
Superstitieux, moi ?
Un visiteur s'étonnait de voir un fer à cheval sur la porte d'un célèbre savant atomiste danois.
- Je n'aurais jamais pensé qu'un homme comme vous puisse croire à une telle superstition, lui dit-il.
- Oh ! je n'y crois pas, répondit Bohr en souriant. Mais on m'a dit que le fer à cheval porte bonheur, qu'on y croit ou qu'on y croit pas !
Un sondage publié en mai 1990 révèle que les deux tiers des Français ne s'avouent pas superstitieux ; cependant, plus de la moitié pensent que certaines choses portent malheur (mettre le pain à l'envers, ouvrir un parapluie dans une maison, ...), et 53 % croient au porte-bonheur (fétiches, trouver un trèfle à quatre feuilles, ...)
Tout d'abord, beaucoup de personnes sont superstitieuses sans le savoir, tout comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir.
Prosper Mérimée a dit : "Le plus sceptique a ses moments de superstition."
En réalité, elle est une forme de croyance et de pratique occulte. Le mot occulte signifie : caché, secret, mystérieux. Il sert à qualifier ce que nos sens ne peuvent percevoir et ce que notre raison ne peut saisir par elle-même.
Par contre, la foi chrétienne n'a rien de commun avec l'occultisme quelle qu'en soit la forme. On ne peut être à la fois superstitieux et chrétien.
La superstition n'est pas sans danger. Non seulement elle brise toute relation avec Dieu, mais elle place ses adeptes sous le pouvoir de Satan (son nom signifie : adversaire), qui veut empêcher hommes et femmes de se confier réellement en Dieu. Jésus l'appelle " le père du mensonge " . (1)
La superstition est génératrice de peurs irraisonnées (pour ne pas dire déraisonnables) et de croyances absurdes. Elle n'engendre ni la paix ni le repos, bien au
contraire.
Or, la peur et la foi habitent rarement sous le même toit.
Du reste, mettre sa confiance en des objets quelconques auxquels on attribue une valeur quasi magique, est une forme d'idolâtrie. Les peuples primitifs ne se confiaient-ils pas en des faux-dieux de bois ou de métal, des talismans ou des gris-gris ?
Il est vrai qu'il n'est pas facile de renoncer à toute forme de superstition. Quelqu'un dira : "C'est plus fort que moi, quand je vois le pain posé à l'envers, je pense aussitôt qu'un malheur va arriver".
Voyons comment être libéré de la superstition et des craintes ou fausses sécurités qu'elle produit :
" Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libre " . (4)
Et que Dieu vous bénisse !