. Des maladresses humaines ou une conspiration malveillante ! seraient à l'origine de la dégénérescence du contenu biblique. De bouche à oreille, de plume à plume, il était inévitable que se perde à jamais le texte biblique original... Ainsi, le silence de la Bible sur la réincarnation proviendrait de la suppression des passages gênants.
Cet argument n'a aucune valeur historique. Nous avons en effet une grande certitude sur l'authenticité des manuscrits hébreux, araméens et grecs que nous avons.(17) Nous allons démontrer rapidement qu'il est impossible que ceux-ci aient été ainsi corrigés ou altérés au point d'affaiblir notre confiance dans ces documents.
Les arguments visant à amoindrir notre confiance sur la fiabilité de l'Ancien Testament étaient imparables jusqu'à quelques années en arrière. Le plus vieux manuscrit connu était daté du IXè siècle ap. J.C.. La critique libérale se réjouissait de ce vide de plusieurs siècles, car il offrait du combustible à leur thèse. Un tel silence n'était pas, en lui-même, révélateur d'une supercherie. Il montrait seulement qu'il manquait de point de comparaison entre les Bibles actuelles et des manuscrits plus vieux.
Une telle absence s'explique par le soin extrême accordé aux Écrits sacrés juifs. Lorsque les copistes finissaient leur travail, ils comptaient le nombre de lettres de l'orignal et le comparaient à celui de leur copie. Une différence d'une seule lettre suffisait pour rendre impropre celle-ci à l'utilisation cultuelle. Elle était alors détruite, ou servait à des tâches personnelles.
Chaque fois qu'un manuscrit était abîmé par l'utilisation, on le recopiait, et le vieux document était brûlé. C'est la raison pour laquelle le manuscrit le plus ancien datait du IXè siècle. Le nombre total de copies était stable à l'inverse du Nouveau Testament comme nous allons le voir.
En 1948, un coup de théâtre allait flétrir les arrogances libérales puisqu'on découvrit les célèbres documents de la Mer Morte, tous datés de 200 av. J.C. à 100 ap. J.C. Quel émerveillement de constater leur corrélation quasi parfaite avec les documents plus récents ! Cela montrait qu'il n'y avait pas eu de "transformation" du texte au cours des siècles.
En règle général, l'Ancien Testament a plus été attaqué sur son origine (compilation tardive de pseudo-traditions, etc.) que sur la transmission de son contenu écrit. Et aujourd'hui, il n'y a pas de voix sérieuses pour s'attaquer à cet aspect.(18)
Le Nouveau Testament a fait l'objet d'attaques virulentes. Remarquons d'emblée que nous n'avons aucun original. C'est probablement heureux, vu le penchant populaire à l'idolâtrie ; on vénérerait un papier plutôt que le Dieu vivant dont il parle !
Est-ce à dire que nous n'avons aucune assurance concernant la fiabilité du Nouveau Testament ? Au contraire. A l'inverse des religieux de l'Ancien Testament, les disciples du Christ mettaient un point d'honneur à répandre le message de l'Évangile à grande échelle.
Les découvertes archéologiques des deux derniers siècles ont permis la constitution d'un stock gigantesque de manuscrits. Nous avons accès à 4.800 manuscrits en grec, 8.000 en latin, et 1.000 en copte ! A titre de comparaison, nous ne possédons que 10 manuscrits de La guerre des Gaules , 7 de Platon, 20 de Tacite. En plus de cela, les premiers chrétiens ont abondamment cité la Bible dans leurs écrits, et l'on trouve 32.000 citations du Nouveau Testament seules 11 phrases n'ont pas été citées !
Le plus ancien de ces manuscrits est le papyrus Rylands (P52) qui se trouve dans une bibliothèque de Manchester en Grande-Bretagne. Il est daté de 100 à 150 ans ap. J.C. et suit donc l'original de 10 à 60 ans. A titre de comparaison, remarquons que l'intervalle séparant l'original des premières copies que nous avons est de 1.000 ans pour César, 1.250 ans pour Platon, et 1.000 pour Tacite. L'intervalle de temps si court dans le cas de la Bible est réconfortant.
Le travail de compilation et de comparaison des manuscrits est des plus fastidieux. Car il existe effectivement des différences entre les 4.800 documents grecs. Voici les résultats des analyses (19) :
87.5 % du texte est rigoureusement identique ;
10.8 % des mots ont des fautes d'orthographes ( kurios , qui veut dire "seigneur," est écrit kirios ) ;
1.6 % sont des omissions de mots (saut d'une ligne, etc.) ;
0.1 % des mots représente un doute sérieux sur leur authenticité (mais n'affectent aucune doctrine majeure).
Absolument aucun texte de l'antiquité ni du moyen-âge ne peut prétendre rivaliser avec la précision du Nouveau Testament. Même les auteurs les plus libéraux, les plus attachés à détruire l'authenticité de la Bible, admettent que l'on peut être sûr de la fiabilité de nos nouveaux testaments à 98.3 % ! Toute bible moderne souligne les mots ou les passages qui sont moins sûrs.(20) Ceci veut tout simplement dire qu'il vaut mieux ne pas faire appel à ces textes pour soutenir une doctrine particulière. Quoi qu'il en soit, les passages en cause ne contiennent aucun élément essentiel à la compréhension de la Bible et rappelons-le, ils ne s'agit que de quelques versets.(21)
Il est donc manifeste que les Écritures n'ont pas pu être remaniées. Si cela avait été le cas, on trouverait de nombreuses variantes. Nous pouvons donc raisonnablement affirmer que la Bible que nous possédons est conforme à l'original et n'a pas été "corrigée".
|
|
|
|
|---|---|---|
|
|
Philosophies religieuses, spéculation, révélation d'esprits. | Révélation, 40 auteurs, 15 siècles d'histoire. |
|
|
Impressions, apparence de logique. | Documents historiques vérifiables, prophéties accomplies, vies transformées. |
|
|
La perfection (ou perte d'identité dans le principe divin dans le cas du modèle Bouddhiste). | La perfection, un héritage incorruptible et magnifique de Dieu. |
|
|
Succession de vies. Paiement du karma. | Le sacrifice de Jésus-Christ. Don gratuit. |
|
|
Aucune (suivant modèle). | La foi en Christ. |
|
|
Aucune, la loi du karma est fataliste | Immense ! On peut échapper au jugement, aider d'autres personnes, etc. |
(1) Jean 9.1-3.
| Suite : Index des citations |