

Introduction
Un soldat interrogeait un enfant de 13 ans.
- " Est-ce que tu admets que tu étais à la Chapelle Sixtine mercredi dernier ? " " Oui, mais je n'ai rien pris " " pourtant, on t'a entendu jouer la pièce de musique volée, et voici une copie de la partition écrite par un enfant.. et tu n'as pas pris cette pièce
où est l'original, la partition que tu as volée ?»
- L'enfant se mit à pleurer. " Nous ne l'avons pas volé> " dit le père, prenant la défense de son fils. " Vous ne dites pas la vérité. Je suis un soldat du pape, et je dois vous envoyer en prison
"
- " Mais
mais je n'ai fait qu'entendre la musique, et je l'ai écrite sur papier à la maison "
- " C'est impossible " répondit le soldat
" la musique est trop compliquée pour être retenue
je vais laisser un soldat à la porte, et je vais chercher quelqu'un qui s'y connaît mieux que moi en musique
"
- Notre soldat prit le père et le fils pour le conduire auprès de Signor Christofori, chanteur à la chapelle Sixtine. Un grand groupe s'était rassemblé. Christofori regarda les pages écrites par le jeune homme
C'était note pour note la partition qui avait disparue
" Je crains que cela prouve que tu as volé la partition
> "
- Comme le jeune homme insistait qu'il l'avait écrite de mémoire, et qu'il semblait sincère, notre chanteur proposa un test
" Plusieurs chanteurs vont m'accompagner pour chanter une pièce difficile. Si tu peux la rejouer sur le clavecin, nous croirons que tu es un génie
sinon
"
- Ainsi, ce beau monde joua une pièce particulièrement complexe
Un silence pesant s'installa pendant que le jeune homme se mit au clavecin. Lorsqu'il reproduisit note pour note l'ensemble, toute la salle éclata en applaudissements.
- Le jeune homme s'appelait Wolfang. Mozart de son nom de famille.
Pour éprouver les dires et la qualité de cet homme, c'était une bonne idée que de le faire passer par ce test. Il est des moments dans la vie avec Dieu, où le Seigneur prend plaisir à tester notre intégrité. Il autorise des circonstances ou des situations, où un homme va refléter concrètement son amour pour Dieu ...
Nous continuons notre série sur Daniel. Le décor a radicalement changé entre le chapitre 5 et le chapitre 6
La jalousie des collègues de Daniel (6.1-5)
| Les qualités professionnelles de Daniel suscitent l'envie parmi ses collaborateurs. |
" 30 Cette même nuit, Belchatsar, roi des Chaldéens, fut tué. 1 Darius, le Mède, reçut la royauté, à l'âge de soixante-deux ans. 2 Darius trouva bon d'établir sur le royaume cent-vingt satrapes qui devaient être (répartis) dans tout le royaume. 3 Il mit à leur tête trois chefs--l'un d'entre eux était Daniel--à qui ces satrapes devaient rendre compte, afin que le roi ne subisse aucun tort. "
Belchatsar était le roi de Babylone, son père Nabonide, un peu excentrique, celui de l'empire babylonien. Le paysage change, car les Médo-Perses prennent le pouvoir et renversent l'ordre babylonien
- Laissez moi vous rappeler le contexte général.
- Hérodote, l'historien grec nous rapporte l'histoire de la conquête de Babylone :
- Siège de la ville de Babylone, sarcasme des habitants (aucune invasion en 1000 ans, forteresse réputée imprenable, provisions abondantes).
- Nabonide commandait l'armée de l'extérieur, son fils de l'intérieur
- Mais les armées détournèrent les eaux de l'Euphrate sur une vieille canalisation. Les eaux baissèrent largement en dessous des portails, ce qui permit aux assiégeants d'entrer sans coup férir.
- Le roi de la ville de Babylone, Belchatsar, est tué par les Perses.
- Les recherches archéologiques ont trouvé un document connu sous le nom de Récit Perse de Nabonide (ou Chroniques de Nabonide) qui s'accorde avec le récit biblique.
- On a retrouvé des tablettes cunéiformes qui relatent son arrivée à Babylone.
Ainsi Cyrus prend le contrôle de Babylone. Le prophète Esaïe parle de Cyrus, un siècle avant qu'il n'arrive mieux, il le qualifie de Messie et de berger (Es. 44.21-45.1ss) ! Pourquoi ?
Regardez Esdras 1.1ss : " 1 La première année de Cyrus, roi de Perse, afin que s'accomplisse la parole de l'Éternel (prononcée) par la bouche de Jérémie, l'Éternel réveilla l'esprit de Cyrus, roi de Perse, qui fit faire de vive voix et par écrit cette publication dans tout son royaume : 2 Ainsi parle Cyrus, roi de Perse: L'Éternel, le Dieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Juda... "
- Cyrus sera le roi qui autorisera le retour des Juifs pour la reconstruction du temple de Jérusalem, probablement en 538 av. J.C.
- Autre confirmation qui nous vient de l'histoire séculière. Flavius Joseph, historien des Juifs datant de la fin du 1er siècle de notre ère, a écrit que Daniel a été le 1er à montrer au roi la prophétie qui le concernait en Esaïe et que cela a contribué à son admiration du Dieu des Juifs.
Mais vous avez remarqué que notre texte ne parle pas de Cyrus, mais de Darius (les 2 sont mentionnés en 6.29.) Or Darius le Mède n'est jamais mentionné ailleurs que dans la Bible.
- Certains ont pensé que c'était donc une invention de l'Ecriture ! Patientons quelques années, et peut-être trouvera-t-on des marques de sa présence sur des tablettes ultérieures
- Par contre, plusieurs documents cunéiformes, rassemblés sous le nom du " cylindre de Cyrus, " parlent de cette conquête et d'un certain Gubaru.
- Il y a Cyrus, qui prend la ville et qui continue sa conquête, et qui laisse aux mains de Gubaru le soin de gérer sa nouvelle acquisition.
Ce Gubaru (Darius) nomme 6 gouverneurs par provinces, soit 120 satrapes, c'est-à-dire 120 hauts fonctionnaires. Trois ont la charge de superviser l'ensemble, et Daniel est en quelque sorte, le 1er ministre de cette administration. C'est merveilleux ? Pas vraiment !
- Ses collègues perses ou mèdes sont verts. Verts de jalousie, verts de rage, verts d'envie.
- Surtout que Daniel est vieux (autour des 80 ans) et Juif. Pour eux, il n'a rien à faire dans le gouvernement de Babylone.
- Ces charmants collaborateurs cherchent un moyen d'accuser Daniel de négligence (6.5), mais ne trouvant rien, ils se tournent vers la religion de Daniel pour trouver moyen de l'accuser.
Le complot des collègues de Daniel (6.6-10)
| La cour propose une loi rendant le culte du roi obligatoire pendant 30 jours. |
" 6 Alors ces hommes dirent : Nous ne trouverons aucun motif contre ce Daniel, à moins que nous n'en trouvions un dans la loi de son Dieu. 7 Puis ces chefs et ces satrapes se rendirent tumultueusement auprès du roi et lui parlèrent ainsi : Roi Darius, vis à jamais ! 8 Tous les chefs du royaume, les intendants, les satrapes, les conseillers et les gouverneurs sont d'avis que soit publié un édit royal, et que soit mise en vigueur cette interdiction : Quiconque, dans l'espace de trente jours, adressera des prières à quelque dieu ou à quelque homme, excepté à toi, ô roi, sera jeté dans la fosse aux lions. 9 Maintenant, ô roi, confirme l'interdiction et signe le décret, afin qu'il soit irrévocable, selon la loi des Mèdes et des Perses qui ne peut être abrogée. 10 Là-dessus, le roi Darius signa le décret et l'interdiction. "
Les collègues de Daniel complotent. Pour être Calife à la place du Calife, ils s'appuient sur deux éléments :
- La Loi de Dieu dit : tu n'adoreras que le Seigneur ton Dieu. Cela fait partie des 10 commandements (pas d'autres dieux, pas de représentations de Dieu, etc.). Si le roi signait un décret obligeant à adorer un dieu, alors Daniel serait cuit. Ou plutôt mangé, car si la peine de mort chez les Babyloniens c'était le bûcher, pour les Perses, c'était les lions (le feu était leur dieu, et il aurait été sacrilège de l'utiliser comme moyen de condamnation.)
- La loi des Mèdes et des Perses qui se voulait irrévocable lorsque scellée par les dignitaires de ces empires.
Leur stratégie est particulièrement haineuse. Ils trompent le roi en disant que " Tous les chefs du royaume, les intendants, les satrapes, les conseillers et les gouverneurs. " Manifestement, c'est tous moins le 1er ministre. Le roi Darius n'a même pas vérifié les dires de ces dizaines de dignitaires qui réclament bruyamment que ce décret soit signé.
De telles demandes apparaissent démesurées aujourd'hui. Mais les despotes du coin et de cette époque exigeaient souvent le culte de leur personne.
- Les empereurs romains Domitien et Caligula se feront adorer comme des dieux.
- C'était pour eux un moyen d'assurer l'unité de leur empire, et d'engendrer crainte et respect autour de leur personne.
- Dans une société polythéiste, un dieu de plus ou de moins, quel est le problème ?
L'intégrité spirituelle de Daniel & sa condamnation (6.11-19)
| Le refus de Daniel le condamne à la fosse aux lions. |
Daniel a eu une longue vie. Bien remplie. Il a été fidèle à Dieu, tout en étant un fonctionnaire responsable au sein des divers empires qu'il a accompagné. Je suppose qu'il a au moins été tenté de trouver une solution pour échapper à ce piège :
- Cesser de prier pendant 30 jours par exemple
- Ou prier la nuit, lorsque personne ne regarde.
- Je me demande ce que j'aurais fait
C'est une chose d'être intègre pour Dieu sans pression, c'en est une autre de l'être lorsqu'une foule de personnes influentes qui sont ses propres collègues le poussent à ne pas l'être.
Lisons la suite de l'histoire..
"11 (6-12) Alors ces hommes entrèrent tumultueusement et trouvèrent Daniel qui suppliait et invoquait son Dieu.
12 (6-13) Puis ils allèrent trouver le roi et lui parlèrent de l'interdiction royale: N'as-tu pas signé une interdiction portant que quiconque dans l'espace de trente jours adresserait des prières à quelque dieu ou à quelque homme, excepté à toi, ô roi, serait jeté dans la fosse aux lion ? Le roi répondit: La chose est certaine, selon la loi des Mèdes et des Perses qui ne peut être abrogée.
13 (6-14) Ils prirent de nouveau la parole et dirent au roi: Daniel, l'un des déportés de Juda, n'a tenu aucun compte de toi, ô roi, ni de l'interdiction que tu as signée, et il fait sa prière trois fois par jour.
14 (6-15) Le roi fut très affligé quand il entendit cela; il prit à cur de délivrer Daniel, et jusqu'au coucher du soleil, il s'efforça de le délivrer.
15 (6-16) Mais ces hommes revinrent tumultueusement auprès du roi et dirent au roi: Sache, ô roi, que la loi des Mèdes et des Perses exige que toute interdiction ou tout décret confirmé par le roi soit irrévocable.
16 (6-17) Alors le roi ordonna d'amener Daniel et de le jeter dans la fosse aux lions. Le roi prit la parole et dit à Daniel: Puisse ton Dieu, que tu sers avec persévérance, te sauver! 17 (6-18) On apporta une pierre et on la mit sur l'ouverture de la fosse; le roi la scella de son anneau et de l'anneau de ses grands, afin que rien ne soit changé à l'égard de Daniel. Daniel 6.11-17"
L'intégrité spirituelle de Daniel est remarquable. Et cela se résume à une phrase : il vit pour Dieu quels que soient les agissements des gens autour de lui.
- Il continue donc à prier, 3 fois par jour, devant les fenêtres.
- Il continue de le faire lorsque les hommes entrent chez lui
- L'étau se ressert donc sur Daniel.
- Le roi est affligé. Il réalise qu'il a été floué mais qu'il ne peut rien pour arrêter ce qu'il a lancé. Toute la journée il cherche une solution
Nourrir les bêtes par avance ? Revêtir Daniel d'une protection ?
- Cela fait penser à Hérode, subjugué par le charme de sa fille qui danse pour lui et ses convives, et qui jure de tout accorder à celle-ci
Elle obtiendra la tête de Jean-Baptiste, contre le désir du roi
L'intégrité spirituelle de Daniel et ses conséquences
(6.20-29)
| L'intervention miraculeuse de Dieu conduit le roi à admirer le " Dieu vivant. " |
" 18 (6-19) Le roi se rendit ensuite dans son palais; il passa la nuit à jeun, il ne fit pas venir de concubine auprès de lui, et le sommeil le fuyait.
19 (6-20) Le roi se leva au point du jour, avec l'aurore, et alla précipitamment à la fosse aux lions.
20 (6-21) En s'approchant de la fosse, il appela Daniel d'une voix triste. Le roi prit la parole et dit à Daniel: Daniel, serviteur du Dieu vivant, ton Dieu, que tu sers avec persévérance, a-t-il pu te délivrer des lions ?
21 (6-22) Et Daniel se mit à parler au roi: Roi, vis à jamais!
22 (6-23) Mon Dieu a envoyé son ange et fermé la gueule des lions qui ne m'ont fait aucun mal, parce que j'ai été trouvé innocent devant lui; et devant toi non plus, ô roi, je n'ai rien fait de mal.
23 (6-24) Alors le roi eut une grande joie et ordonna de faire retirer Daniel de la fosse. Daniel fut retiré de la fosse et on ne trouva sur lui aucune blessure, parce qu'il avait eu foi en son Dieu.
24 (6-25) Le roi ordonna que ces hommes qui avaient accusé Daniel soient amenés et jetés dans la fosse aux lions, eux, leurs enfants et leurs femmes; et avant qu'ils soient parvenus au fond de la fosse, les lions se ruèrent sur eux et brisèrent tous leurs os.
25 (6-26) Après cela, le roi Darius écrivit à tous les peuples, aux nations, aux hommes de toutes langues qui habitaient sur toute la terre: Que la paix soit avec vous en abondance! " Daniel 6.18-25
Le scellement devait consister à poinçonner un morceau de terre glaise. La signature en relief contenue sur l'anneau identifiait l'auteur de l'acte.
- Aucune triche n'était possible.
- Aucune diminution de peine de la part du roi, car quelques officiels aussi ont ajouté leur marque.
- La tristesse du roi se mesure à son abstinence, et à son insomnie.
Il se trouve que dans cette situation unique de l'histoire, Dieu a choisi d'intervenir pour préserver Daniel. 6 siècles plus tard, lors des persécutions romaines, bien des chrétiens n'auront pas le même privilège. Il semble même que Paul ait échappé de justesse à ce terrible châtiment (2 Tim. 4.17).
- " Daniel fut retiré de la fosse et on ne trouva sur lui aucune blessure, parce qu'il avait eu foi en son Dieu " (7.23)
- C'est ce qu'Hébreux 11 remarque également dans la superbe présentation des héros de la foi de l'Ancien Testament : " Et que dirais-je encore ? Car le temps me manquerait si je passais en revue Gédéon, Barak, Samson, Jephté, David, Samuel et les prophètes qui, par la foi, vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant de l'épée, reprirent des forces après avoir été malades, furent vaillants à la guerre et mirent en fuite des armées étrangères. "
Le décret du roi est radical " que ces hommes qui avaient accusé Daniel soient amenés et jetés dans la fosse aux lions, eux, leurs enfants et leurs femmes " (6.28)
- La Loi de Moïse interdisait que l'on punisse la famille d'un coupable (Deut. 24.16). Cela était injuste.
- Mais les monarques non Juifs n'avaient pas la même sensibilité. La condamnation avait un effet dissuasif sur toute personne qui voulait tromper un roi. Cela tuait dans l'oeuf toute possibilité de vengeance également.
- Le texte décrit crûment ce qui se produisit : " et avant qu'ils soient parvenus au fond de la fosse, les lions se ruèrent sur eux et brisèrent tous leurs os. " (6.28)
Le roi est évidemment impressionné par cette délivrance surtout avec le contraste du " festin " qui a suivi. Au point qu'il rédige une lettre destinée aux provinces dont il avait la gouvernance : " 27 Je donne l'ordre que, dans toute l'étendue de mon royaume, on ait de la crainte et du respect devant le Dieu de Daniel. Car il est le Dieu vivant Et il subsiste à jamais ! Son royaume ne sera jamais détruit. Et sa domination durera jusqu'à la fin. 28 C'est lui qui sauve et délivre, Qui opère des signes et des prodiges Dans les cieux et sur la terre. C'est lui qui a sauvé Daniel De la griffe des lions. "
- Voici comment les spécialistes décrivent la religion du coin : " La religion iranienne, [...] prêchée par Zarathoustra ou Zoroastre..., est d'une simplitié surprenante
Religion dualiste, opposant la lumière aux ténèbres, le bien au mal, Ormuzd à Ahriman en une lutte incessante, elle donne la victoire finale aux forces du bien et ainsi montre à l'homme quel doit être son idéal. S'inspirant de l'exemple d'Ormuzd, l'être humain poursuivra la justice et la pureté, fuira le mensonge et d'après sa conduite sur terre, il trouvera après sa mort, soit la félicité éternelle, soit une damnation sans fin. " Histoire de la Mésopotamie et de la Perse [Du Rocher, 1999].
- Etaient associés tout un tas de dieux, souvent illustrés ou représentés par le feu.
- Mais ces divinités n'avaient évidemment pas la puissance si éclatante du Dieu d'Israël. Le roi Darius ne s'est pas trompé à son sujet !
" 29 Daniel lui-même prospéra sous le règne de Darius et sous le règne de Cyrus le Perse. "
Probablement un ou deux ans sous Darius, jusqu'au retour de Cyrus à Babylone.
Principes
La gloire c'est comme du parfum, ça doit rester à l'extérieur
L'honneur, c'est comme le parfum, ça doit rester à l'extérieur c'est du poison quand on le boit.
- Le roi Darius aurait dû se méfier de la flatterie de sa cour. Le roi aurait dû veiller à cultiver l'humilité. Parce qu'il était sensible à la flatterie, il a pu être manipulé aisément.
- C'est l'un des grands dangers de l'homme. La recherche de la gloire, de l'approbation des autres. Finalement, l'orgueil.
- C'est amusant. Si le péché comme l'adultère est rapidement identifié dans une Eglise et si le processus de discipline se met en place pour de tels péchés, on l'envisage mal pour l'orgueil. Pourtant, c'est l'un des 7 vices que l'Eternel déteste (Prov. 6.16-19) : " Il y a six choses pour lesquelles l'Éternel a de la haine, Et même sept qu'il a en horreur : les yeux hautains, la langue trompeuse, les mains qui répandent le sang innocent, le cur qui médite des projets injustes, les pieds qui se hâtent de courir au mal, le faux témoin qui profère des mensonges, et celui qui déchaîne des querelles entre frères. "
De gros échecs spirituels ont lieu après de grandes victoires ou de grands sommets.
- Pierre s'est entendu dire du Christ : " arrière de moi Satan ", juste après qu'il ait dit à Jésus sa compréhension de l'identité réelle du Seigneur : " tu le Christ, le Fils de Dieu "
- C'est après la victoire sur Jéricho qu'Achan a pris du trésor défendu. C'est après des milliers de conversions, et une vie d'Eglise remarquable, qu'Ananias et Saphira tombèrent morts pour leur péché.
- Et les exemples ne manquent pas.
Dans le développement de notre intégrité et de notre marche avec le Seigneur, soyons très vigilants sur la gestion du succès. Sur la gestion de l'appréciation des autres. Pour l'avoir ignoré, Darius est tombé dans un piège monstrueux.
La jalousie n'a aucune place dans le royaume de Dieu
Les conseillers du roi étaient jaloux du succès de Daniel comme quoi les hommes n'ont pas beaucoup changé ces dernières années
- Joseph a été vendu comme esclave par ses propres frères, jaloux de l'amour que lui portait son père.
- Saül a voulu tuer David à plusieurs reprises à cause de son succès militaire, et du choix de Dieu.
- Les Proverbes parlent de la jalousie (ou de l'envie) en des termes catégoriques : " Car la jalousie met un homme en fureur, Il est sans pitié au jour de la vengeance " (6:34). " Un cur calme est la vie du corps, Mais la jalousie est la carie des os. " (14.30) " La fureur est cruelle et la colère impétueuse, Mais qui tiendra devant la jalousie " (27:4)
- Actes 13.45 montre que les chefs religieux juifs étaient jaloux du succès de l'Eglise, et que cela motivait leur désir de persécution.
Mais la jalousie existe en dehors des païens, ou du temps de l'Ancien Testament. Au point que les apôtres ont eu à la traiter à bien des reprises.
- Rom. 13.13 ("Marchons honnêtement, comme en plein jour, sans excès de table ni de boisson, sans luxure ni dérèglement, sans discorde ni jalousie".) nous exhorte à marcher loin de la jalousie, et de la discorde
- Paul reproche longuement aux Corinthiens leur jalousie les uns envers les autres. Leurs cultes étaient à la " qui mieux mieux " cherchant à attirer l'admiration des autres, sans souci de service mutuel (1 Cor. 3.3 & 2 Cor 12.20)
La relation avec Dieu est prioritaire sur les autres
Les gens qui aiment Dieu aiment... Dieu. Pas l'ambiance des gens qui aiment Dieu, pas les activités religieuses ou spirituelles. Ils aiment Dieu. Ils honorent Dieu. Ils vivent pour lui. C'est-à-dire qu'ils lui obéissent, quel que soit leur état d'âme, leurs sentiments
- Daniel commence sa carrière dans la cour des rois avec un test d'intégrité. Il a à peine 15 ans. Loin de ses parents, des sacrificateurs, des coutumes de son peuple, il choisit de ne pas manger des viandes déclarées impures par le Lévitique. Il choisit de mettre en avant ses convictions morales et spirituelles. Mettant en danger sa carrière et son avenir.
- Daniel a plus de 80 ans maintenant. Le même scénario se produit. Il demeure fidèle à ses principes. Vous savez quoi les ados ? Vous deviendrez ce que vous développez aujourd'hui. Si votre vie d'ado chrétien est un bain de compromis, il n'y aura pas d'âge où cela va changer. Il n'y a pas d'âge magique, où un homme devient intègre facilement. C'est un choix coûteux et difficile. Qui se prend dès maintenant.
La relation avec Dieu est prioritaire sur les autres. Des hommes n'ont pas eu la chance de Daniel. Bernard Palissy est né à Agen, en 1510.
- Il devient maître verrier, étudie la géologie, la physique, la chimie, l'agronomie.
- Soucieux de découvrir le secret des émailleurs italiens, il travaillera seul durant une quinzaine d'années, sacrifiant tout à ses recherches on dit même qu'il alla jusqu'à brûler ses meubles et son plancher pour alimenter ses fours.
- Il se convertit. Il travaille pour la famille royale, à Saintes puis à Paris. Il offre à Henri II des compositions émaillées de grande qualité.
- Puis vient la Saint Barthélémy (1572). Il part s'exiler à Sedan. Il est emprisonné à la Conciergerie puis à la Bastille pour hérésie.
- Le roi Henri III désirait vivement garder ce sujet qui était le seul artisan du temps capable de lui fabriquer de la vaisselle précieuse en terre cuite. Comme ni les menaces ni les promesses ne produisaient aucun effet sur le prisonnier pour lui faire renier sa foi, le roi se rendit en personne dans la prison, et lui demanda d'abjurer:
- Si vous ne le faites pas, ajouta Henri, je me verrai forcé de vous laisser condamner à mort.
- Sire, répondit Palissy, est-ce le roi de France à qui j'entends dire : Je serai forcé ? Je ne suis qu'un pauvre potier, un des plus petits sujets de Votre Majesté et de plus aujourd'hui prisonnier, mais aucune puissance au monde ne peut me forcer à agir contre ma conscience. Vous êtes un des plus puissants maîtres de la terre et vous dites: Je suis forcé' ! Sire, lequel de nous deux est libre ?
- Il meurt à la Bastille en 1590. Il n'a pas été délivré comme Daniel. Dieu ne promet nulle part qu'il nous délivrera mais il le peut, et il l'a fait parfois dans l'histoire. Notre obéissance doit seulement s'appuyer
sur notre devoir, pas sur l'espoir de ne jamais être confronté à la mort.
Notre impact dépend de notre pureté
Plus de 60 ans au service de Dieu ! Performance rare et belle. Daniel est un homme exemplaire. Pourquoi Dieu a-t-il utilisé cet homme aussi longtemps, devant des rois si divers et si nombreux ? Je crois que la réponse principale est sa pureté.
Cela m'a fait penser à 2 Tim 2.20 et suivants :
" 20 Dans une grande maison, il n'y a pas seulement des vases d'or et d'argent, mais il y en a aussi de bois et de terre; les uns pour un usage noble et les autres pour un usage vil.
21 Si donc quelqu'un se purifie, il sera un vase d'un usage noble, sanctifié, utile à son maître, propre à toute uvre bonne.
22 Fuis les passions de la jeunesse et recherche la justice, la foi, l'amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d'un cur pur
"
Nous voulons être utile à Christ ? Etre utile à notre Maître ? Propre à toute uvre bonne ? La pureté. Morale, doctrinale, spirituelle. C'est un préalable obligatoire.
Ceci, c'est une discipline quotidienne. C'est une passion, un choix, un désir de désirer
C'est incroyable ce que les hommes font pour obtenir quelque chose qu'ils désirent !
- En 1781, un jeune homme se promenait dans les rues de Bonn, en Allemagne. Il faisait nuit déjà, et la rue était encore trempée de la pluie de la journée. Passant le long d'un palais, il entendit la musique d'un orgue. C'était l'orgue de la chapelle du palais.
- Il s'arrêta pour écouter. Il était enivré de la beauté de cette musique. Il avait tellement envie de se rapprocher pour écouter. Mais l'entrée du palais était gardée. Impossible de rentrer.
- Son père lui avait appris tout ce qu'il savait de la musique. Mais ce n'était pas suffisant. Un autre lui avait enseigné également tout ce qu'il savait, mais ce n'était pas suffisant.
- Ce soir là, ce jeune homme avait envie de se rapprocher pour mieux écouter. Il monta sur le mur, évitant le garde, et se laissa glisser de l'autre côté
Il entra discrètement dans la chapelle, éclairée par une torche. La musique était si belle si puissante
Elle s'arrêta brusquement. L'organiste hurla " toi, que fais-tu ici ". Saisi de terreur il se mit à fuir, mais il fut rattrapé par l'organiste. " Tu es là pour voler
" " Non, je voulais juste entendre de plus près
J'aime la musique, mais mon père m'a appris tout ce qu'il savait
alors
je voulais découvrir "
- L'organiste demanda le nom du jeune homme
Ludwig van Beethoven, dont l'organiste connaissait le grand-père
Il le prit sous ses ailes, et 4 ans plus tard, le fit devenir l'organiste de la cour.
- Une passion
et des réalisations formidables
Notre passion ? Si c'est le service du Christ notre Rédempteur, recherchons avec passion la purification.