

mini-sommaire Introduction Au delà de la mort L'enfer La vie éternelle Quelle destinée pour moi ? Une invitation Bibliographie |
... il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement,...
Hébreux 9.27
... l'heure vient où tous ceux qui
sont dans les sépulcres entendront sa voix (celle
de Jésus-Christ), et en sortiront. Ceux
qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront
fait le mal ressusciteront pour le jugement.
Jésus, dans Jean 5.28
Dans un monde qui n'est pas absurde, la mort apparaît comme absurde et inacceptable malgré tous les appels à la résignation... La saine vieillesse est une montée de sagesse et de spiritualité dans l'affaiblissement de la chair : monter pour s'anéantir, quelle absurdité ! Mais si, comme le suggère la foi, cette spiritualité prépare une métamorphose, la survie après la mort devient la conclusion logique du cycle vital humain (2).
Si je dois entrer bientôt dans les joies de Dieu, pourquoi regretter que cela m'arrive avant que je passe la quarantaine ?... Et si je dois rejoindre les esprits perdus, peut-il y avoir une raison de souhaiter que cela n'arrive qu'après avoir vécu longtemps et m'être enrichi ?
Maintenant que je ne m'attends plus qu'au jugement, et que le bonheur ou le malheur de l'éternité est si proche, toutes les joies et les prospérités de la vie me paraissent vaines et insignifiantes... Cependant, mes amis, combien je m'étonne de ne pas avoir toujours eu ces pensées...(3)
Il ajoute :
Le meilleur espoir d'un athée est une mort qui anéantisse tout - un espoir, nous rappelle Shakespeare, qui s'inscrit en faux contre la conscience et l'instinct universel de l'humanité (6).
Le premier texte biblique cité au début de ce chapitre contient une autre affirmation catégorique : "il est réservé aux hommes de mourir une seule fois. " Dans le deuxième passage, Jésus parle d'une résurrection pour la vie ou pour le jugement. Le message de toute la Bible est unanime à ce sujet. Tout être humain est appelé à mourir physiquement une seule fois, puis à ressusciter - soit pour la vie éternelle soit pour se voir condamner. Il faut noter combien ces paroles sont incompatibles avec la doctrine de la réincarnation qui prévoit des cycles innombrables de vies et de morts. Il est tout simplement impossible de prendre la Bible pour soutenir les thèses de la réincarnation. Plus que les nombreux passages qui enseignent la finalité du jugement de Dieu (8), la perspective biblique est inconciliable avec les bases philosophiques de la réincarnation.
La réincarnation est proposée comme moyen de salut. Par l'accomplissement d'oeuvres bonnes et le paiement des mauvaises, l'homme est l'artisan de son propre salut... La Bible annonce le don gratuit du salut en Jésus-Christ. Le salut est définitivement offert à ceux qui croient à l'uvre du Christ sur la croix pour payer leurs propres fautes. Il n'y a donc pas besoin de réincarnation : le salut est offert. La réincarnation va donc à l'encontre de la philosophie chrétienne (11).
M. Varak montre également que les quelques textes bibliques utilisés pour prouver la réincarnation ne le font nullement, quand on les considère dans leur contexte (12). De nouveau, chacun est libre de croire ce qu'il veut, mais n'attribuons pas à la Bible des propos qui ne s'y trouvent pas ! Son message est limpide : c'est ma vie présente qui va déterminer ma destinée éternelle ; après ma mort, il sera trop tard.
Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur !
n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais seulement celui
qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.
Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur,
n'avons-nous pas prophétisé en ton nom ? n'avons-nous
pas chassé des démons en ton nom ? et n'avons-nous
pas fait beaucoup de miracles en ton nom ? Alors je leur dirai
ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de
moi, vous qui commettez l'iniquité.
Matthieu 7.21-23
Celui qui croit au Fils a la vie éternelle
; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la
colère de Dieu demeure sur lui.
Jean 3.36
...Dieu, qui rendra à chacun selon
ses oeuvres : il réserve la vie éternelle à
ceux qui, par la persévérance à bien faire,
cherchent l'honneur, la gloire, et l'immortalité ; mais l'indignation
et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont
rebelles à la vérité et obéissent à
l'injustice.
Romains 2.6-10
Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s'assiéra sur le trône de sa gloire. Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs...
Alors le roi dira à ceux qui
seront à sa droite : Venez, prenez possession du royaume
qui vous a été préparé dès la
fondation du monde...Ensuite, il dira à ceux qui seront à
sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu
éternel qui a été préparé pour
le diable et ses anges.
Matthieu 25.31-46
La sévérité des paroles de Jésus et de ses apôtres nous surprend et pourrait même déplaire. Nous aurions préféré qu'ils nous parlent autrement ; qu'ils nous disent que Dieu, dans son grand amour, réserve finalement des délices éternels pour tous. Mais quand il s'agit d'une question aussi vitale que notre avenir éternel, la vérité est plus importante que nos préférences personnelles. Et les avertissements de Jésus sont également une preuve de son amour, car s'il parle franchement des réalités de l'au-delà, ce n'est pas pour menacer, mais pour nous sauver du danger, pour nous délivrer de ce jugement que chacun de nous mérite devant la justice de Dieu.
Si les Écritures décrivent seulement deux destins pour l'homme après sa mort, que dirons-nous de ce lieu supposé intermédiaire, le purgatoire ? Croire au purgatoire apporte un certain soulagement, car il permet l'espoir de pouvoir régler dans l'au-delà les dettes contractées ici-bas envers la justice de Dieu, et d'être ainsi un jour admis au paradis.
Mais de nouveau, nous avons besoin de reconnaître honnêtement que la Bible n'accrédite pas cette croyance. Jamais Jésus, ni les auteurs des textes bibliques, dans leurs nombreuses descriptions de l'existence après la mort, ne parlent de la possibilité de modifier en quoi que ce soit la destinée attribuée à chacun. Au contraire, ils indiquent plutôt que la barrière entre les deux destins est infranchissable (13), que le châtiment est éternel (14), et que ceux qui sont sans Dieu sont sans espoir (15). Pour ceux qui ont obtenu le pardon de Dieu, les promesses sont tout aussi nettes : quitter ce corps, c'est demeurer auprès du Seigneur, c'est trouver une existence de loin supérieure à celle qu'ils connaissent actuellement (16). Rien dans les écrits ne suggère un état intermédiaire (17).
Heureusement pour nous, d'ailleurs, car nous sous-estimons terriblement la dette que nous avons envers la parfaite justice de Dieu. Un jour Jésus, pour montrer l'importance du pardon mutuel, a illustré par une parabole l'immensité de nos offenses à Dieu par rapport à celles commises contre nous par les hommes (19). Il raconte comment un roi a remis dans sa totalité une dette de dix mille talents à son serviteur qui, par la suite, n'a pas su pardonner une dette de cent deniers à son ami. L'énormité de son injustice se voit dans la différence de valeur des deux dettes. L'ami du serviteur lui devait l'équivalent d'un salaire de cent jours de travail d'un ouvrier non-qualifié. Par contre, la dette du serviteur envers son roi s'élève à quelque 164.000 années de travail sans un seul jour de congé ! La leçon est claire : je ne pourrais jamais rembourser la dette que j'ai amassée contre la justice de Dieu, ni ici, ni dans la vie à venir. Mais à cause de son grand amour pour moi, et parce que son Fils l'a payée à ma place, le Roi de l'univers m'accorde un plein pardon. Ces vérités fondamentales de la Bible sont en contradiction avec l'idée même d'un purgatoire.
Si la Bible ne l'enseigne pas, d'où vient alors l'idée du purgatoire ? Jacques Le Goff, dans le livre qu'il consacre à ce sujet, situe le développement de cette doctrine dans la seconde moitié du XIIè siècle, au moment de l'épanouissement de l'Occident médiéval (20), et ajoute qu'il a fallu attendre le concile de Trente au XVIè siècle pour sa mise au point définitive (21). Elle fait partie des nombreuses tentatives des hommes pour combler ce qu'ils considèrent être des lacunes dans la révélation de Dieu. S'appuyant sur un récit obscur des livres apocryphes, 2 Macchabées 12.41-46 (22), et un livre écrit au IIIè siècle qui s'appelle (à tort) l'Apocalypse de Paul, les théologiens et les prédicateurs ont tenté de décrire avec force détails les divers châtiments que subissent les âmes des damnés et les peines du purgatoire (23). Leur imagination enfantine n'a fait que contribuer à la confusion et au désenchantement des personnes désireuses de connaître la vérité. Dans ce domaine, comme tant d'autres, il nous faut retourner à l'unique source, c'est-à-dire, à la Bible.
Nota bene : les lecteurs désireux d'en savoir plus sur ce dogme catholique peuvent consulter notre dossier sur le cathéchisme de l'église catholique, et plus particulièrement le chapître consacré au purgatoire.
(1) Ecclésiaste 3.11
(2) Chauchard, Le combat de la vie et de la mort, page 164
(3) cité par Hunt, Whatever happened to heaven, page 18-19
(4) Monod, Le Hasard et la Nécessité, page 194-195
(5) Hunt, Whatever happened to heaven ?, page 17
(6) Ibid., page 19
(7) Hébreux 11.3
(8) Matthieu 13.47-50 ; 25.31-46 ; Luc 16.19-31 ; 2 Thessaloniciens 1.7-10 ; Apocalypse 20.11-15 ; 22.12-15 pour n'en citer que quelques-uns.
(9) Varak, La Réincarnation, Éditions CLE
(10) Ibid, page 45
(11) Ibid, page 67
(12) Ibid., page 67
(13) Luc 16.26
(14) 2 Thessaloniciens 1.9
(15) Éphésiens 2.12
(16) 2 Corinthiens 5.8, Philippiens 1.23
(17) Trois passages ont été utilisés pour essayer de prouver l'existence du purgatoire : Matthieu 12.31-32, Luc 16.19-26, et 1 Corinthiens 3.10-15. Les passages de Matthieu et de Luc indiquent plutôt combien il est impossible de changer son état une fois mort. I Corinthiens ne peut pas servir d'appui pour la doctrine du purgatoire. Paul y révèle que le chrétien recevra ou perdra des récompenses selon ce qu'il aura fait en tant qu'ouvrier pour Dieu. Il n'est nullement question de payer ses fautes.
(18) Hébreux 10.17-18
(19) Matthieu 18.21-35
(20) Jacques Le Goff, La naissance du Purgatoire, page 9
(21) Ibid., page 64
(22) 2 Macchabées 12.41-46 raconte comment les Juifs de l'époque offraient un sacrifice et des prières pour certains morts : car, s'ils ne s'attendaient pas au retour à la vie des victimes, il eût été superflu et sot de prier pour les morts. Le livre de 2 Macchabées fait partie des ouvrages appelés apocryphes (cachés) ou deutérocanoniques (appartenant à un deuxième canon). Écrits pendant les quatre siècles qui séparaient la dernière prophétie de l'Ancien Testament de la venue de Jésus-Christ, ces livres n'ont jamais été considérés comme inspirés par le peuple juif. Jésus, qui pourtant se servait constamment de l'Ancien Testament, ne les a jamais cités. L'Église Protestante, suivant l'exemple des Chrétiens des trois premiers siècles, reconnaît l'intérêt historique des livres apocryphes, mais ne les accepte pas comme inspirés de Dieu. Ce n'est qu'en 1546 que l'Église Catholique les inclut officiellement dans sa Bible. Pour ces raisons parmi d'autres, l'auteur de ce livre ne croit pas que les livres apocryphes fassent partie de la Parole de Dieu.
(23) Jacques Le Goff, Op. cit., page 57-58
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