Nous n'avons même pas besoin de poser le problème.
Il saute aux yeux. Grâce aux moyens modernes de communication,
chaque jour nous sommes abreuvés par une suite d'informations
les unes plus mauvaises que les autres. Que de catastrophes, de
souffrances, de cruautés et d'injustices ! " La Documentation
Française ", dans son numéro des Cahiers Français
consacre à la question de la faim dans le tiers monde et
publie à la fin de l'année 1983, indique qu'en cette
année (1) :
Elle révèle également que le problème
s'accentue. De nouveaux pays, comme la Thaïlande, s'ajoutent
à la liste des nations touchées. En Afrique le phénomène
s'installe de façon permanente, avec la désertification
de plus en plus accentuée du sol arable. D'après
les statistiques :
- en 1970, 400 millions de personnes souffraient de faim
- en 1980, 450 millions de personnes souffraient de faim
- en 1985 (prévision), 800 millions de personnes souffraient
de faim.
- Constat qui devient d'autant plus troublant lorsque nous considérons
le progrès technique des dernières décennies.
Jamais l'homme n'a eu autant de moyens à sa disposition
pour pouvoir alléger la souffrance et combattre l'injustice.
Et pourtant ces fléaux semblent s'aggraver d'année
en année. D'après les renseignements donnes par
l'encyclopédie Quid 1986, il suffirait de réorienter
seulement 2 % de la production céréalière
mondiale vers les pays les moins avances pour éliminer
la malnutrition (2).
- Nous sommes capables d'envoyer des hommes sur la lune, de mettre
sur orbite un laboratoire spatial, de construire des armes de
plus en plus sophistiquées; et nous ne serions pas capables
de mettre fin à ce véritable scandale de l'époque
qu'est la faim ! (3)
- Mais la famine n'est qu'un aspect du problème du mal. Que
dire...
- des catastrophes naturelles comme:
- l'éruption du volcan Nevado del Ruiz en Colombie, le
13 novembre 1985, faisant quelques 23 000 victimes;
- le tremblement de terre du Mexique, le 18 septembre 1985, laissant
la ville dévastée avec ses 9 000 morts, 30 000 blessés,
sans compter les quelques 95 000 sans abris (4);
des guerres et des conflits:
- une bonne centaine depuis 1945, ayant cause de 15 à 20
millions de morts;
- au moins 45 " zones de tension principales " dans
le monde en 1985: guerres ouvertes, activités terroristes,
révoltes, actions de guérillas, etc. (5);
sans parler des souffrances au niveau de l'individu:
- les maladies physiques: le cancer...
- les accidents: voiture, travail...
- les handicapes, les mutiles...
- les victimes innocentes de crimes: le viol, le meurtre...
- les persécutions, tortures, parfois au nom de Dieu...
Alors, qui ne s'est posé la question: " Comment concilier
cette réalité terrible que nous voyons autour de
nous avec les affirmations de la Bible concernant la justice et
la bonté du Dieu souverain et tout-puissant ? Comment un
Dieu plein de miséricorde peut-il permettre de telles atrocités
? Si Dieu existe, pourquoi n'intervient-il pas pour mettre de
l'ordre et créer une société juste et bonne?"
Faut-il conclure, avec Camus et Sartre, que l'existence est absurde,
que Dieu n'existe pas, et que le christianisme n'est qu'une invention
humaine, une sorte de pansement qui calme les douleurs de la vie
?
- Pourtant les preuves de l'existence de Dieu sont si convaincantes
que la Bible déclare insensé l'homme qui dit dans
son cur que Dieu n'existe pas (). Dans sa lettre
aux Romains, l'apôtre Paul affirme que ceux qui refusent
Dieu sont inexcusables, parce que les ouvrages de Dieu sont des
témoins incontestables de son existence, de sa puissance
et de sa perfection (). Qui oserait dire qu'un
simple poste de télévision est le résultat
de collisions fortuites entre diverses molécules de l'univers,
sans l'apport d'une main et d'une intelligence créatrice
? Lorsque nous contemplons une uvre d'art ou d'architecture,
nous admirons le génie et le talent de celui ou de ceux
qui l'ont créée. De même, notre univers entier,
et surtout la vie, donnent jusque dans leur plus petits détails,
la preuve d'un ordre, d'une perfection qui dépassent notre
imagination. Notre cerveau, mille fois plus complexe que l'ordinateur
le plus sophistique, doit-il son existence au hasard ? N'est-ce
pas insensé de penser que notre corps, si merveilleusement
assemblé, ne reflète pas l'intelligence et la compétence
d'un Créateur ?
- " Quelle perversité
est la vôtre ! Le potier doit-il être considéré
comme de l'argile, Pour que l'ouvrage dise de l'ouvrier: Il ne m'a point
fait ? Pour que le vase dise du potier: Il n'a point d'intelligence ? "
Ésaie 29.16
Les preuves ne manquent pas non plus pour établir que la Bible
est la Parole de Dieu. En effet, elle contient des centaines de prédictions
claires et précises, écrites à travers plus de 1 500
ans, accomplies dans des événements historiques et vérifiables.
En voici quelques-unes:
- la naissance de Jésus-Christ d'une vierge, prédite
750 ans avant l'événement par le prophète
Ésaie ();
- le lieu de sa naissance, prédit 750 ans avant sa venue,
par le prophète Michée ();
- sa crucifixion détaillée dans un psaume de David,
mille ans avant le fait ();
- la destruction de Jérusalem en 70 et la dispersion du
peuple juif, ainsi que leurs souffrances, décrites en détail
1 400 ans avant Jésus-Christ ();
- le nom du roi qui permettrait la reconstruction de Jérusalem
en 535 avant nôtre ère, donné au prophète
Ésaie 150 ans avant son apparition dans l'histoire;
- l'année de la mort de Jésus-Christ, révélée
dans une prophétie très détaillée
par le prophète Daniel, 550 ans avant Jésus-Christ.
- Une liste plus complète occuperait plusieurs pages de ce
livre (6). Leur précision
et leur nombre les démarquent nettement de tout autre tentative
de lire dans l'avenir. Un tel phénomène nous accule
au fait d'une révélation surnaturelle, car personne
ne peut connaître le futur avec une si grande précision,
et Dieu s'en sert pour affirmer la fiabilité de son message:
- " Ainsi parle l'Éternel,
roi d'Israël et son rédempteur, L'Éternel des armées:
Je suis le premier et je suis le dernier, Et hors moi il n'y a point de
Dieu. Qui a, comme moi, fait des prédictions - Qu'il le déclare
et me le prouve ! - J'anéantis les signes des prophètes
de mensonge Et je proclame insensés les devins; Je fais reculer
les sages Et je tourne leur science en folie. Je confirme la parole de
mon serviteur, Et j'accomplis ce que prédisent mes envoyés. "
Ésaie 44.6,7; 45.25,26
Ces faits irréfutables nous mettent en face du Dieu qui
existe, qui a tout crée, et qui, de plus, s'est fait connaître
à l'homme. Mais le mal dans le monde semble remettre en
cause ces réalités. Si seulement nous pouvions savoir
pourquoi Dieu permet tant d'injustices, tant de souffrances qui
semblent frapper aveuglement les innocents...
Comment aborder un tel sujet ? Il serait vraiment prétentieux
de croire que ces quelques pages puissent résoudre à notre
entière satisfaction ce que la Bible appelle " le mystère de l'iniquité "
(). Mais il est aussi vrai que Dieu en parle beaucoup
dans sa Parole. Je vous propose alors un parcours de textes bibliques, car
j'ai la conviction profonde que Dieu lui-même nous y donne assez d'éléments
pour que cette question ne soit pas un obstacle qui nous empêche de
croire en lui. C'est donc sans réserve que je cite plusieurs textes
de la Bible. Le lecteur n'a pas besoin de connaître mes idées
sur ce sujet; elles ne pèsent pas lourd dans la balance. Par contre,
il lui est essentiel d'affronter sérieusement les déclarations
des Saintes Écritures, pour déterminer si oui ou non elles
sont d'origine divine et dignes de sa confiance. Son destin éternel
en dépend.
Le problème de la souffrance : pourquoi ?
- Il reste cette dernière question. Que Dieu juge le monde
à sa manière, soit ! mais comment expliquer le fait
que la souffrance semble frapper aveuglement tant les innocents
que les coupables ? Pourquoi les bébés meurent-ils
de faim ? De quoi sont-ils coupables, pour qu'ils subissent une
telle sentence ? Comment un Dieu bon et compatissant peut-il supporter
que des innocents paient le crime des autres, souffrent des maladies
atroces et périssent dans des catastrophes naturelles ?
La Bible enseigne clairement que la souffrance est la conséquence
directe de l'entrée de l'injustice dans le monde. De plus,
la croix nous rappelle que Dieu n'est pas indifférent à
notre affliction, et qu'il a souffert plus que nous tous. Pourtant,
la question persiste: Pourquoi la souffrance ? Il est évident
que ce petit livre ne peut apporter une réponse définitive
et satisfaisante à une question qui trouble l'homme depuis
des siècles. Par contre, Dieu ne nous a pas laissés
dans une ignorance totale. De nouveau, je vous invite à
considérer certains passages de sa Parole qui permettent
de voir, du moins en partie, les " pourquoi ".
- La souffrance est parfois la conséquence du jugement
de Dieu
- On retrouve ce thème assez souvent dans les Écritures.
Dieu est juge de la terre, et il rendra à chacun selon
ses oeuvres,
- " l'irritation et
la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles
à la Vérité et obéissent à l'injustice "
Romains 2.6-8
- Pour accomplir ses jugements, Dieu se sert de catastrophes naturelles
(), de guerres (),
de maladies (), et même de l'injustice des
autres (). Une lecture soigneuse de la Bible
nous convainc que son jugement consiste, le plus souvent, à
abandonner l'homme aux conséquences de ses propres actes:
- " Ta méchanceté
te châtiera, et ton infidélité te punira, Tu sauras
et tu verras que c'est une chose mauvaise et amère d'abandonner
l'Éternel, ton Dieu.... "
Jérémie
2.19
" C'est pourquoi
Dieu les a livrés [abandonnés]
à l'impureté, selon les convoitises
de leurs curs... C'est pourquoi Dieu les a livrés à
des passions infâmes... Comme ils ne se sont pas souciés
de connaître Dieu, Dieu les à livrés à
leur sens réprouvé...
"
Romains 1.24,26,28
Alors, d'une manière générale, l'homme récolte
ce qu'il sème. Mais en même temps, il récolte
aussi les maux semés par les autres. C'est ce que nous
appelons " injustice ". C'est aussi pourquoi on ne peut
jamais dire qu'une personne soufre uniquement à cause d'un
jugement de Dieu sur elle. Dieu permet l'affliction pour d'autres
raisons...
- La souffrance est aussi un avertissement de la part de
Dieu
- Les paroles de Jésus-Christ à ce sujet sont claires
et nettes. Un jour on lui raconte comment le gouverneur de Juda
a massacré des Galiléens venus offrir des sacrifices
au temple...
- [Jésus] leur
répond: " Croyez-vous que ces Galiléens aient été
de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens,
parce qu'ils ont souffert de la sorte ? Non, je vous le dis. Mais
si vous ne vous repentez, vous périrez tous également.
Ou bien, ces dix-huit personnes sur qui est tombée la tour de
Siloé et qu'elle a tuées, croyez-vous qu'elles aient été
plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Non,
je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous
également "
Luc 13.1-5
- Jésus déclare alors que ces catastrophes sont des
avertissements de la part de Dieu à une humanité
qui lui tourne le dos. Ce sont des rappels divins destinés
à nous mettre en face de la réalité de notre
fragilité, et de notre besoin de lui. Dieu ne peut pas
laisser en paix un monde qui court vers sa perte. Plus un homme
se sent à l'aise, plus il devient égoïste,
moins il songe aux réalités de l'univers. L'un des
grands maux de notre civilisation occidentale est cette abondance
qui nous pousse à mépriser la vraie Source de tout.
Notre société ressemble de plus en plus à
celle du temps de Noé:
- " Ils disaient à
Dieu: Retire-toi de nous; Que peut faire pour nous le Tout-Puissant ?
Dieu cependant avait rempli de biens leurs maisons. "
Job 22.17-18
- Notre corps est fait de telle façon qu'il nous avertit
du danger par la douleur qu'il ressent. Lorsque nous touchons
à un fer chaud, ou que nous sommes atteints par une maladie,
notre système nerveux nous envoie des signaux pour la protection
du corps. Ils ne sont peut-être pas très agréables,
mais ils sont absolument nécessaires à la santé
et à la vie. De même, les maux de la vie servent
à arrêter l'homme dans ses voies et à le faire
réfléchir. La détresse physique de l'homme,
aussi terrible qu'elle puisse être, l'amène souvent
au salut éternel. Qui songerait à se faire soigner
sans avoir expérimenté les peines de la maladie
? De la même manière, il est probable que personne
ne viendrait au Médecin parfait sans avoir d'abord passe
par la souffrance. La misère de notre monde actuel ne peut
être comparée à celle d'une éternité
sans Dieu et sans espoir. La souffrance est un grand bien si elle
me pousse à chercher et à trouver le Dieu de toute
consolation.
- " Ceux qui avaient
pour demeure les ténèbres et l'ombre de la mort Vivaient
captifs dans la misère et dans les chaînes, Parce qu'ils
s'étaient révoltes contre les paroles de Dieu, Parce qu'ils
avaient méprisé le conseil du Très-Haut. Il humilia
leur cur par la souffrance; Ils succombèrent, et personne ne
les secourut. Dans leur détresse, ils crièrent à
l'Éternel, Et il les délivra de leurs angoisses
. . .
Qu'ils louent l'Éternel pour sa bonté Et pour ses merveilles
en faveur des fils de l'homme ! "
Psaume 107.10-15
- De nouveau je suis confronté à un choix. Face à
la souffrance je peux réagir avec foi, ou avec colère
et amertume. L'adversité peut me pousser à refuser
Dieu, à le haïr. Lorsqu'un père châtie
ses enfants, il le fait en général pour leur bien.
Mais il arrive qu'un enfant, à cause d'un traitement qu'il
estime injuste, se révolte contre ses parents et éprouve
de la haine pour eux. Alors ce qui aurait pu servir à le
corriger devient une occasion de rébellion et d'éloignement.
Au même titre, beaucoup utilisent la souffrance comme une
excuse pour assumer leur indépendance vis-à-vis
de Dieu. Ils ne se rendent pas compte qu'en faisant cela ils s'éloignent
du seul être capable de guérir définitivement
leurs maux. Le psalmiste l'a bien dit:
- " Ceux qui s'éloignent de toi [Dieu] périssent "
. . .
" Pour moi, m'approcher de Dieu, c'est mon bien "
Psaume 73.27,28
Par contre, l'attitude de la foi consiste à accepter que
Dieu est Dieu, et à lui laisser le gouvernement de l'univers,
sans avoir tout compris. Par la foi je lui fais confiance concernant
ces bébés qui meurent, ces " innocents "
qui souffrent, sachant qu'il les aime bien plus que moi je ne
les aime. Par la foi, je me laisse avertir, je me repens, et je
trouve en Dieu le " Père des miséricordes ".
Comme les passages qui suivent l'indiquent, la souffrance apporte
beaucoup de bien à ceux qui sont de véritables enfants
de Dieu par la foi et qui ne se révoltent pas.
---
Henry Bryant, Le dilemme & Pourquoi la souffrance ? (tiré
du livre : Si Dieu est bon, pourquoi la souffrance, l'injustice
?, Villeurbanne : Éditions CLE, 1986, pp. 5-10 &
39-49).
(1) "La faim dans le tiers
monde" dans Les Cahiers Français, n. 213,
oct.- déc. 1983, p. 9.
(2) Quid 1986, p. 1415.
(3) " Éditorial
" dans Les Cahiers Français, n. 213, oct.-déc.
1983.
(4) National Geographic,
vol. 169, no 5, mai 1986, p. 642, 657.
(5) Quid l986, p. 1158.
(6) Pour les prophéties
concernant Jésus-Christ, le lecteur peut consulter le livre
d'Arthur Kac, L'Espérance messianique, Éditions
AFEB, Albertville.