Et après ?

Au delà de la mort

 

... il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement,...
Hébreux 9.27

 

... l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix (celle de Jésus-Christ), et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement.
Jésus, dans Jean 5.28

  1. La mort n'est pas la fin.
  2. Voilà donc la première affirmation explicite de la Bible : chacun de nous survivra à sa mort. Ces textes, et de nombreux autres, nous enseignent sans ambiguïté que tout ne se termine pas avec la dissolution de notre corps qui n'est, selon les Écritures, qu'une habitation temporaire du vrai moi. Cette idée n'est certainement pas au goût de tout le monde. Nombreux sont ceux qui disent haut et clair que tout est fini après la mort. Franchement, quelle que soit notre conviction à cet égard, nous la tenons de la foi. Les arguments avancés pour prouver ou infirmer la survivance de l'âme sont tous insatisfaisants et invérifiables. Mais le concept de l'immortalité n'est nullement irrationnel. Au contraire, depuis la nuit des temps, et chez tous les peuples de la terre, d'une manière ou d'une autre, la très grande majorité des hommes y ont cru. La raison de cette universalité n'est pas simplement un désir né de la crainte face à la mort. Il est plutôt le reflet d'une vérité annoncée par l'auteur de l'Ecclésiaste, quelque neuf cents ans avant Jésus-Christ :

    (Dieu) fait toute chose belle en son temps ; même il a mis dans leur cœur la pensée de l'éternité, bien que l'homme ne puisse pas saisir l'œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu'à la fin (1).

    Le Dr. Paul Chauchard dans son livre, Le combat de la vie et de la mort, révèle la cohérence d'une foi qui s'appuie sur la révélation biblique :

    La foi n'est pas une illusion consolatrice, un fidéisme ; ce qui nous est proposé dans la foi comme certitude révélée est une hypothèse raisonnable qu'une saine philosophie vient appuyer. S'il est faux de vouloir prouver scientifiquement que la personne humaine survit à la mort, il le serait tout autant de conclure de sa base biologique et cérébrale que la disparition totale est prouvée par la science.

    Dans un monde qui n'est pas absurde, la mort apparaît comme absurde et inacceptable malgré tous les appels à la résignation... La saine vieillesse est une montée de sagesse et de spiritualité dans l'affaiblissement de la chair : monter pour s'anéantir, quelle absurdité ! Mais si, comme le suggère la foi, cette spiritualité prépare une métamorphose, la survie après la mort devient la conclusion logique du cycle vital humain (2).

    Dans un livre du XVIIIème siècle, William Law met les paroles suivantes dans la bouche de Pénitens, un marchand prospère qui est sur le point de mourir à trente-cinq ans :

    Vous avez de la pitié pour moi, non parce que je vais sans être préparé me présenter devant le Juge des vivants et des morts, mais parce que je quitte des affaires lucratives lorsque je suis à la fleur de l'âge... Et pourtant quelle folie du plus insensé des enfants serait comparable à celle-là ?

    Si je dois entrer bientôt dans les joies de Dieu, pourquoi regretter que cela m'arrive avant que je passe la quarantaine ?... Et si je dois rejoindre les esprits perdus, peut-il y avoir une raison de souhaiter que cela n'arrive qu'après avoir vécu longtemps et m'être enrichi ?

    Maintenant que je ne m'attends plus qu'au jugement, et que le bonheur ou le malheur de l'éternité est si proche, toutes les joies et les prospérités de la vie me paraissent vaines et insignifiantes... Cependant, mes amis, combien je m'étonne de ne pas avoir toujours eu ces pensées...(3)

    Jacques Monod, dans son livre, Le Hasard et la Nécessité, arrive à la conclusion que l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'univers d'où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n'est écrit nulle part (4). Prétendre que l'homme peut savoir de telles choses est pour le moins prétentieux ! Un auteur américain, Dave Hunt, expose les implications de la théorie d'un univers privé de Dieu :

    S'il n'existe pas de Dieu qui nous ait créés selon ses desseins éternels, alors la vie humaine n'est pas seulement un accident sans aucune signification mais une mauvaise et cruelle plaisanterie perpétrée par un cosmos impersonnel qui a su, de façon invraisemblable, engendrer des êtres qui, eux, soupirent après un sens et un but là où cela ne peut exister. (5)

    Il ajoute :

    Le meilleur espoir d'un athée est une mort qui anéantisse tout - un espoir, nous rappelle Shakespeare, qui s'inscrit en faux contre la conscience et l'instinct universel de l'humanité (6).

    La Bible affirme exactement le contraire : Nous sommes des êtres merveilleusement structurés par un Créateur infiniment grand, sage, et juste, à qui nous aurons à rendre compte de nos actes. A chacun de déterminer en qui il met sa confiance. Qu'il s'agisse de notre conception de l'univers ou de notre survie, notre perspective se fonde essentiellement sur la foi. Mais notons de nouveau l'enjeu de notre choix :

    Or, sans la foi, il est impossible d'être agréable à Dieu ; car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu'Il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent (7).

  3. Il n'y a pas de réincarnation.
  4. Le premier texte biblique cité au début de ce chapitre contient une autre affirmation catégorique : "il est réservé aux hommes de mourir une seule fois. " Dans le deuxième passage, Jésus parle d'une résurrection pour la vie ou pour le jugement. Le message de toute la Bible est unanime à ce sujet. Tout être humain est appelé à mourir physiquement une seule fois, puis à ressusciter - soit pour la vie éternelle soit pour se voir condamner. Il faut noter combien ces paroles sont incompatibles avec la doctrine de la réincarnation qui prévoit des cycles innombrables de vies et de morts. Il est tout simplement impossible de prendre la Bible pour soutenir les thèses de la réincarnation. Plus que les nombreux passages qui enseignent la finalité du jugement de Dieu (8), la perspective biblique est inconciliable avec les bases philosophiques de la réincarnation.

    Pour ceux qui désirent approfondir cette question, l'auteur recommande vivement le livre écrit récemment par M. Florent Varak, La Réincarnation, qui a pour sous-titre, Examen des preuves et perspective biblique (9). Il met clairement en valeur cette incompatibilité :

    La réincarnation est régie par la loi du Karma... Cette loi du Karma est censée tout expliquer. Les souffrances des uns, les joies des autres proviennent toutes des dettes et des avoirs de notre vie passée (10).

    La réincarnation est proposée comme moyen de salut. Par l'accomplissement d'oeuvres bonnes et le paiement des mauvaises, l'homme est l'artisan de son propre salut... La Bible annonce le don gratuit du salut en Jésus-Christ. Le salut est définitivement offert à ceux qui croient à l'œuvre du Christ sur la croix pour payer leurs propres fautes. Il n'y a donc pas besoin de réincarnation : le salut est offert. La réincarnation va donc à l'encontre de la philosophie chrétienne (11).

    M. Varak montre également que les quelques textes bibliques utilisés pour prouver la réincarnation ne le font nullement, quand on les considère dans leur contexte (12). De nouveau, chacun est libre de croire ce qu'il veut, mais n'attribuons pas à la Bible des propos qui ne s'y trouvent pas ! Son message est limpide : c'est ma vie présente qui va déterminer ma destinée éternelle ; après ma mort, il sera trop tard.

  5. Il n'y a que deux destinées finales.
  6. Jésus, dans son discours cité en tête du chapitre, énonce encore une autre affirmation : Il n'existe que deux, et seulement deux, destins définitifs réservés à l'homme : la résurrection pour la vie, et la résurrection pour le jugement. La Bible est formelle à ce sujet ; les passages qui suivent montrent d'une manière incontestable cette division profonde et éternelle qui sépare toute l'humanité. Certes, ces textes sont déconcertants ! Il faut les examiner de plus près et c'est ce que nous voulons faire dans les chapitres qui suivent. Mais même si l'interprétation de certains de ces passages reste difficile, leur sens fondamentale est inéluctable : à ma mort, il n'y a que deux issues.

    Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mène à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.
    Matthieu 7.13-14

    Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé en ton nom ? n'avons-nous pas chassé des démons en ton nom ? et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles en ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité.
    Matthieu 7.21-23

    Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui.
    Jean 3.36

    ...Dieu, qui rendra à chacun selon ses oeuvres : il réserve la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire, cherchent l'honneur, la gloire, et l'immortalité ; mais l'indignation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité et obéissent à l'injustice.
    Romains 2.6-10

    Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s'assiéra sur le trône de sa gloire. Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs...

    Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde...Ensuite, il dira à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges.
    Matthieu 25.31-46

    La sévérité des paroles de Jésus et de ses apôtres nous surprend et pourrait même déplaire. Nous aurions préféré qu'ils nous parlent autrement ; qu'ils nous disent que Dieu, dans son grand amour, réserve finalement des délices éternels pour tous. Mais quand il s'agit d'une question aussi vitale que notre avenir éternel, la vérité est plus importante que nos préférences personnelles. Et les avertissements de Jésus sont également une preuve de son amour, car s'il parle franchement des réalités de l'au-delà, ce n'est pas pour menacer, mais pour nous sauver du danger, pour nous délivrer de ce jugement que chacun de nous mérite devant la justice de Dieu.

  7. Le purgatoire n'existe pas
  8. Si les Écritures décrivent seulement deux destins pour l'homme après sa mort, que dirons-nous de ce lieu supposé intermédiaire, le purgatoire ? Croire au purgatoire apporte un certain soulagement, car il permet l'espoir de pouvoir régler dans l'au-delà les dettes contractées ici-bas envers la justice de Dieu, et d'être ainsi un jour admis au paradis.

    Mais de nouveau, nous avons besoin de reconnaître honnêtement que la Bible n'accrédite pas cette croyance. Jamais Jésus, ni les auteurs des textes bibliques, dans leurs nombreuses descriptions de l'existence après la mort, ne parlent de la possibilité de modifier en quoi que ce soit la destinée attribuée à chacun. Au contraire, ils indiquent plutôt que la barrière entre les deux destins est infranchissable (13), que le châtiment est éternel (14), et que ceux qui sont sans Dieu sont sans espoir (15). Pour ceux qui ont obtenu le pardon de Dieu, les promesses sont tout aussi nettes : quitter ce corps, c'est demeurer auprès du Seigneur, c'est trouver une existence de loin supérieure à celle qu'ils connaissent actuellement (16). Rien dans les écrits ne suggère un état intermédiaire (17).

    Il est important de noter aussi que le concept même d'un purgatoire est incompatible avec une des vérités fondamentales de la Bible, celle d'un pardon irrévocable que Dieu accorde à tous ceux qui veulent bien l'accepter, parce que Jésus-Christ a subi à leur place leur condamnation. Il n'est donc pas question que Dieu fasse payer deux fois pour la même faute. Sa promesse est sans équivoque :

    Je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités. Là où il y a pardon des péchés, il n'y a plus d'offrande pour le péché (18).

    Heureusement pour nous, d'ailleurs, car nous sous-estimons terriblement la dette que nous avons envers la parfaite justice de Dieu. Un jour Jésus, pour montrer l'importance du pardon mutuel, a illustré par une parabole l'immensité de nos offenses à Dieu par rapport à celles commises contre nous par les hommes (19). Il raconte comment un roi a remis dans sa totalité une dette de dix mille talents à son serviteur qui, par la suite, n'a pas su pardonner une dette de cent deniers à son ami. L'énormité de son injustice se voit dans la différence de valeur des deux dettes. L'ami du serviteur lui devait l'équivalent d'un salaire de cent jours de travail d'un ouvrier non-qualifié. Par contre, la dette du serviteur envers son roi s'élève à quelque 164.000 années de travail sans un seul jour de congé ! La leçon est claire : je ne pourrais jamais rembourser la dette que j'ai amassée contre la justice de Dieu, ni ici, ni dans la vie à venir. Mais à cause de son grand amour pour moi, et parce que son Fils l'a payée à ma place, le Roi de l'univers m'accorde un plein pardon. Ces vérités fondamentales de la Bible sont en contradiction avec l'idée même d'un purgatoire.

    Si la Bible ne l'enseigne pas, d'où vient alors l'idée du purgatoire ? Jacques Le Goff, dans le livre qu'il consacre à ce sujet, situe le développement de cette doctrine dans la seconde moitié du XIIè siècle, au moment de l'épanouissement de l'Occident médiéval (20), et ajoute qu'il a fallu attendre le concile de Trente au XVIè siècle pour sa mise au point définitive (21). Elle fait partie des nombreuses tentatives des hommes pour combler ce qu'ils considèrent être des lacunes dans la révélation de Dieu. S'appuyant sur un récit obscur des livres apocryphes, 2 Macchabées 12.41-46 (22), et un livre écrit au IIIè siècle qui s'appelle (à tort) l'Apocalypse de Paul, les théologiens et les prédicateurs ont tenté de décrire avec force détails les divers châtiments que subissent les âmes des damnés et les peines du purgatoire (23). Leur imagination enfantine n'a fait que contribuer à la confusion et au désenchantement des personnes désireuses de connaître la vérité. Dans ce domaine, comme tant d'autres, il nous faut retourner à l'unique source, c'est-à-dire, à la Bible.

Nota bene : les lecteurs désireux d'en savoir plus sur ce dogme catholique peuvent consulter notre dossier sur le cathéchisme de l'église catholique, et plus particulièrement le chapître consacré au purgatoire.

(1) Ecclésiaste 3.11
(2) Chauchard, Le combat de la vie et de la mort, page 164
(3) cité par Hunt, Whatever happened to heaven, page 18-19
(4) Monod, Le Hasard et la Nécessité, page 194-195
(5) Hunt, Whatever happened to heaven ?, page 17
(6) Ibid., page 19
(7) Hébreux 11.3
(8) Matthieu 13.47-50 ; 25.31-46 ; Luc 16.19-31 ; 2 Thessaloniciens 1.7-10 ; Apocalypse 20.11-15 ; 22.12-15 pour n'en citer que quelques-uns.
(9) Varak, La Réincarnation, Éditions CLE
(10) Ibid, page 45
(11) Ibid, page 67
(12) Ibid., page 67
(13) Luc 16.26
(14) 2 Thessaloniciens 1.9
(15) Éphésiens 2.12
(16) 2 Corinthiens 5.8, Philippiens 1.23
(17) Trois passages ont été utilisés pour essayer de prouver l'existence du purgatoire : Matthieu 12.31-32, Luc 16.19-26, et 1 Corinthiens 3.10-15. Les passages de Matthieu et de Luc indiquent plutôt combien il est impossible de changer son état une fois mort. I Corinthiens ne peut pas servir d'appui pour la doctrine du purgatoire. Paul y révèle que le chrétien recevra ou perdra des récompenses selon ce qu'il aura fait en tant qu'ouvrier pour Dieu. Il n'est nullement question de payer ses fautes.
(18) Hébreux 10.17-18
(19) Matthieu 18.21-35
(20) Jacques Le Goff, La naissance du Purgatoire, page 9
(21) Ibid., page 64
(22) 2 Macchabées 12.41-46 raconte comment les Juifs de l'époque offraient un sacrifice et des prières pour certains morts : car, s'ils ne s'attendaient pas au retour à la vie des victimes, il eût été superflu et sot de prier pour les morts. Le livre de 2 Macchabées fait partie des ouvrages appelés apocryphes (cachés) ou deutérocanoniques (appartenant à un deuxième canon). Écrits pendant les quatre siècles qui séparaient la dernière prophétie de l'Ancien Testament de la venue de Jésus-Christ, ces livres n'ont jamais été considérés comme inspirés par le peuple juif. Jésus, qui pourtant se servait constamment de l'Ancien Testament, ne les a jamais cités. L'Église Protestante, suivant l'exemple des Chrétiens des trois premiers siècles, reconnaît l'intérêt historique des livres apocryphes, mais ne les accepte pas comme inspirés de Dieu. Ce n'est qu'en 1546 que l'Église Catholique les inclut officiellement dans sa Bible. Pour ces raisons parmi d'autres, l'auteur de ce livre ne croit pas que les livres apocryphes fassent partie de la Parole de Dieu.
(23) Jacques Le Goff, Op. cit., page 57-58

Suite : L'enfer