Gloire et devoirs de l'Église - L'Épitre aux Éphésiens

5 - " Vivre " les ressources divines

Éphésiens 1.15-23

Introduction

L'héritage français

En juin 1998, le sociologue Gérard Mermet a commandité une enquête sur la perception de l'héritage laissé aux jeunes Français par les générations plus âgées [Francoscopie 1999, Larousse, p. 25ss] :

78 % des femmes et 75 % des hommes jugent négativement cet héritage dans son ensemble. Triste constat ! La perception de la population est que nous laissons à nos descendants plus de boue que de soleil.

Quel contraste avec l'héritage de Christ. Nous sommes encore ce matin devant un joyau que Dieu a mis sur notre compte, et qui dépasse l'entendement. Dans cette épître de Paul aux Éphésiens, la gloire et les privilèges de l'Eglise sont décrits en des termes époustouflants. C'est si énorme, que c'en est difficile à saisir ! Pourquoi Paul insiste-t-il tant  ?

Ayant décrit toutes les bénédictions associées à l'Eglise (en Christ nous sommes bénis, choisis, adoptés ; en lui nous avons la possession du pardon, le privilège de la compréhension, et le sens d'appartenance. En lui nous sommes scellés de l'Esprit qui nous accompagne tout au long de notre vie.

Grandiose, n'est-ce pas  ? Si grandiose en fait qu'on a de la peine à le saisir. Dans le passage que nous allons lire, Paul loue Dieu pour ce qu'il faisait dans l'Eglise d'Éphèse. Et il prie Dieu pour que les Éphésiens " vivent " toutes les ressources divines…

Lecture : Ephésiens 1.15-23

" C'est pourquoi moi aussi, ayant entendu parler de votre foi au Seigneur Jésus et de votre amour pour tous les saints, 16 je ne cesse de rendre grâce pour vous; je fais mention de vous dans mes prières, 17 afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance; 18 qu'il illumine les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle est l'espérance qui s'attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu'il réserve aux saints, 19 et quelle est envers nous qui croyons l'infinie grandeur de sa puissance, se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force. 20 Il l'a déployée en Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, 21 au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui peut être nommé, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir. 22 Il a tout mis sous ses pieds, et il l'a donné pour chef suprême à l'Eglise, 23 qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. "

Paul loue Dieu pour… (1.15-16)

Paul remercie Dieu pour deux aspects de la vie de l'Eglise : la foi en Christ, Seigneur, et l'amour fraternel unissant les fidèles.

la foi de l'Eglise (1.15a)

C'est pourquoi moi aussi, ayant entendu parler de votre foi au Seigneur Jésus … "

La foi n'est pas une sensation, un sentiment, une expérience religieuse. Elle a un objet, et cet objet c'est une personne présentée ici en tant que maître.

Les Éphésiens avaient confiance en Dieu. Paul se réjouit de leur détermination à voir en Christ leur Seigneur et d'observer leur foi. Où en est le niveau de votre confiance  ?

l'amour de l'Eglise (1.15b-16)

et de votre amour pour tous les saints, 16 je ne cesse de rendre grâces pour vous: je fais mention de vous dans mes prières ; "

L'amour est la seconde raison de la joie de Paul. Un thème fréquent dans cette épître puisque le mot s'y retrouve 10 fois et le verbe 7 fois.

Paul dit : je ne cesse de rendre grâces. Je ne cesse de remercier Dieu. Je ne cesse de me réjouir de ce que Dieu fait. Bien-aimés, j'espère que vous louez Dieu pour la vie de vos frères et soeurs. Certes, elle n'est pas achevée ! Certes elle a besoin d'être rendue parfaite. Mais la vie des frères et soeurs, lorsqu'il y a de la foi et de l'amour, c'est un témoignage de la présence active de Dieu, et nous devons louer Dieu pour cela

Ayant remercié Dieu pour ce que Dieu a fait, il prie pour que Dieu continue son œuvre. Cette première prière en Éphésiens nous donne un exemple d'intercession et nous révèle ce qu'il convient de rechercher.

 

Paul prie Dieu pour… (1.17-19)

une intimité croissante avec Dieu (1.17)

afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation qui vous le fasse connaître ; "

Paul prie que notre intimité avec Dieu croisse par la compréhension. Plusieurs observations au sujet de cette intimité :

une compréhension de notre rang (1.18)

qu'il illumine les yeux de votre cœur, afin que vous sachiez quelle est l'espérance qui s'attache à son appel, quelle est la glorieuse richesse de son héritage au milieu des saints, "

Paul prie que les Éphésiens découvrent une autre vérité. Voir l'espérance associée à son appel.

une vision des capacités divines (1.19)

et quelle est la grandeur surabondante de sa puissance envers nous qui croyons selon l'action souveraine de sa force. "

Et la liste continue. Que nos cœurs soient éclairés sur la puissance mise à disposition. C'est le seul endroit de la Bible ou le superlatif "hyperballon" est utilisé. Ici associé à un mot devenu populaire : méga ! Sa puissance est méga, c'est hyper super puissant ! Sa force est active dans des proportions que l'on ne peut pleinement saisir.

Paul écrit ces lignes de prison, à Rome.

Comment le vivre  ?

Comment pouvons-nous être assurés de son aide  ? Comment connaître la mesure de cette puissance  ?

Paul s'appuie sur… (1.20-23)

la résurrection de Christ (1.20)

Il l'a mise en action dans le Christ, en le ressuscitant d'entre les morts et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, "

Sa puissance a ressuscité Christ ! La mort est terrible. Elle est définitive et tragique. On est moins conscient de son impact, puisqu'on meurt isolé, et plus tard qu'à cette époque. La résurrection d'un corps est le miracle le plus spectaculaire et le plus " impossible " en apparence qui soit.

C'est une allusion à peine voilée au Psaume 110.1 : " Parole de l'Eternel à mon Seigneur, assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. "

la position de Christ (1.21)

au-dessus de toute principauté, autorité, puissance, souveraineté, au-dessus de tout nom qui peut se nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir. "

Les termes principautés, autorités, puissances, souverainetés sont des titres de démons. Il est question d'être spirituels rebelles à Dieu et à son plan, qui attendent aujourd'hui les dernières heures de leurs capacités avant d'être plongés dans le lac de feu. L'apôtre Paul prend soin de noter que la puissance divine ne s'est pas arrêtée à la résurrection du Christ, mais conduit à le ramener à la gloire qu'il possédait avant son incarnation et le plaçant au-dessus de toute autorité.

Quelque chose de fondamental pour les croyants d'Éphèse. Cette ville était l'une des plus grandes métropoles du monde gréco-romain. Elle était assurément la plus superstitieuse d'entre toutes.

Ce climat très magique était soutenu par la " présence " d'Artémis dans son Temple, dont Antipatros considérait qu'il était l'une des 7 merveilles du monde, couvrant 4 fois plus de surface que le Parthénon d'Athènes !

Aucune personne censée de l'époque n'aurait osé la défier. Se convertir à Jésus Christ était un renoncement à une culture, un société dirigée par la peur et la superstition. C'était renoncer à une certaine conception du monde pour embrasser une autre. C'était faire du sans filet ! Et on n'était pas trop sûr de la façon dont Christ et ses disciples pouvaient compenser ce que l'on perdait.

Je suppose que vous écoutez cela en vous disant : qu'ils étaient naïfs les gens de l'époque ! Il est vrai que Satan se fait plus discret dans nos civilisations qu'il influence moins par la peur que par la séduction. J'écoutais le témoignage de Maharej, Brahmane et ex-gourou Hindou — je vous recommande son livre, la mort d'un gourou (Farel) — et le monde de la peur des divinités est un monde saisissant. Angoissant même.

Et les gens de l'époque n'étaient pas plus naïfs que maintenant :

Paul les rassure. Jésus Christ est au-dessus de toute autorité magique, au dessus de toute puissance occulte ou démoniaque, au dessus de toute déesse ou divinité. Il est le maître, le régnant, le Seigneur. L'Eglise peut être rassurée et vivre sa puissance sans crainte.

la présence de Christ (1.22-23)

Il a tout mis sous ses pieds et l'a donné pour chef suprême à l'Église, 23 qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous "

Avant de partir de cette terre, Christ a dit : toute autorité m'a été donnée sur la terre comme au ciel (Matt. 28). Il règne sans gêne ni obstacle dans le ciel. Hébreux 2.14 nous rappelle que Christ a écrasé par sa mort celui qui détenait le pouvoir sur la mort, c'est-à-dire le diable. L'accent de nos versets porte ici sur la présence souveraine du Christ au sein de son peuple. Remarquez, il est " chef suprême. "

Christ est présent ce matin. Non pas en marge de nous. En nous, remplissant chaque chrétien en sorte que nous formons le " corps du Christ ". Paul écrit aux Corinthiens " Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part " (1Co 12:27). Qu'est-ce que cela évoque  ?

Mais il y a plus. C'est géant ! Il est question de la plénitude de Christ dans l'Eglise.

Conclusion

Une pauvre femme vivait dans la capitale d'un pays au nord de l'Europe, non loin du palais royal. Sa fille gravement malade désirait ardemment un peu de raisin, mais comment en trouver en magasin à cette époque de l'année ? La mère se souvint tout à coup qu'elle avait vu, en traversant le parc du palais ouvert à tous, de magnifiques grappes de raisins dans les serres chauffées. S'armant de courage, elle alla trouver le jardinier en chef pour lui demander de lui en vendre une ou deux grappes. Elle se heurta à un refus catégorique.

Combien y en a-t-il qui désirent acheter le salut, pas seulement avec de l'argent, mais par leurs efforts, leurs mérites ou leurs prières ? Ils ne comprennent pas que le salut de Dieu est gratuit. Le Roi des rois ne vend rien à personne. D'ailleurs, quel prix pourrions-nous payer ?