des hommes et des femmes face à face

13 - Je suis seule(e)... Vivre en famille monoparentale

I. Introduction

Dans les Évangiles, nous lisons que Jésus avait un père terrestre, Joseph, dont la présence n'est pas mentionnée après la petite adolescence. Ce silence ne prouve rien, mais beaucoup supposent que Joseph est décédé alors que ses enfants étaient encore jeunes. Malgré cela, ses enfants sont devenus des gens extraordinaires : sans parler de Jésus, Jude et Jacques ont écrits des parties du Nouveau Testament.

  1. Une situation fréquente
    1. D'ici l'an 2000, 28 % des ménages de ce pays seront composés d'un seul parent.

    2. Cette situation a longtemps été considérée comme honteuse : parler d'une mère seule impliquait beaucoup de sous-entendus.

    3. Cette situation peut être due à plusieurs causes :

      1. le décès d'un père ou d'une mère,
      2. le divorce,
      3. l'absence fréquente d'un père ou d'une mère, ce qui est presque l'équivalent d'une famille monoparentale.

  2. Comment vivre cette situation
  3. Lisons une histoire qui se trouve en Genèse 21.
    Cette famille est celle d'Abraham (dont le nom est Abram avant que Dieu ne le change en Abraham). Mais d'abord, commençons par examiner son contexte :

    1. Genèse 15.1-6 :

      1. Dieu promet à Abram une grande récompense, un grand héritage.
      2. Alors, Abram se dit : mais à quoi cela peut-il servir puisque je n'ai pas d'héritier, ma femme Saraï ne pouvant pas enfanter ?
      3. Au verset 4, Dieu lui promet un héritier "issu de ses entrailles", alors qu'Abram avait presque (90) ans, et sa femme presque (80) ans.

    2. Genèse 16.1-16 :

      1. Le temps passe, et Dieu n'accomplit toujours pas sa promesse.
        Abraham arrive à presque 80 ans, et Saraï à presque 70, et Saraï se dit : "Peut-être faut-il que l'on accomplisse cette promesse".
      2. Ils avaient une servante, et Saraï donne un mauvais conseil à son mari : elle lui demande de coucher avec cette servante pour obtenir d'elle la descendance que Dieu a promise. Abram suit ce conseil et va auprès d'Agar qui devint enceinte, mais aussi orgueilleuse. Elle accouche d'un enfant qui concurrencera l'enfant de la promesse : Isaac.

    3. Genèse 21.1-7 :

      1. La promesse est accomplie : A 100 ans, Abraham donne à Saraï qui a 90 ans un fils, et Saraï se dit "je vais être la risée de tout le monde !". Ce fils est appelé Isaac, ce nom signifiant "il rit".
      2. Et là, éclate un conflit : excédée, Saraï la renvoie.
      3. Agar part seule au désert, accompagnée de son enfant.
      4. Dieu intervient une première fois en disant : "reviens auprès de Saraï, j'ai un plan pour toi". Alors, elle nomme l'endroit où Dieu lui a parlé "le puits du vivant qui me vois".
      5. Remarquons que quelque soit la profondeur de la détresse, Dieu voit. Agar qui se sépare une première fois du foyer n'est pas abandonnée de Dieu ; lorsque Dieu vient vers elle, elle reconnaît que celui qui voit a vu !

  4. Genèse 21.8-21
  5. "8 L'enfant grandit, et fut sevré ; Abraham fit un grand festin le jour où Isaac fut sevré.
    9 Sara vit rire le fils que l'Égyptienne Agar avait donné à Abraham ;
    10 et Saraï dit à Abraham : Chasse cette servante et son fils, car le fils de cette servante n'héritera pas avec mon fils Isaac.
    11 Cette parole déplut fort aux yeux d'Abraham, à cause de son fils.
    12 Mais Dieu dit à Abraham : N'est pas de déplaisir à cause du garçon et de ta servante. Accorde à Sara tout ce qu'elle te demandera ; car par Isaac que tu aura une descendance qui porte ton nom.
    13 Je ferai aussi une nation du fils de ta servante ; car il est ta descendance.
    14 Abraham se leva de bon matin ; il prit du pain et une outre d'eau, qu'il donna à Agar et plaça sur son épaule ; il lui remit aussi l'enfant, et la renvoya. Elle s'en alla, et s'égara dans le désert de Beer-Schéba.
    15 Quand l'eau de l'outre fut épuisée, elle laissa l'enfant sous un des arbrisseaux,
    16 pour aller s'asseoir vis-à-vis, à une portée d'arc ; car elle disait : Que je ne voie pas mourir l'enfant ! Elle s'assit donc vis-à-vis de lui, et se mit à sangloter.
    17 Dieu entendit la voix du garçon ; et l'ange de Dieu appela Agar du haut du ciel, et lui dit : Qu'as-tu, Agar ? Sois sans crainte, car Dieu a entendu la voix du garçon là où il est.
    18 Lève-toi, prends le garçon, saisis-le par la main ; car je ferai de lui une grande nation.
    19 Et Dieu lui ouvrit les yeux, et elle vit un puits d'eau ; elle alla remplir l'outre d'eau, et fit boire le garçon.
    20 Dieu fut avec ce garçon qui grandit, habita dans le désert, et devint tireur à l'arc.
    21 Il habita dans le désert de Paran, et sa mère lui procura pour femme une Égyptienne
    ."

II. Un monde brisé (21.8-11)

  1. On constate que le monde d'Agar était brisé, comme dans beaucoup de situations de la vie aujourd'hui. Cette situation aurait pu être évitée s'il y avait eu plus de pitié, plus de confiance en Dieu de la part d'Abraham.

  2. Nous voyons dans cette histoire que les familles monoparentales sont souvent issues d'un contexte d'erreur , ou de péché. Ceci est vrai même en cas de décès d'un des parents, car la mort n'est pas quelque chose de naturel. La Bible dit que : "le salaire du péché, c'est la mort" - Romains 6.23. Cela ne signifie pas qu'une personne qui meurt paie directement son propre péché, mais que le monde entier est soumis à la loi du péché qui conduit inexorablement à la mort, et donc à de telles souffrances.

  3. Lorsque ce n'est pas un jugement général, cela peut parfois être une situation liée au péché : l'égoïsme :

    1. quand un homme refuse de prendre sa responsabilité vis à vis de sa famille et sort du foyer.
    2. quand une mère décide de ne plus s'occuper de son foyer et part avec ou sans ses enfants en laissant son mari seul.

  4. Mais Dieu est remplie de grâce.
    L'égoïsme de Saraï a été récupéré par Dieu pour amener une bénédiction.

  5. Mieux vaut construire sur quelque chose qui ne se brisera jamais : Jésus-Christ. Si nous vivons une relation en Jésus-Christ, Il est capable d'épanouir nos cœurs, et même si le décès ou le divorce arrive, nous savons que Lui ne nous abandonnera pas,qu'Il est capable de nous soutenir et de donner une profondeur à notre vie.

  6. Bâtir sagement, c'est bien sûr ne pas bâtir sur le péché. Abraham n'aurait pas dû écouter Saraï, il aurait du avoir confiance en Dieu. Alors prenons garde à la manière dont nous bâtissons, car parfois nos erreurs ont des conséquences qui dureront toute la vie.

III. Un Dieu constructeur (Genèse 21.12-21)

A partir du verset 12, nous voyons combien Dieu souhaite récupérer une situation de péché pour y amener une bénédiction. Dieu est le seul capable d'utiliser les "ordures" du monde pour en faire des trésors, d'utiliser nos erreurs pour en tirer des bénédictions.

  1. Agar (21.12-19)
    1. Agar est seule, veuve, et Ismaël devient presqu'un orphelin, il est un jeune homme sans père. La Parole de Dieu donne beaucoup de place à la veuve et à l'orphelin.

    2. Nous lisons dans la loi :

      1. "Car l'Éternel, votre Dieu, est le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, fort et redoutable, qui ne fait pas de considération de personne et qui ne reçoit pas de présent, qui fait droit à l'orphelin et à la veuve, qui aime l'immigrant et lui donne nourriture et vêtements."
        Deutéronome 10.17-18

      2. "Lorsque tu auras achevé de lever toute la dîme de tes revenus, la troisième année, l'année de la dîme, tu la donneras au Lévite, à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve."
        Deutéronome 26.12.

      3. Dieu promet qu'Il sera un père pour les orphelins dans les Psaumes 10.14-18, et 68.5-6. Dieu est capable de compléter les absences d'un père ou d'une mère.

    3. Êtes-vous parent seul ? Connaissez-vous des parents seuls qui sont dans le désespoir ? Avez-vous un sentiment d'isolement, l'impression qu'il n'y a plus rien à faire ? C'est exactement ce qu'Agar ressentait : elle était seule, désespérée, son enfant était en train de mourir de soif. Ne voulant pas voir le décès de son fils, elle s'en va pensant qu'il n'y avait plus rien à faire.

    4. Pourtant, le "Dieu-qui-voit" exhorte cette jeune femme au verset 18 :

      "Lève-toi, prends le garçon, saisis-le par la main ..."

      1. Il y a un moment où il faut pleurer pour ce que l'on a perdu.
      2. Mais il y a un autre moment où il faut choisir de se lever, de regagner la réalité de la vie et de trouver des solutions.

    5. Voici quelques éléments utiles pour des familles qui se trouvent dans cette situation :

      1. Pour le papa et la maman :

        1. Veillez à l'amertume, car elle ronge les os et ne donne aucune solution.

          • On peut vivre des années dans l'amertume et connaître la même tristesse. Il faut la rompre par le pardon que l'on offre à celui ou celle qui nous a offensé. Il faut accepter que Dieu a un plan qui dépasse notre compréhension.
          • Agar n'avait aucun moyen de savoir que Dieu allait la bénir, et dans ce moment-là, elle était effondrée. Pourtant, elle pouvait placer sa confiance en Dieu en disant "je ne comprends pas, mais je veux te faire confiance", et Dieu est intervenu.
          • De plus, l'amertume se communique aux enfants,et les marquera toute leur vie.

        2. Veillez aux remords, car eux non plus n'arrangent rien. Là encore, il faut demander pardon pour ses propres fautes, accepter de pardonner pour les fautes que l'on a subies, et avancer car revenir en arrière est impossible.

        3. Un autre danger est la crainte de discipliner : les enfants ont tellement soufferts que l'on ne veut plus les éduquer, on veut avoir un enfant pour le plaisir et plus pour l'éducation. Pourtant, un parent seul a les mêmes devoirs qu'un autre !

        4. Jim Elliot, missionnaire en Équateur, a été accueilli par les flèches des Indiens et il en est mort. La première réaction de sa femme qui avait des enfants a été de dire "Seigneur, donne-moi la force d'être père et mère à la fois". Dieu peut donner cette force, à la fois dans la discipline et la tendresse.(cf. c'est quoi un père, c'est quoi une mère).

      2. Pour les enfants

        1. Il est nécessaire de développer la communication, car un enfant développe vite une fausse culpabilité, il se sent responsable de ce qui s'est passé. Il a besoin d'être sécurisé, plus particulièrement dans ce domaine là.

        2. Il peut également vivre un sentiment de rejet, peut-être même a-t-il entendu dire qu'il était un enfant illégitime.
          La Bible dit qu'il n'y a pas d'enfant illégitime, le Psaume 139 nous montre que notre Dieu a voulu chaque naissance. Chaque enfant a fait l'objet d'une pensée éternelle de Dieu.

          "1 Éternel ! tu me sondes et tu me connais, 2 tu sais quand je m'assieds et quand je me lève, tu comprends de loin ma pensée ; 3 tu sais quand je marche et quand je me couche" "13 C'est toi qui as formé mes reins, qui m'as tenu caché dans le sein de ma mère.14 Je te célèbre car je suis une créature merveilleuse."

  2. L'enfant (21.20-21)
  3. "Dieu fut avec ce garçon qui grandit, habita dans le désert, et devint tireur à l'arc. Il habita dans le désert de Paran, et sa mère lui procura pour femme une Égyptienne."

    1. Dieu a su bénir et garder l'enfant d'Agar.

    2. Le reste des Écritures nous apprend qu'il devint le père de douze princes. Dieu a su prendre soin et écouter les prières de cette femme.

    3. Même dans le cas de famille monoparentale, Dieu est capable de soutenir et de faire d'un enfant abandonné par un père ou par une mère une personne pleinement épanouie.

IV. Conclusion

Dieu a pris soin d'une famille mono-parentale. Nous pouvons tirer d'autres leçons de cette histoire.
Paul fait un parallèle dans le livre aux Galates en 4.21-31.

  1. Dieu a promis une descendance à Abraham, et Abraham a voulu l'accomplir de lui-même et cela s'est mal terminé. Il aurait dû attendre un miracle de Dieu, quelque chose de gratuit, d'inimaginable, et qui s'est produit !

  2. Paul fait le parallèle avec la foi en Jésus-Christ. Dieu promet la vie éternelle. Nous allons mourir et Dieu souhaite que nous vivions avec Lui. Comment faire pour avoir une relation personnelle avec Lui ?

    1. Beaucoup de nos contemporains font des efforts pour cela, à l'image d'Abraham, en essayant d'aller à l'église tous les dimanches ou en ayant une bonne moralité. Mais tous ces efforts sont vains et inutiles. Pourquoi ?
    2. Jésus-Christ est venu pour régler le problème du péché et de la condamnation, Il est venu mourir à notre place, et le salut qu'Il nous donne est gratuit. Vous pouvez dès aujourd'hui savoir où vous irez après votre mort, non pas parce que vous auriez fait des oeuvres bonnes, mais parce Christ est mort sur la croix pour payer nos fautes.
    3. Dieu le Père a condamné son propre Fils plutôt que de nous condamner. La condamnation de Christ nous libère de nos fautes.
    4. L'acceptez-vous personnellement ?
    5. Si vous vous sentez coupables de vos fautes, Dieu vous invite à venir près de lui humblement et à lui demander pardon. Dieu est capable d'accomplir sa promesse de vie éternelle par la foi, tout simplement.

Pour votre réflexion ...

  1. Vous trouvez-vous dans la même situation qu'Abraham : vous avez lu une promesse dans la Bible, et vous vous dites "jusqu'à quand devrais-je attendre ?" ?
  2. Croyez-vous que Dieu peut remplacer un père ou une mère absente ?
  3. Gardez-vous de l'amertume, du remords au fond de vous-même pour ce qui vous a conduit à cette situation ?
  4. Communiquez-vous suffisamment avec vos enfants pour éviter une culpabilité ou un sentiment de rejet de leur part ?
  5. Dans votre relation avec Dieu, tentez-vous d'obtenir la vie éternelle par vos propres efforts ou préférez-vous mettre votre confiance en Christ ?