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Vengeance, justice ou pardon ?




Une récente édition de l'excellente émission " La marche du siècle " de Jean-Marie Cavada, sur France 3 était consacrée à un thème très délicat : le pardon. Titre de l'émission ? " Meurtriers : haine ou pardon ? ".

Des parents dont les enfants on récemment été assassinés, des enfants témoins du meurtre de leurs parents ont témoigné. Certains ont réussi à pardonner. D'autres non.

Depuis peu, dans une vingtaine d'États américains (sur les quarante où la peine de mort est en vigueur) les familles des victimes peuvent assister à l'exécution de l'assassin de leur proche. A l'origine de cette loi, Brooks Douglass, jeune sénateur de l'état d'Oklahoma, témoin de l'assassinat de ses parents. Dix sept années après avoir vu la mort en face, il a réussi à pardonner. Sa soeur, Leslie, présente elle aussi la nuit du drame, reste envahie par la haine.

Leslie a pourtant assisté à l'exécution des meurtriers de ses parents.

" Ce n'était pas de la vengeance ", précise-t-elle. " J'espérais en retirer du soulagement " Mais elle n'a jamais pardonné.

Autre situation : Marietta et Éléonore se fréquentent depuis vingt-trois ans. Depuis que Suzie, la fille de Marietta, a été tuée par David, le fils d'Éléonore. Honteuse, submergée par la haine et la douleur, Éléonore demeure incapable de surmonter ses sentiments. Marietta lui rappelle que : "pardonner, c'est d'abord s'offrir un cadeau "

Il y a donc, face à un criminel, trois attitudes possible.

Cette question du pardon revient régulièrement dans l'actualité, aussi souvent que celle-ci est marquée par des atrocités, des meurtres, en particulier d'enfants, des guerres ou des génocides. Dans un récent numéro, l'hebdomadaire "La Vie" (1) posait, dans une grande enquête cette question difficile : " Le pardon est-il possible ? " Ajoutant aussitôt : " Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. " Dans le Notre Père le message est sans équivoque. Et dans la réalité ? Le pardon est-il une utopie chrétienne ? La caution de toutes les démissions ? le paravent de l'oubli ?

Simone Veil, ancien ministre des Affaires Sociales et de la Santé, Présidente du Parlement Européen, a été déportée en 1944 avec sa famille à Auschwitz puis à Bergen Belsen. Le journaliste de "La Vie" lui a posé la question suivante :

Q : Avez-vous eu, dans les camps ou après votre retour à la liberté, la tentation de vous venger d'une manière ou d'une autre ?

R : Se venger a-t-il un sens ?, à répondu Simone Veil. Toute idée de vengeance paraît tellement disproportionnée au regard de l'extermination de millions d'êtres humains, parmi lesquels tant d'enfants et de vieillards. Aucune peine ne peut se mesurer au crime ainsi infligé à l'humanité. Bien sûr, sur le moment, tel acte de sauvagerie d'un SS, les coups donnés par un kapo, les humiliations gratuites ne pouvaient que susciter instinctivement la révolte, l'indignation, l'envie de riposter. (...) Non, ce que nous ressentions tous, plus profondément, c'était l'obsession de témoigner, si nous en revenions - mais nous n'y croyions guère -, de l'horreur que nous avions vécue.
Simone Veil poursuit : J'ai trop entendu : " Les boches il faut tous les tuer ! " Pour moi, c'était absurde. La seule solution était de renverser le cours de l'Histoire, de mettre fin à une haine séculaire, d'empêcher une nouvelle guerre, en oeuvrant sans relâche en faveur d'une réconciliation. Mon engagement dans la construction de l'Europe s'est fondé sur cette volonté de réconciliation.

Q : La réconciliation, pour vous, est-ce le pardon ?

R : Si la vengeance n'a pas de sens, le pardon n'en a pas davantage, surtout. lorsque les responsables n'ont jamais renié leurs idées, ni exprimé de regrets. D'une façon générale, je ne suis pas portée à la rancune. Mais, là, à qui pardonner ? Ce monde d'extermination systématique, organisant scientifiquement le génocide de tous les juifs et les Tziganes, c'était un système presque désincarné, abstrait, dont les exécutants humains étaient des robots. Comment pardonner l'innommable et l'irréparable ?

Cette question du pardon est très difficile. Surtout quand elle s'inscrit dans des événements historiques dont l'humanité devrait garder le souvenir. D'ailleurs les français sont bien conscient de cette difficulté. Pour son enquête sur le magazine "La Vie" a commandé un sondage d'opinion.

A la question " Pour vous le fait de pardonner le mal qui a été fait est-ce possible ou impossible ? " 72 % des français répondent qu'il est possible de pardonner. Réponse extraordinaire et qui plus est argumentée : 55% des personnes interrogées estiment que le pardon est indispensable pour vivre en société, 26% que c'est une preuve d'amour du prochain, et 19% que pardonner est une obligation morale. Donc pardonner serait possible... et quasi indispensable semble-t-il !
Pourtant, quand on demande aux français ; " Estimez-vous qu'il est possible ou impossible de pardonner pour les crimes suivants " le sondage révèle que 91% des français pensent qu'il est impossible de pardonner quand il s'agit : de l'assassinat d'un enfant, impossible de pardonner à 87%, à propos des massacres comme en Bosnie ou au Rwanda, impossible de pardonner le trafic de drogue pour 81% des français et 77% des personnes interrogées ne pourraient pardonner la transmission du SIDA par un partenaire qui se sait atteint. Voilà qui démontre bien l'extrême difficulté et l'ambiguïté même de cette question.

Avez-vous déjà réfléchi, à propos de cette question du pardon, à l'attitude de Dieu, votre Créateur. Si le mot péché est désuet, aujourd'hui, il recouvre néanmoins notre indifférence, notre rejet de Dieu ainsi que notre désobéissance à sa loi parfaite. Le prophète Esaïe écrit : Nous sommes tous comme des impurs, Et toute notre justice est comme un vêtement souillé ; nous sommes tous flétris comme une feuille, Et nos crimes nous emportent comme le vent. Il n'y a personne qui invoque ton nom, Qui se réveille pour s'attacher à toi: Aussi nous as-tu caché ta face, Et nous laisses-tu périr par l'effet de nos crimes.(2)

Bien sûr, Dieu n'a pas choisi la vengeance à notre égard. Il a choisi le pardon.

Mais il est nécessaire de faire plusieurs remarques à propos du pardon de Dieu.

  1. Il est impossible de pardonner quelqu'un qui refuse le pardon. On a vu des criminels refuser le pardon ou l'acquittement et exiger d'être condamnés afin de " payer le prix de leur forfait ". On a aussi vu des coupables ne manifester aucun repentir, aucun désir de pardon, comme le soulignait Simone Veil. Dieu est prêt à pardonner votre péché, à reprendre cette merveilleuse et douce relation qu'il désire et veut absolument avoir avec vous. Mais cela dépend de vous ! Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle explique Saint Jean (3).
    Encore faut-il que vous exprimiez à Dieu votre désir de pardon, votre repentance.

  2. Dieu fait beaucoup plus qu'offrir le pardon. Il offre la justice. Il offre de justifier celui qui se repent, qui réclame le pardon de ses péchés. Justifier, c'est en faire un juste à 100%. C'est encore mieux que l'acquittement. Dieu veut faire des coupables que nous sommes à son égard, et très souvent à l'égard des autres, des justes à 100%. Comment ? Grâce à Jésus, son fils unique, qui est mort à notre place et a porté nos péchés et nos crimes.
    Saint Paul l'explique très bien : (...) nous qui croyons en celui qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur, lequel a été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour notre justification. Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ...(4)

  3. Enfin, dernière remarque : si Dieu a choisi délibérément et sans concession de pardonner notre péché, cela n'exclut pas qu'Il exerce un jour sa justice. La Bible annonce sans ambiguïté que nous serons jugés pour nos fautes. Saint Paul décrit la méchanceté, la cruauté la perversité, l'immoralité des hommes, et ajoute : " Nous savons, en effet, que le jugement de Dieu contre ceux qui commettent de telles choses est selon la vérité. Et penses-tu, (...) que tu échapperas au jugement de Dieu ? "

    Si Dieu a choisi de vous offrir le pardon en Jésus-Christ, mais que vous le refusez, vous serez jugés en conséquence de votre choix. D'ailleurs Paul continue en soulignant qu'il ne faut pas prendre la bonté de Dieu pour de la faiblesse : " ...méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance ? "(5)

Dans l'émission " La Marche du Siècle ", comme dans l'article de " La Vie ", la question était : les victimes, ou leur famille choisiront-elles la vengeance la justice ou le pardon....

 Le message de la Bible pose une question différente : choisirez-vous le pardon de Dieu ? 






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Page modifiée le dimanche 26 janvier 1997. Nous écrire. Un poisson dans le net, <URL:http://www.unpoissondansle.net>