
5 - " Vivre " les ressources divines
Éphésiens 1.15-23
Introduction
L'héritage français
En juin 1998, le sociologue Gérard Mermet a commandité une enquête sur la perception de l'héritage laissé aux jeunes Français par les générations plus âgées [Francoscopie 1999, Larousse, p. 25ss] :
- 90 % jugent négativement l'héritage de l'emploi
- 74 % jugent négativement l'héritage de la morale et du pouvoir d'achat
- 70 % jugent négativement l'héritage de l'environnement.
- 69 % jugent négativement l'héritage de la sécurité individuelle
- 67 % jugent négativement l'héritage de l'égalité
- 64 % jugent négativement l'héritage de la solidarité
- 60 % jugent négativement l'héritage des conditions de travail et de la qualité de vie.
78 % des femmes et 75 % des hommes jugent négativement cet héritage dans son ensemble. Triste constat ! La perception de la population est que nous laissons à nos descendants plus de boue que de soleil.
Quel contraste avec l'héritage de Christ. Nous sommes encore ce matin devant un joyau que Dieu a mis sur notre compte, et qui dépasse l'entendement. Dans cette épître de Paul aux Éphésiens, la gloire et les privilèges de l'Eglise sont décrits en des termes époustouflants. C'est si énorme, que c'en est difficile à saisir ! Pourquoi Paul insiste-t-il tant ?
- Parce qu'il va donner des commandements sur la vie
- Parce qu'il connaît aussi les luttes auxquelles sont confrontés les Éphésiens. Luttes internes avec de faux prophètes qu'il a fallu confronter.
- Luttes externes avec les païens qui se sont opposés aux progrès de l'Évangile car ces progrès diminuaient la vente d'idoles et donc leur chiffre d'affaires !
- Luttes spirituelles avec les puissances démoniaques qui s'acharnaient sur l'Eglise.
- C'était dur d'être chrétien à Éphèse !
Jésus d'ailleurs loue les Éphésiens : " Je
connais tes oeuvres, ton travail, ta persévérance. Je le sais
tu ne peux supporter les méchants , tu as éprouvé ceux
qui se disent apôtres et ne le sont pas et tu les as trouvés
menteurs. Tu as de la persévérance, tu as souffert à
cause de mon nom et tu ne t'es pas lassé. "
(Apoc. 2.2-3)
Ayant décrit toutes les bénédictions associées à l'Eglise (en Christ nous sommes bénis, choisis, adoptés ; en lui nous avons la possession du pardon, le privilège de la compréhension, et le sens d'appartenance. En lui nous sommes scellés de l'Esprit qui nous accompagne tout au long de notre vie.
Grandiose, n'est-ce pas ? Si grandiose en fait qu'on a de la peine à le saisir. Dans le passage que nous allons lire, Paul loue Dieu pour ce qu'il faisait dans l'Eglise d'Éphèse. Et il prie Dieu pour que les Éphésiens " vivent " toutes les ressources divines
Lecture : Ephésiens 1.15-23
" C'est pourquoi moi aussi, ayant entendu
parler de votre foi au Seigneur Jésus et de votre amour pour tous les
saints, 16 je ne cesse de rendre grâce pour vous; je fais mention de vous
dans mes prières, 17 afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ,
le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation
dans sa connaissance; 18 qu'il illumine les yeux de votre cur, pour que vous
sachiez quelle est l'espérance qui s'attache à son appel, quelle
est la richesse de la gloire de son héritage qu'il réserve aux
saints, 19 et quelle est envers nous qui croyons l'infinie grandeur de sa puissance,
se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force. 20 Il l'a déployée
en Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa
droite dans les lieux célestes, 21 au-dessus de toute domination, de
toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout
nom qui peut être nommé, non seulement dans le siècle présent,
mais encore dans le siècle à venir. 22 Il a tout mis sous ses
pieds, et il l'a donné pour chef suprême à l'Eglise, 23
qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. "
Paul loue Dieu pour
(1.15-16)
Paul remercie Dieu pour deux aspects de la vie de l'Eglise : la foi en Christ, Seigneur, et l'amour fraternel unissant les fidèles.
- Un duo que l'on retrouve ailleurs (Col. 1.3 par exemple). Un duo inséparable.
Au point que Jean affirme : " celui qui
prétend être dans la lumière, tout en haïssant son
frère est encore dans les ténèbres. Celui qui aime son
frère demeure dans la lumière et ne risque pas de tomber "
(1 Jean 2.9).
- La foi en Jésus en tant que chef (" Seigneur "
dans notre texte) se mesure à la qualité de l'amour vécu
et exprimé. La foi sans l'amour c'est creux et hypocrite
(cf. 1 Cor. 13.1-3).
- Il est facile d'avoir la foi. Après tout, c'est le choix d'avoir confiance. Il est plus ardu d'aimer.
la foi de l'Eglise (1.15a)
" C'est pourquoi moi aussi, ayant entendu parler
de votre foi au Seigneur Jésus
"
La foi n'est pas une sensation, un sentiment, une expérience religieuse. Elle a un objet, et cet objet c'est une personne présentée ici en tant que maître.
- Il ne s'agit pas de croire en Dieu, mais de croire Dieu !
- Croire au point que l'on se donne à lui. On lui fait confiance sur ses promesses. On s'appuie sur ce qu'il est.
- La foi n'a pas besoin de preuves (même s'il existe beaucoup
de preuves rationnelles et objectives qui montrent que la foi est intelligente).
La foi est preuve en elle-même. Elle est confiance dans la sagesse divine.
Hébreux 11.1 décrit la foi ainsi : " la
foi, c'est l'assurance des choses qu'on espère, la
démonstration de celles qu'on ne voit pas. "
- Exemple d'Abraham. C'est la foi. Dieu dit, j'obéis, parce que j'ai confiance que ses voies et sa voix sont meilleures que les miennes !
- Heb 11:6 " Or, sans la foi, il est impossible
de lui être agréable; car il faut que celui qui s'approche de
Dieu croie que Dieu existe, et qu'il récompense ceux qui le cherchent. "
De tout temps la présence de Dieu s'est acquise par la foi. Dans
l'Ancien Testament comme dans le NT. Abraham est devenu l'ami
de Dieu parce qu'il a cru Dieu qui lui donnait la Palestine, une descendance
par sa femme déjà âgée, et une bénédiction
pour toute la terre (ses promesses se sont accomplis bien plus tard, 430 ans
après pour la possession de la terre !)
Les Éphésiens avaient confiance en Dieu. Paul se réjouit de leur détermination à voir en Christ leur Seigneur et d'observer leur foi. Où en est le niveau de votre confiance ?
l'amour de l'Eglise (1.15b-16)
" et de votre amour pour tous les saints, 16
je ne cesse de rendre grâces pour vous: je fais mention de vous dans mes
prières ; "
L'amour est la seconde raison de la joie de Paul. Un thème fréquent dans cette épître puisque le mot s'y retrouve 10 fois et le verbe 7 fois.
- Remarquez qu'il s'agit de l'amour pour tous les saints,
c'est-à-dire les chrétiens. Ceux que Dieu a sanctifiés.
Si Dieu nous invite à aimer tout le monde, y compris nos ennemis, il
appelle les chrétiens à vivre une amitié particulièrement
forte. Gal. 6.10 l'exprime ainsi : " pendant
que nous en avons l'occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout
envers les frères de la foi. " Est-ce un racisme spirituel
? Non, mais l'amour des chrétiens est la meilleure publicité
du Christianisme. " A ceci tous connaîtront
que vous êtes mes disciples, que vous avez de l'amour les uns
pour les autres " dit Jésus.
- L'amour est admirablement décrit en 1 Cor. 13.4-7 : " L'amour
est patient, il est plein de bonté; l'amour n'est point envieux; l'amour
ne se vante point, il ne s'enfle point d'orgueil, 5 il ne fait rien de malhonnête,
il ne cherche point sont intérêt, il ne s'irrite point, il ne
soupçonne point le mal, 6 il ne se réjouit point de l'injustice,
mais il se réjouit de la vérité ; 7 il excuse tout,
il croit tout, il espère tout, il supporte tout."
C'est une excellente évaluation-qualité de notre amour ! Est-ce que je suis patient, serviable, rempli de pardon, d'espérance, de persévérance envers un tel ?! Est-ce que je suis envieux, vantard, malhonnête, imposant, irrité, préparant des coups envers un tel ?!
Paul dit : je ne cesse de rendre grâces. Je ne cesse de remercier Dieu. Je ne cesse de me réjouir de ce que Dieu fait. Bien-aimés, j'espère que vous louez Dieu pour la vie de vos frères et soeurs. Certes, elle n'est pas achevée ! Certes elle a besoin d'être rendue parfaite. Mais la vie des frères et soeurs, lorsqu'il y a de la foi et de l'amour, c'est un témoignage de la présence active de Dieu, et nous devons louer Dieu pour cela
- Messieurs, est-ce que vous louez Dieu pour vos épouses ? Mesdames
?
- Lorsque vous priez à table, lorsque vous priez le soir ou le matin, est-ce qu'il y a de la place pour la louange, pour la foi et l'amour d'une ou deux personnes ?
- C'est important, parce qu'en louant Dieu pour la foi et l'amour de mes frères, je passe au-delà des différences irritantes de personnalité. Je vois Christ dans mes frères, et cela adoucit mon cur.
Ayant remercié Dieu pour ce que Dieu a fait, il prie pour que Dieu continue son uvre. Cette première prière en Éphésiens nous donne un exemple d'intercession et nous révèle ce qu'il convient de rechercher.
Paul prie Dieu pour
(1.17-19)
une intimité croissante avec Dieu (1.17)
" afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ,
le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation
qui vous le fasse connaître ; "
Paul prie que notre intimité avec Dieu croisse par la compréhension. Plusieurs observations au sujet de cette intimité :
- On retrouve la même tension éternelle entre la souveraineté de Dieu qui donne un esprit de sagesse et de révélation et la responsabilité de l'homme qui prie et découvre ce que Dieu donne.
- Paul prie pour que Dieu éclaire les chrétiens. Lorsque vous
priez pour moi, priez que Dieu m'éclaire et me révèle
Dieu. Lorsque vous priez pour votre conjoint, ou pour un ami de la cellule
de vie, ou pour un chrétien qui vous semble désenchanté
ou un peu en dehors et en marge d'une vie avec Christ, priez pour que
Dieu l'enseigne. 1 Corinthiens 2.12 nous affirme quelque chose de formidable :
nous avons reçu l'Esprit qui vient de Dieu afin de savoir ce
que Dieu nous a donné par grâce. Paul écrit à une
Eglise très immature qui se croyait super spirituelle, et il dit que
le Saint Esprit est donné pour qu'on comprenne ! Et c'est
le job de Dieu de faire comprendre.
- Cependant, c'est le job des hommes d'apprendre ! Le mot
" connaître " évoque
ici un apprentissage, une découverte (contrairement au " savoir "
du verset 18). L'activité révélatrice de Dieu ne
nous donne pas le loisir d'être passif !
- Bien-aimés, Dieu révèle qui il est dans la Bible, et
en Jésus Christ. Connaître Dieu, se laisser enseigner par Dieu
passe par une certaine discipline de la lecture de la Bible. Et certains versets,
passages vont nous sauter aux yeux, attirant notre attention sur une particularité
de sa personne, et nous recevons alors " un
esprit de sagesse et de révélation "
une compréhension de notre rang (1.18)
" qu'il illumine les yeux de votre cur,
afin que vous sachiez quelle est l'espérance qui s'attache à son
appel, quelle est la glorieuse richesse de son héritage au milieu des
saints, "
Paul prie que les Éphésiens découvrent une autre vérité. Voir l'espérance associée à son appel.
- Le cur n'était pas, comme aujourd'hui, associé
aux sentiments, mais plutôt à la réflexion. C'est
dans l'Ancien Testament le siège de la décision, de la
volonté et de la pensée. Paul prie que nos pensées soient
illuminées pour voir à quel point Dieu a aimé.
- Mieux, le verset nous décrit comme un héritage pour Dieu !
J'aurais plutôt pensé que nous étions un passif
pour Dieu ! Une mauvaise blague !
Au contraire, en Christ, nous devenons héritier pour Dieu.
- Soph 3.17 " L'Eternel, ton Dieu, est au
milieu de toi, comme un héros qui sauve; Il fera de toi sa plus grande
joie; Il gardera le silence dans son amour ; Il aura pour toi des transports
d'allégresse "
- Jouissance de sa grâce. Jouissance de sa grâce. Abondamment
jouir de son amour.
- Si Christ était ici ce matin, il pourrait certainement mettre son
doigt sur certains de nos comportements. Il dirait également :
tu es mon héritage, tu es mon enfant, tu es mon élu.
- Jouissance de sa grâce. Jouissance de sa grâce. Abondamment
jouir de son amour. Même dans la tentation, l'épreuve,
les difficultés, etc.
une vision des capacités divines (1.19)
" et quelle est la grandeur surabondante de
sa puissance envers nous qui croyons selon l'action souveraine de sa force. "
Et la liste continue. Que nos curs soient éclairés sur la puissance mise à disposition. C'est le seul endroit de la Bible ou le superlatif "hyperballon" est utilisé. Ici associé à un mot devenu populaire : méga ! Sa puissance est méga, c'est hyper super puissant ! Sa force est active dans des proportions que l'on ne peut pleinement saisir.
Paul écrit ces lignes de prison, à Rome.
- A Éphèse, il est possible qu'il ait eu à combattre
des fauves dans un cirque (1 Cor. 15.32).
- Son CV nous est donné en 2 Cor. 11.23ss :" Sont-ils
ministres de Christ ? -Je parle en termes extravagants. -Je le suis plus
encore : par les travaux, bien plus ; par les coups, bien plus ;
par les emprisonnements, bien plus. Souvent en danger de mort, 24 cinq fois
j'ai reçu des Juifs quarante coups moins un, 25 trois fois j'ai été
battu de verges, une fois j'ai été lapidé, trois fois
j'ai fait naufrage, j'ai passé un jour et une nuit dans l'abîme.
26 Fréquemment en voyage, j'ai été en péril sur
les fleuves, en péril de la part des brigands, en péril de la
part de ceux de ma nation, en péril de la part des païens, en
péril dans les villes, en péril dans les déserts, en
péril sur la mer, en péril parmi les faux frères. 27
J'ai été dans le travail et dans la peine, exposé à
de nombreuses veilles, à la faim et à la soif, à des
jeûnes multipliés, au froid et à la nudité. 28
Et, sans parler d'autres choses,
". Paul ne parle pas d'une
vie facile, ou tout est bien qui finit bien. Il connaît le poids de
la persécution, de la faim, de la honte publique, du rejet des autres,
et même des chrétiens. Il a été trahi par de faux
chrétiens. La mesure humaine de sa vie est quasi insignifiante. Sa
vraie mesure ne sera claire que dans l'éternité.
- Et lorsqu'il parle que l'on comprenne la " grandeur
surabondante de sa puissance " il ne parle pas d'un
christianisme "pépère".
Comment le vivre ?
- S'investir là où ça compte ! Quelque part j'ai l'impression que nous vivons si peu de cette puissance parce que nous investissons si peu dans l'essentiel de l'uvre de Dieu : l'évangélisation et le discipulat.
- Commencez à fréquenter, aimer, servir vos collègues, vos voisins. Montrez votre foi. Leur moquerie, leur rejet, ou leur question ou leur intérêt vont vous forcer à vous mettre à genoux pour demander la grâce de Dieu, la sagesse de Dieu, vous sentant si incompétent pour cette tâche. Vous verrez la puissance de Dieu.
- Investissez-vous dans un groupe de croissance pour vous mettre au défi de lire la Bible, de prier, pour vous rendre redevable les uns envers les autres, pour apprendre et enseigner, et vous verrez la puissance de Dieu.
- Intégrer une vision spirituelle à une vie concrète.
C'est l'une de mes frustrations en relation d'aide. C'est
de voir des personnes confrontées à des problèmes personnels
que la Bible balise très bien. Et la personne dit : Oui mais ça
marchera pas pour moi. Moi je suis différent. C'est trop dur.
Je ne peux pas. Nous ne pouvons pas' est le mensonge le plus destructeur
que Satan peut souffler à vos oreilles. Vous savez pourquoi ?
A cause de la " grandeur surabondante de sa
puissance. " Nous pouvons par lui !
- Parce que, voyez-vous, il y a une différence entre propriété
& jouissance. Par exemple, j'ai un ordinateur à la maison. Mais
je suis loin d'être un as de l'informatique... J'éprouve souvent
des difficultés à comprendre le fonctionnement des outils à
ma disposition. Je n'en jouis pas
C'est la même chose avec Dieu.
- Vous avez remarqué qu'il ne s'agit pas de recevoir plus de puissance ou de pouvoir, mais de comprendre ce qu'est le pouvoir de Dieu, la puissance de Dieu qui est déjà à la disposition du chrétien. De comprendre comment l'appliquer.
- De comprendre comment appliquer un commandement de la Bible qui me semble trop dur pour moi. Par exemple :
- pardonner constamment les offenses.
- un verset au dessus de l'évier d'une femme de pasteur qui
citait Proverbes 31 : 12 " Elle lui
fait du bien, et non du mal, Tous les jours de sa vie "
Comment une femme peut-elle faire du bien à son mari, et non du mal
tous les jours de sa vie ?
- Maris aimez vos femmes comme Christ s'est sacrifié pour l'Eglise ! Aimer son épouse avec la constance du Christ n'est pas facile !
- Respecter son patron quand il est injuste. Honorer ses employés quand ils n'ont pas la pêche.
- Dire des paroles qui communiquent une grâce plutôt qu'une critique. Pas une fois, mais tous les jours, toutes les heures. C'est dur !
- La pureté sexuelle pour un ado est un impératif biblique, ou refuser la drogue, la cigarette, l'alcool, ou de faire partie d'une meute qui aime le mal, c'est difficile !
- La réalité spirituelle doit être intégrée au monde réel. Les deux ne sont pas dissociés. Nous ne sommes pas des chrétiens schizophrènes avec la vie dans le monde et la vie dans l'Eglise.
Comment pouvons-nous être assurés de son aide ? Comment connaître la mesure de cette puissance ?
Paul s'appuie sur
(1.20-23)
la résurrection de Christ (1.20)
" Il l'a mise en action dans le Christ, en
le ressuscitant d'entre les morts et en le faisant asseoir à sa droite
dans les lieux célestes, "
Sa puissance a ressuscité Christ ! La mort est terrible. Elle est définitive et tragique. On est moins conscient de son impact, puisqu'on meurt isolé, et plus tard qu'à cette époque. La résurrection d'un corps est le miracle le plus spectaculaire et le plus " impossible " en apparence qui soit.
- Une secte japonaise, du nom de " espace de vie ", conduite par le gourou Takahashi, a rassemblé pendant des années des milliers de cadres pour des séminaires coûteux. Takahashi affirmait avoir suivi pendant plus de 6000 années un guérisseur au cours de plusieurs réincarnations. Confronté à la maladie d'un homme de 66 ans, il réussit à convaincre son fils de voler son père de l'hôpital et le placer dans une chambre d'hôtel pour être guéri par le maître. Cet homme mourut, et pendant 4 mois, encadré par deux bougies et par les incantations et manipulations de Takahashi pour le " guérir. " Il affirmait qu'il n'était pas mort et que si son pouls n'était pas palpable c'était parce qu'il fallait être un guérisseur aguerri pour le sentir. Lorsque des insectes blancs sortirent de son corps, il affirmait que c'était normal pour les êtres spirituels de son calibre. 4 mois plus tard lorsque la police força la porte de l'hôtel, le cadavre momifié, puant et tout vert gisait là. Les gens croyaient toujours en sa vie et en la résurrection en cours du sexagénaire.
- Comme quoi, il ne faut pas confondre crédulité et foi !
- Quelle différence avec Jésus Christ ! Ressuscité le troisième jour, changeant les vies des poltrons qu'étaient les apôtres, et remplissant aujourd'hui nos vies. Christ est vivant ! Sa résurrection est une preuve pour nous car la même puissance est opérante dans le croyant.
- Et si Christ a ressuscité des morts, ne peut-il pas ressusciter nos curs ? Puis un jour nos corps ?
C'est une allusion à peine voilée au Psaume 110.1 : " Parole
de l'Eternel à mon Seigneur, assieds-toi à ma droite, jusqu'à
ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. "
- Un psaume messianique où Dieu (l'Éternel) dit à Dieu (Seigneur) quelque chose. Une preuve supplémentaire de la trinité !
- Un psaume qui donne une information sur le programme de Dieu : assujettir tout ce qui s'oppose à Dieu pour que Dieu manifeste de nouveau pleinement son règne de justice et de paix.
la position de Christ (1.21)
" au-dessus de toute principauté, autorité,
puissance, souveraineté, au-dessus de tout nom qui peut se nommer, non
seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle
à venir. "
Les termes principautés, autorités, puissances, souverainetés sont des titres de démons. Il est question d'être spirituels rebelles à Dieu et à son plan, qui attendent aujourd'hui les dernières heures de leurs capacités avant d'être plongés dans le lac de feu. L'apôtre Paul prend soin de noter que la puissance divine ne s'est pas arrêtée à la résurrection du Christ, mais conduit à le ramener à la gloire qu'il possédait avant son incarnation et le plaçant au-dessus de toute autorité.
Quelque chose de fondamental pour les croyants d'Éphèse. Cette ville était l'une des plus grandes métropoles du monde gréco-romain. Elle était assurément la plus superstitieuse d'entre toutes.
- Éphèse était connue pour ses Ephesa Gramata (lettres
d'Éphèse), 6 formules magiques sensées protéger
des démons. On les portait comme des amulettes, et on craignait terriblement
l'influence de démons.
- Ce climat de superstition était si fort, que la population dépensait des fortunes pour acquérir des livres de magie ou de sorcellerie, ou de guérison. Au point que lorsque les premiers chrétiens comprirent qu'ils étaient libres de ce fatras débile qui les tenaient dans la peur, ils brûlèrent leurs ouvrages dont la valeur financière s'élevait à 50.000 jours de salaire (soit un équivalent de 10 millions de nos francs), voir Actes 19.
- La peur du monde des démons contrôlait les populations qui leur attribuaient la malchance, la maladie, la mort. Il fallait se préserver de leurs influences, à tout prix.
Ce climat très magique était soutenu par la " présence " d'Artémis dans son Temple, dont Antipatros considérait qu'il était l'une des 7 merveilles du monde, couvrant 4 fois plus de surface que le Parthénon d'Athènes !
- Homer disait qu'Artémis était la maîtresse des
bêtes sauvages. Les grecs l'adorèrent comme la déesse
de la lune et de la chasse. Elle est équipée d'un arc
et hante les forêts la nuit poursuivant les fauves qu'elle domine.
Le Petit Robert la décrit comme vierge et chaste, vindicative et cruelle.
- A Éphèse, elle emprunte des cultes des déesses mères,
et ajoute un certain nombre de fonctions bien liées au terroir. Sa
représentation

la montre couverte de seins. Certainement associés à la fertilité,
mais aussi à l'idée qu'elle nourrit la vie, qu'elle
a la puissance sur la vie. On a même retrouvé un papyrus qui
présente une prière qui lui est adressée pour la résurrection
d'un homme. Peut-être que de la prostitution sacrée accompagnait
l'adoration.
- Elle est au dessus des démons (regardez les êtres au-dessous
de sa ceinture), elle est plus forte que le destin donné par les horoscopes
(elle a les signes du zodiaque autour de son cou). Elle est appelée
Soteira (sauveuse), Kuria (seigneur), Basileis Kosmou (reine du cosmos).
- Elle règne sur la magie. Ses pieds et sa couronne comportent les
fameuses Ephesa Gramata ! Elle est terrible ! Elle est envahissante
également. Une inscription trouvée dans le théâtre,
précise qu'un officiel romain avait donné une statue en
argent de la déesse qui devait être érigée lors
des réunions plénières (3 fois par mois). Dans la vie
privée, la vie individuelle, la vie politique, la vie civique, Artémis
était présente.
Aucune personne censée de l'époque n'aurait osé la défier. Se convertir à Jésus Christ était un renoncement à une culture, un société dirigée par la peur et la superstition. C'était renoncer à une certaine conception du monde pour embrasser une autre. C'était faire du sans filet ! Et on n'était pas trop sûr de la façon dont Christ et ses disciples pouvaient compenser ce que l'on perdait.
Je suppose que vous écoutez cela en vous disant : qu'ils étaient naïfs les gens de l'époque ! Il est vrai que Satan se fait plus discret dans nos civilisations qu'il influence moins par la peur que par la séduction. J'écoutais le témoignage de Maharej, Brahmane et ex-gourou Hindou je vous recommande son livre, la mort d'un gourou (Farel) et le monde de la peur des divinités est un monde saisissant. Angoissant même.
Et les gens de l'époque n'étaient pas plus naïfs que maintenant :
- Un sociologue français recense 50 000 astrologues (deux fois plus que de prêtres !), consultés par 1 français sur 6 !
- La ville de Lyon est dominée par une basilique dédiée à Marie, construite à droite de l'ancien temple érigé à la déesse mère Cybèle. Cette basilique attribue à Marie les mêmes vertus que l'on attribuait à Cybèle, ou à Artémis. Marie est notamment déclarée reine du ciel, reine des anges
Au mont Cyndre, qui domine Lyon, une basilique dédiée à Marie porte l'inscription, " Marie toute puissante ", un titre de la divinité. J'ai dans mes dossiers des prières pour Cybèle, qualifiée de Vierge, Saint Vierge, Mère Perpétuelle, qui sont identiques à celles que l'on adresse à Marie.
- Combien de fois ai-je entendu des gens qui comprenaient l'Évangile, mais qui ne voulaient pas se détourner de l'Eglise romaine
presque par superstition. Si j'arrête de prier Marie ou les saints, que va-t-il m'arriver ?
- S'il est vrai que la conversion n'est ni Catholique ni Protestante on se convertit à Christ, pas à un groupe Christ est Seigneur (v.15), et il ne souffre aucune compétition, car toute vénération qui n'est pas tournée vers Dieu est tournée vers le mensonge, vers une idole, ou vers un démon.
- N'est-il pas intéressant de savoir que c'est dans la ville d'Éphèse, haut-lieu d'adoration d'une déesse mère, qu'a eu lieu en 431, le concile d'Éphèse, qui déclara Marie mère de Dieu ? Dans la ville, savez-vous ce qui s'est passé ? Les foules en liesses se réjouirent de cette déclaration. Elles qui avaient été forcé à la conversion par les décrets des fils de Constantin, et qui n'avaient accepté le Christianisme que comme l'ajout d'une divinité plutôt que dans une repentance suscitée par la compréhension de l'Évangile, elles avaient retrouvées Artémis sous une autre forme
Marie.
Paul les rassure. Jésus Christ est au-dessus de toute autorité magique, au dessus de toute puissance occulte ou démoniaque, au dessus de toute déesse ou divinité. Il est le maître, le régnant, le Seigneur. L'Eglise peut être rassurée et vivre sa puissance sans crainte.
la présence de Christ (1.22-23)
" Il a tout mis sous ses pieds et l'a donné
pour chef suprême à l'Église, 23 qui est son corps, la plénitude
de celui qui remplit tout en tous "
Avant de partir de cette terre, Christ a dit : toute autorité m'a
été donnée sur la terre comme au ciel (Matt. 28). Il règne
sans gêne ni obstacle dans le ciel. Hébreux 2.14 nous rappelle
que Christ a écrasé par sa mort celui qui détenait le pouvoir
sur la mort, c'est-à-dire le diable. L'accent de nos versets porte
ici sur la présence souveraine du Christ au sein de son peuple. Remarquez,
il est " chef suprême. "
- Ce titre évoque sa souveraineté. Il est Seigneur, maître,
dirigeant, directeur. C'est pourquoi Jésus a dit : " Et
n'appelez personne sur la terre votre père ; car un seul est votre
Père, celui qui est dans les cieux " (Mt 23:9)
- Il règne sur l'Eglise. L'Eglise notre Eglise
n'est pas un club. Elle est un peuple que Dieu conduit. Aucune autorité,
aucune décision de cette Eglise ou de ses responsables n'a de
valeur que dans la mesure où elles reflète les désirs
de Christ tels qu'il les révèle.
- Je suppose que si je demandais : "est-ce que Christ est Seigneur dans
vos vies ?" Nous répondrions tous avec " amen "
solennel !
- L'un des moments les plus difficiles dans le ministère concerne
les décisions de discipline. Lorsqu'on l'on doit prévenir
quelqu'un qu'il vit dans le péché. Lorsque l'on
doit annoncer à l'Eglise qu'au terme des étapes
que Jésus a instituées en Matt 18, il est nécessaire
de considérer telle ou telle personne comme non chrétienne et
étrangère à l'Eglise, c'est douloureux, non
seulement pour les responsables, mais encore pour l'Eglise. Il y a ceux
qui sont choqués, ceux qui ne veulent aucun remous, ceux qui ne veulent
que peace & love'. Et c'est notamment dans ces moments
là que l'on voit si Christ dicte vraiment à l'Eglise
la manière dont elle doit vivre, ou si c'est une sorte de club
naviguant selon l'humeur du moment.
Christ est présent ce matin. Non pas en marge de nous. En nous, remplissant
chaque chrétien en sorte que nous formons le " corps
du Christ ". Paul écrit aux Corinthiens " Vous
êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa
part " (1Co 12:27). Qu'est-ce que cela évoque
?
- Complémentarité
- Dépendance de la tête, Christ, pour bouger.
- Représentativité.
Mais il y a plus. C'est géant ! Il est question de la plénitude de Christ dans l'Eglise.
- Jean Calvin dit ceci : " C'est certes un honneur souverain qu'a l'Eglise, que le Fils de Dieu se déclare en quelque sorte incomplet [imparfait], s'il n'est uni [conjoint] avec nous ".
- La plénitude de Christ se manifeste dans la totalité de ses enfants.
- Christ transparaît pleinement dans notre union à lui, alors que nous vivons notre foi ensemble.
Conclusion
Une pauvre femme vivait dans la capitale d'un pays au nord de l'Europe, non loin du palais royal. Sa fille gravement malade désirait ardemment un peu de raisin, mais comment en trouver en magasin à cette époque de l'année ? La mère se souvint tout à coup qu'elle avait vu, en traversant le parc du palais ouvert à tous, de magnifiques grappes de raisins dans les serres chauffées. S'armant de courage, elle alla trouver le jardinier en chef pour lui demander de lui en vendre une ou deux grappes. Elle se heurta à un refus catégorique.
- Vous êtes folle, lui dit le jardinier. le roi n'est pas un marchand
- La pauvre femme s'en allait fort déçue quand un monsieur,
qui avait tout entendu, s'approcha d'elle.
- Le jardinier a raison, dit-il. Mon père, qui est le roi, n'est pas
un marchand. Mais s'il ne vend pas son raisin, il peut en donner !
- Sur ces paroles, il choisit plusieurs belles grappes qu'il plaça
dans le panier de la pauvre mère tout émue et reconnaissante.
Combien y en a-t-il qui désirent acheter le salut, pas seulement avec
de l'argent, mais par leurs efforts, leurs mérites ou leurs prières ?
Ils ne comprennent pas que le salut de Dieu est gratuit. Le Roi des rois ne
vend rien à personne. D'ailleurs, quel prix pourrions-nous payer ?